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L'ILLUSTRATION

HORTICOLE

REVUE MENSUELLE

DES SERRES ET DES JARDINS

COMPRENANT

LA FIGURE, LA DESCRIPTION, L'HISTOIRE

LA CULTURE EN SERRES, EN PLEINE TERRE ET EN APPARTEMENTS DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES LES INTRODUCTIONS NOUVELLES L'INDUSTRIE HORTICOLE

LES EXPLORATIONS BOTANIQUES, L'ARCHITECTURE DES JARDINS

L’ARBORICULTURE, LA CULTURE MARAICHÈRE LE COMPTE RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS ET DES

OUVRAGES NOUVEAUX SUR LA BOTANIQUE ET L'HORTICULTURE, ETC.

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE Administrateur délégué de la Compagnie continentale d'Horticulture ADMINISTRATEUR SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION LUCIEN LINDEN | ÉMILE RODIGAS

Collaboration de Botanistes et d'Horticulteurs éminents

VINGT-NEUVIÈME VOLUME FE .OU SECOND DE LA QUATRIÈME SÉRIE

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GAND AU SIÉGE SOCIAL DE LA COMPAGNIE CONTINENTALE D'HORTICULTURE

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SOCIÉTÉ ANONYME) 52

1882

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A NOS LECTEURS

L'Illustration horticole n’a pas abusé des préfaces. Les quelques lignes qu’elle adresse à ses lecteurs au moment d'ouvrir une année nouvelle, sont motivées par le désir de leur indiquer les améliorations que nous comptons introduire dans notre publication : connaissant mieux notre programme, ils sauront justement apprécier notre œuvre et lui conser t sans aucun doute leurs vives sympathies. à

À

Arrivée à son vingt neuvième volume, l'Ilustration horticole n'a pas à rappeler ce que fut son passé. Ses lecteurs savent ce qu’elle a fait, depuis sa fondation, pour contribuer au développement de l’horticulture et si elle a réussi à faire aimer et grandir l’art auquel elle a rivé son existence. En deve- nant l'organe de la Compagnie continentale d’horticulture, l’{Uustration hor- ticole ne reniera rien de son passé; elle ne fera que mieux accentuer la part qu'elle prend aux progrès des sciences botaniques et horticoles.

Ses lecteurs apprendront avec satisfaction que notre publication sera dirigée comme auparavant par M. J. LiINDEN qui a su donner à l’{ustration le caractère particulier de la nouveauté et lui imprimer la puissance irrésistible du véritable intérêt.

À ce double caractère qu’elle saura conserver, l'Æustration ajoutera le mérite d’une grande régularité dans la publication : elle paraîtra désormais exactement le 15 de chaque mois. Pour arriver à ce résultat, elle est heureuse de pouvoir compter sur la collaboration suivie des spécialistes les plus émi- nents et pour la partie descriptive des plantes nouvelles, elle s’est assuré le concours des botanographes les plus distingués. En outre, le secrétariat de la rédaction est confié aux soins de M. Ém. Ronrcas, bien connu dans le mônde horticole par ses nombreux écrits et son active collaboration aux prin- cipaux organes de l’horticulture.

Grâce à ces éléments réunis, l’Uustration horticole offrira plus de variété encore que par le passé; elle ne négligera aucune branche de l’horticulture,

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A côté de la partie florale et botanique, elle ouvrira une place à la culture maraichère, à l’arboriculture fruitière, à la pomologie, à l'architecture des jardins, à la construction et au chauffage des serres. Son texte sera aussi varié que ses planches. Celles-ci continueront d’être exécutées avec un soin artistique réel auquel nos lecteurs rendent hommage. A ces planches superbe- ment coloriées, l'administration ajoutera les vignettes nécessaires à élucider le texte.

Chaque livraison contiendra une chronique horticole qui sera l’objet des soins particuliers de la Rédaction et qui tiendra les lecteurs au courant des faits intéressants révélés ‘dans le jardinage. Pouvant puiser, en dehors du centre la Compagnie continentale d’horticulture a son siége, dans les établissements d'une importance considérable, que celle-ci possédera à Paris notamment et dans le midi de la France, des renseignements continuels , l'Uustration sera à même d'offrir à ses lecteurs des données certaines sur les cultures les plus diverses.

La Rédaction mettra également à profit les correspondances que la Compagnie possède dans toutes les parties du monde; grâce à elles, on con- naïîtra les conditions climatériques des pays d’origine des plantes nouvelles dont il sera question dans ce recueil que la collaboration des explorateurs envoyés dans les régions lointaines viendra enrichir à son tour; en même temps les introductions de M. J. LiNpEx, dont il serait superflu de faire ressortir les mérites, seront continuées et les portraits fidèles en seront successivement communiqués aux lecteurs.

L'Iustration horticole répandue aujourd'hui dans le monde entier, à vu cette année le nombre de ses abonnés s'accroître sensiblement : elle saura demeurer digne des sympathies qu'elle rencontre et justifier la confiance

de ceux qui ont à Cœur, comme elle-même, l'avancement de l'horticulture générale.

L’ADMINISTRATEUR.

CHRONIQUE HORTICOLE

Janvier 1882

Le Pritchardia filifera Linp., si difficile à cultiver dans nos serres du nord, est, dans le midi, une plante d’une beauté imcomparable. Nous venons d’y voir des exemplaires de 3 à 4 mètres de hauteur, portant une trentaine de feuilles, et ces plantes n'étaient âgées que de 4 ans! Aucun autre Palmier n’a une végétation aussi rapide, aucun ne produit un aussi grand effet. Nous en avons vu notamment chez M. le vicomte VrGrer, dans son merveilleux jardin de Nice, toute une avenue, et rien ne saurait rendre l'impression produite par la magnificence de cette plante qui est destinée à changer complétement l'aspect des jardins sur le littoral de la Méditerranée. Aussi la rencontre-t-on déjà dans toutes les villas, et partout elle est robuste et de grande beauté.

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Les Agaves, si raides dans nos serres, forment également, dans le midi de la France, des plantes éminemment décoratives et y acquièrent des dimensions que rien ne fait prévoir sous le climat de Belgique. Pour se donner une idée de la suprême beauté de ces plantes sur le sol enchanteur du littoral de la Méditerranée, il faut les voir chez Sir JonnsrTow, dans sa ravissante villa de Monte-Carlo. C’est que les À. applanata, ferox et d’autres belles espèces sont dans toute leur splendeur, au milieu de Palmiers vigoureux, de Rosiers et de Mimosa en fleurs. Nous nous proposons de publier prochainement dans l’Zlustration horticole quelques notes sur l’horticulture dans le midi. Nous ne nous étendrons donc pas aujourd’hui sur ce sujet.

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Le Tillandsia Lindeni vera. Cette charmante Broméliacée était jus- qu'ici excessivement rare dans les serres. Une importation de jeunes pieds va permettre aux amateurs de se la procurer à un prix peu élevé. La hampe florale est beaucoup moins élancée que celle du 7. Lindeni Regeliana ou T. L. Morreniana, mais le spathe est entièrement rose et les fleurs sont d’un bleu un peu plus foncé. C’est un type distinct et que bien des connaisseurs préfèrent à ceux qui sont déjà si répandus aujourd’hui; il fit sensation à l'Exposition universelle de 1867 à Paris, il était exposé par M. J. LiNDEN, qui avait alors ses collections de plantes nouvelles à Bruxelles.

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Le goût des fleurs se propage de jour en jour; partout, aussi bien dans le nord que dans le midi, les serres et les jardins se multiplient. Les nou- veaux théâtres mêmes suivent cet exemple. Après l’Éden de Bruxelles, voici l'Éden de Paris. Celui-ci, en construction près de l'Opéra, aura deux jardins

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d'hiver de 25 mètres de longueur sur 15 de large et ouvrira ses portes au public le octobre prochain. : *X _% La Compagnie continentale d'horticulture vient de joindre à son magasin de vente, 5 rue de la Paix, à Paris, un bureau de renseignements et un salon de lecture sont déposés les principaux journaux d’horticulture de tous pays. : * _%

La Chambre syndicale des horticulteurs à Gand étudie, en ce moment, un projet de wagon chauffé qui permettra l’expédition des plantes en toute saison. Une tapissière chauffée par un petit thermosyphon a jusqu'ici la préférence. <

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Fruits adoptés par le Congrès pomologique de France. Dans sa dernière session, tenue à Orléans, le Congrès a prononcé l'admission des variétés suivantes :

Cerise : Bigarreau de Trie.

Figue : Dauphine.

Groseilles à grappes : Hâtive de Bertin et Victoria.

Pêche : Amsden.

Poires : Bergamotte Hertrich, Docteur Jules Guyot, Marguerite Marillat. Prunes : Englebert, Reine Claude d'A lan, Reine Claude d'Ecully. Raisins : Clairette Mazel, Hardy, Musqué Talabot.

Dans cette même session, le Congrès, revenant sur une longue série de décisions antérieures , a prononcé la radiation d'un grand nombre de variétés admises successivement depuis 1856. Que diront les amateurs qui, pleins d’une respectueuse confiance envers les décisions du Congrès, ont planté les variétés aujourd'hui déclassées ?

Le Jardin botanique d'Adelaïde (Australie du Sud) continue à pros- pérer sous l’habile direction du D R. SCHOMBURCK. En 1880 ce jardin a poursuivi ses utiles expériences au point de vue agricole et horticole, L’at- tention a été spécialement dirigée sur des céréales nouvelles pour ces régions, telles que le Sorghum vulgare Pers, le Pensilaria spicata Win, le Rheana luœurians (Euchlæna), et d'autres plantes comme le Cyperus esculentus Linx., Cytisus proliferus Linn., ces dernières espèces destinées à remplacer les herbes fourragères qu, suivant le D' SCHOMBURCK, entrent en décrépitude. De nombreuses plantes médicinales ont été l’objet d’études sérieuses et on signale plus particulièrement le Verbascum thapsus DEsm. comme un remède contre la phthisie et l’Zwphorbia bilulifera comme un remède contre l'asthme.

La serre aux Palmiers, la serre à Victoria, la serre à Orchidées se sont enrichies d’introductions nombreuses. Le J ardin lui-même a acquis une impor- tance plus grande par l’adjonction d’un Musée de botanique industrielle établi dans les meilleures conditions. Dans la seule année de 1880 ce Musée, grâce aux efforts persévérants du directeur, a reçu plus de 2500 objets intéressants.

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Gynura aurantiaca. De nombreuses demandes nous sont adressées au sujet du Gynura aurantiaca figuré dans la dernière livraison de 1881 de l’ZlUustration horticole. Cette admirable plante pour massifs, qui sera avant peu aussi populaire dans nos jardins que l’Zresine Lindeni, n’est pas encore au commerce. Nous sommes heureux d'annoncer à nos lecteurs que son émis- sion est fixée au 15 avril prochain et que son prix sera très bas (‘), afin qu’elle puisse se répandre avec toute la promptitude qu’elle mérite, car c’est bien la plante « for the million » des Anglais. Isolée sur les pelouses ou groupée en corbeilles et dans les srosaiques, elle sera partout d’un effet prodigieux. Rentrée en serre l’hiver, elle sera également très utile car elle y conserve toute sa vigueur, tout son coloris; c’est donc une plante éminemment ornementale et dont l'apparition sur la scène horticole ne saurait être assez signalée.

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Serres nouvelles. La Compagnie continentale d’horticulture fait con- struire en ce moment, à Gand, une série de serres établies d’après un nou- veau système. Ces constructions sont destinées au rétablissement des plantes provenant des importations. Nous en reproduirons le plan, dans l’Zustration horticole. Elles seront remarquables par la simplicité des appareils de chauffage et d’aérage, ainsi que par la distribution de l'humidité.

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Programmes d'Expositions. Nous prions MM. les Secrétaires des Sociétés d’horticulture de nous transmettre les Catalogues des expositions qu’ils voudraient voir renseignées dans cette chronique, et de bien vouloir nous tenir au courant des faits concernant leur Société et qui pourraient intéresser le public horticole. :

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Une heureuse innovation est celle que va mettre à exécution, cette année, la Société nationale et centrale d'horticulture de France. Son éminent président, M. A. LAvVALLÉE, nous a fait part ces jours-ci à Paris que le conseil d'administration avait décidé d'ouvrir trois expositions dans le cou- rant de l’année. La première au printemps, la seconde en été et la troisième en automne et celle-ci, plus particulièrement pour les fruits.

Ces Expositions auront un local magnifique : le pavillon de la ville de Paris aux Champs Elysées, derrière le Palais de l'Industrie.

Nous formons des vœux ardents pour la bonne réussite de ces festivités horticoles.

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Myosotis variegata elegantissima. Ce Myosotis à feuillage rubané d'argent n’est pas un gain obtenu de semis, c’est un enfant du hasard, comme c'est le cas pour beaucoup de panachures. Cette variation de couleur fut

(‘) Le pied : 10 francs ; la douzaine : 80 francs. La liste de souscription est ouverte à la Compagnie continentale d’horticulture à Gand.

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remarquée dans le nord de l'Irlande, à Newberry, dans le jardin de M. La FoucxE. On y remarque une plante présentant ce dichroïsme, la partie panachée fut bouturée et la variété, fixée par le bouturage, était conquise pour les jardins.

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Un droit d'auteur pour les plantes nouvelles. Les fabricants de plantes artificielles ont-ils le droit de copier une plante nouvelle avant la mise au commerce de celle-ci et de la divulguer avant son émission ?

Nous avons vu maintes fois aux expositions d’horticulture, à Paris, des industriels dessiner les nouveautés, surtout les plantes à fleurs, et celles-ci étaient, peu de temps après, reproduites artificiellement en grandes quantités et exposées dans les magasins.

N'y a-t-il pas un droit d'auteur à protéger, tout comme c’est le cas pour un tableau qui ne peut être reproduit sans l'autorisation de l'artiste? car n'est-ce pas enlever tout son prix à une plante nouvelle, qui ne serait plus ainsi une plante rare puisqu'elle devient commune par limitation ?

Luc. Lixpex et Ém. Ronrcas.

NÉCROLOGIE

M. Jules Putzeys. Un homme qui consacra sa vie entière à l4 chose publique en donnant l'exemple de l’assiduité au travail et qui voua tous ses loisirs à l'étude des sciences naturelles, vient de s'éteindre inopinément à Bruxelles, le 2 janvier, à l’âge de près de 73 ans. JuLEs Purzes était une intelligence d'élite : il fut docteur en philosophie à 18 ans et docteur en droit à 20 ans. En 1840 il entra au Ministère de la Justice en qualité de chef de bureau et il en devint secrétaire général en 1858. Membre de la Commission centrale de statistique, président de la Société entomologique de Belgique. membre du Conseil de surveillance du Musée royal d'histoire naturelle, ancien membre de la Commission administrative du Jardin botanique de l'Etat, Purzeys rendit de grands services à son pays et comme fonctionnaire esclave de ses devoirs et comme savant aux connaissances sérieuses et étendues.

Botaniste, il attacha son nom au Begonia Rex qu'il décrivit avec un talent réel dans la Flore des Serres, et, il y un an à peine il traça dans l’ustration horticole, à cette même page, un de ces tableaux qu’on revoit toujours avec plaisir. C'était un « Voyage dans une forêt-vierge, » ou mieux le récit d’une excursion qu'il fit à l'établissement de son ami M. J. Linpex.

Comme l'a dit, auprès de son cercueil, M. J. SAUVEUR, secrétaire général au Ministère de l’Instruction publique, à défaut de palmes académiques que, dans sa modestie, Purzeys n’a pas recherchées, les fleurs qu'il aimait tant, orneront sa dernière demeure. :

Ém. Ronraas.

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PI. CCCCXXXIX

ALOCASIA PUTZEYSE x. £. 5rowx : ALOCASIA À PUTZEYS AROÏDÉES ETYMOL. et CHARACT. GENER. Voir Iustr. hort., vol. VIIL, pl. 305.

CHARACT. SPECIF. Petiolus 1-2 ped. longus basi :/, poll. crassus, teres, levis, pallide rubro-purpureus, maculis parvis linearibus fuscis indistincte irregulariterque zonatus, apice pallidissime virescente immaculato. Lamina peltata, ovato-sagittata, levissime repanda 1-1 :/, ped. longa, 6-7 ‘/, poll. lata, supra atro-virens (junior pulehre metallico-violacea), costis nervisque primariis pallide viridibus late albo-limbatis, venulis marginibusque albis, subtus omnino intense purpureo-violacea (costæ basi glandulisque in axilis nervi primarii sitis pallide viridibus exceptis) ; lobo antico triangulari acuminato, longiore quam lato ; lobis posticis elongato-deltoideis, obtusis, retrorsis, ad 1/;-1/, con- natis, lobo antico multo brevioribus, sinu subparabolico sejunctis. Nervi primarii utrin- que 2-3 a costa patentes, leviter curvati; costæ rami postici angulo acuto divergentes, e latere exteriore 2 (interdum 3) nervos primarios rectos laterales emittentes ; omnes supra prominentes subtus plani. Inflorescentia mihi ignota.

Hab. Java.

Le genre Alocasia tel qu’il est représenté dans nos collections, renferme déjà un nombre considérable de plantes d’une haute valeur ornementale ; ce groupe vient de s'enrichir par l’adjonction du superbe À locasia Putzeysi qui, au point de vue de la beauté, ne doit le céder à aucun de ses congénères .

L'aspect général de cette espèce rappelle l'Alocasia longiloba MrQ., mais elle s’en distingue parfaitement par la brillante coloration de son feuillage, de ses jeunes feuilles surtout; la feuille diffère également de forme et les veines sont plus distantes entre elles. L’A/ocasia longiloba, en effet, a des feuilles hastées sagittées, tandis que dans l’Alocasia Putseysi qui est plus beau, les feuilles sont ovales sagittées.

L’inflorescence de la nouvelle espèce nous est encore inconnue, mais il est probable que celle-ci fournira des caractères différentiels dans les organes floraux.

L'Alocasia Putzeysi a été introduit récemment par M. LINDEN de l’ile de Java et dédié à la mémoire de Juzes Purzeys, ancien secrétaire général au Ministère de la Justice à Bruxelles et grand promoteur de botanique. Son apparition à la dernière exposition d'Anvers, au mois d'août de 1881, il figurait sous le nom d’A. Lindeni, excita vivement l'attention des amateurs. On peut dire sans exagération que c’est une plante à feuillage de premier ordre pour l’ornementation des serres ; c'est une heureuse rivale de la brillante espèce A. Thibautiana, figurée planche CCCCXIX de l'Æustration horticole.

N. E. Browx.

PI. CCCCXL

PERSICA VULGARIS wuz. VAR, NECTARINE PEACH (PÊCHE NECTARINE) rx. Rivers AMYGDALÉES

Le magnifique fruit dont nous mettons le portrait sous les yeux de nos lecteurs, est peut-être le produit le plus remarquable du semeur heureux de Sawbridgeworth, Tomas Rivers, qui dota les jardins fruitiers d’une série de variétés hautement appréciées.

Il serait superflu de faire précéder la courte description de ce fruit d’une diagnose du genre Pêcher : celui-ci est connu dans le monde entier. Il sufüra de dire avec M. Ép. Martens, que le Pêcher considéré comme originaire de Perse, ainsi que son nom l'indique, à très probablement la Chine pour patrie. Cet arbre est connu dans ce pays depuis des temps immémoriaux et il y est l’objet d’une culture très étendue. Et chose curieuse : selon la tradition chinoise, l'arbre « d'intelligence, » comme s’exprime le Li-Tchouen, qui fut dans l'Éden l’occasion de la première faute de l’homme, était un Pêcher. Chez les Chinois, les pêches figurent le plus souvent parmi les présents d'étrennes ; on les voit dans les ornements de peinture et de sculpture des appartements. Ils ont le Pêcher en grande vénération ; ils lui attribuent le pouvoir de conjurer les mauvais génies et de procurer une longue existence. Sans lui accorder ces prestigieuses propriétés, nous reconnaissons volontiers à la pêche d’éminents mérites ; sa succulence, son goût exquis, sa saveur ne sont surpassés par aucun autre fruit, et si les Chinois des temps antiques ont possédé des types comparables à la variété figurée ci-contre, on concevrait sans peme qu’ils aient préféré la Pêche à la

Le nombre des variétés connues est très considérable. M. P. px MorriLLErT, dans son Arboriculture fruitière (!), évalue ce nombre à plus de seize cents. Ceux qui ont voulu faire une étude spéciale du genre ont cherché des bases de classification. Les premiers caractères fondamentaux sont précisés par Dunamez en 1768. Il divise les fruits du Pêcher en quatre grandes classes suivant que la peau est duveteuse ou lisse, suivant que la chair est adhérente non au noyau. Cet auteur constate également la différence de grandeur des fleurs, mais il néglige ce caractère.

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(°) P. ne MorriLzer. Les meilleurs fruits, ete. Trois volumes in-8° ayec nombreuses gravures. PRUDHOMME et Grrou», libraires ; à Grenoble. \

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copyright reserved

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Le pomologue DesprÈs, juge à Alençon, observe en 1810 que la base des feuilles est caractérisée, dans chaque variété, par l’absence ou la présence de petites glandes et il reconnaît que celles-ci sont ou globuleuses ou réniformes. En outre, il constate que les fleurs, eu égard à leur grandeur et à leur forme, peuvent toutes être rapportées à trois types.

Depuis lors ces caractères réunis ont servi de base à la classification et, sans être d'accord sur tous les points, les auteurs admettent généralement une série de groupes permettant de se guider dans le dédale des variétés. En somme, le type Pêcher comprend deux catégories dont l’une renferme toutes les variétés à épicarpe pubescent, et l’autre celles à épicarpe glabre. La pre- mière catégorie se divise en deux groupes, suivant que la chair du fruit est adhérente au noyau ou est détachée de celui-ci. Ces quatre groupes sont :

Les Pêches proprement dites, à peau duveteuse, à chair non adhérente.

2 Les Pavies, à peau duveteuse, à chair se

Les Pêches lisses, à peau lisse, à chair non adhérente.

Les Brugnons, à peau lisse, à chair adhérente.

Chacun de ces quatre groupes est sous-divisé en trois sections, suivant que les fleurs sont grandes, moyennes ou petites. Ces douze sections sont partagées à leur tour chacune en trois sous-sections selon que les feuilles portent des glandes globuleuses ou réniformes, ou bien sont dépourvues de glandes. Cela fait au total trente-six divisions ou parentés, comme les appelle M. ne Mor- TILLET, soit neuf parentés par groupe (!). Ces parentés portent les mêmes noms dans chaque groupe, ce qui est foncièrement regrettable, non seulement à cause de l’allongement fàcheux des noms, mais encore de l’aliment inévi- table que ces noms fournissent à de nouvelles confusions.

Les explications qui précèdent nous ont paru nécessaires pour faire com- prendre une fois pour toutes la distinction qu’il convient d'établir parmi les fruits de Pêcher. C’est donc à tort que la Nectarine Peach à été répandue dans le commerce sous le nom de Brugnon; c'est une Pêche lisse. Notre variété partage cette condition avec les excellentes Pêches lisses Æ?ruge et Hunts Tawny, toujours signalées à tort comme étant des Brugnons.

La Pêche lisse Nectarine est issue de semis d’une autre Pêche lisse connue sous le nom inexact de Brugnon noir. La PEORIERS fructification en eut lieu en 1864.

Le fruit paye de mine : un coup d’œil jeté sur la planche suffit pour s’en convaincre. C’est une première qualité d’une incontestable valeur, surtout si elle est alliée à la bonté. Or, tel est le cas pour ce fruit qui a la chair fon- dante, d’un goût relevé vineux, délicieusement parfumé. Il est très grand, légèrement aplati aux pôles et terminé par un mamelon aigu.

L’épicarpe, lorsque le fruit est mûr, est d’une belle couleur dorée, lavée de rouge sang, strié et maculé de pourpre noirâtre. Il est entièrement glabre :

(:) Les noms proposés pour chaque groupe sont ceux de : Mignonnes , 2 Pourprées, Madeleines à grandes fleurs, Admirables, Chevreuses, Madeleines à moyennes fleurs, Galandes , Chartreuses, Madeleines à petites fleurs.

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parfois cependant il porte vers son milieu quelques taches faiblement pubes- centes. Le sillon est nettement marqué.

La chair est tellement juteuse qu’on la dirait transparente ou glacée; elle est de couleur blanc verdâtre, sauf vers le centre qui est rouge plus ou moins oncé.

Les fleurs sont grandes et bien roses.

Les feuilles sont munies de glandes réniformes. Elles sont grandes et d’un beau vert.

D’après ces données, la variété doit porter, en adoptant la classification dont nous avons parlé ci-dessus, les noms de Péche lisse Pourprée Nectarine.

L'arbre est d’une végétation vigoureuse.

La maturité a lieu vers le milieu de septembre.

Nous avons eu l’occasion de déguster ce fruit à trois reprises, et chaque fois nous l'avons trouvé excellent. Cependant nous devons à la vérité de dire que la Nectarine Peach n’a pas donné partout la même satisfaction. Ainsi notre ami M. Jaco. CH. Puzs qui a cultivé un des premiers en Belgique, avec M. le notaire Tymax et M. DE GHELLINCK DE WALLE, les meilleurs semis de Rivers, a fini par supprimer l'arbre en question parce que chez lui le fruit était devenu cotonneux. On sait que certaines nouvelles variétés s’amé- liorent successivement (!), tandis que d’autres déclinent : serait-ce le cas de celle qui nous occupe? Ou bien des greffons mal choisis donneraient-ils lieu à des fruits médiocres? Et pourquoi le Pêcher n'offrirait-il pas, comme le Camellia, comme l’Azalea, des exemples de dimorphisme?

À toutes les qualités déjà mentionnées la Mectarine Peach en joint encore une autre qui n’est pas à dédaigner : en effet, d’après l’éminent pomologue anglais, le Ro. Hoca, la consistance ferme de sa chair la rend apte à résister au transport, C’est donc un fruit de commerce par excellence.

Ém. Roprcas.

LE CHIONODOXA LUCILIÆ

Bien que cette jolie plante printanière, bulbeuse et vivace, ait été introduite d'Asie Mineure en Europe, il y à quarante ans, elle n’est connue dans les cultures que depuis trois années. Bientôt on la verra trôner dans nos jardins parmi les gracieux Scilla bifolia et sibiriea avec lesquels elle à le plus d'affi- nité. Cette espèce fleurit en mars; elle est franchement rustique sous no8 climats.

Éx. R. ST

( Nous avons vu à l'exposition pomologique de la Société Impériale d’horticulture à Vienne, en septembre 1881, des fruits de M. GRÉGOIRE-NéLis modifiés par le ciel du Tyrol à tel point que le semeur belge lui-même aurait eu de la peine à les reconnaître.

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HIBISCUS ROSA-SINENSIS 2. var. LUCIEN LINDEN KETMIE ROSE DE CHINE VARIÉTÉ A LUCIEN LINDEN MALVACÉES

HARACT. GENER. Bracteolæ indefinitæ, rarius 3-5, sæpius angustæ, liberæ vel coalitæ. Calyx 5-fidus, vel 5-dentatus. Columna staminea infra apicem truncatum vel 5-dentatum (rarius antheriferum) filamenta æ exserens. Ovarium 5-loculare, loculis 3-00 ovulatis; styli rami 5, patentes vel rarius erecto-subconnati, superne sæpe incrassati, nune brevissimi, apice in stigmata capitata vel spathulata dilatati. Capsula loculicide 5-valvis, endocarpio rarius membranaceo-solubili vel in dissepimenta spuria per dehis- centiam fissa producto. Semina reniformia, subglobosa (vel rarius obovoidea?), glabra tomentosa vel lanata. —— Herbæ frutices vel arbores, nunc elatæ hispidæ vel tomentosæ, nunc humiliores vel glabræ. Folia varia, sæpe partita. Flores colore vario, plerumque speciosi, petalis sæpe macula discolori notatis. Bracteolæ persistentes vel caducæ

Species ad 150, pleræque per regiones tropicas utriusque orbis dispersæ, cstirtios perpaucæ in America boreali, Europa vel Asia obviæ, in America australi, Africa, vel Australia numerosiores. Benrx. et Hook., Gen. Plant. 1, p. 207.

CHARACT. SPECIF. Caule inermi suffruticoso vel subarboreo; foliis ovatis acu- minatis, glabris, basi integerrimis , apice grosse dentatis vel subincisis, petiolatis; pedi- cellis folii longitudine, involucello 7-phyllo, calyce 5-lobo, corolla expansa, speciosa. Variat flore purpureo albo et flavo, sæpius in hortis pleno.

H. rosa-sinensis DC. Prod. I, p. 448.

Hab. in India orientali ?

CHARACT. VAR. Floribus plenissimis pallide luteis pulcherrime rubro variegatis.

Dans ces derniers temps, nos serres se sont enrichies de plusieurs belles variétés de cet arbuste d'ornement qui a su conquérir une popularité bien justifiée. La variété dont l’ZUustration horticole publie le portrait ci-contre, est sans contredit une des plus brillantes et des plus distinguées. Elle a été introduite à l’Établissement LINDEN en 1881.

A cause de la splendeur même de cette forme, il m’est agréable de la dédier à M. Lucrex Line, directeur de la Compagnie continentale d’horticulture.

Les fleurs sont grandes et bien doubles, d’un coloris jaune pâle superbe- ment panaché de macules et de stries rouge éclatant.

Groupée avec d’autres belles variétés à fleurs doubles, telles que la très jolie forme A. rosa-sinensis puniceus, la nouvelle venue présentera le plus gracieux contraste ; aussi sommes-nous persuadé qu’elle sera accueillie avec

faveur dans les collections, N. E. Browx.

16

UN PALMIER D’APPARTEMENT

Un très grand nombre de végétaux se prêtent sinon à la culture en appar- tement, du moins à l’ornementation plus ou moins prolongée de nos demeures. Plusieurs Palmiers de serre froide sont, sous ce rapport, d’une facilité extra- ordinaire : ils se contentent de vivre avec nous dans nos habitations, pourvu que la chaleur ne soit pas trop grande ni l’air trop aride. Un beau spécimen de Livistona australis R. Br. peut constituer le centre d’un groupe ou d’une

Fig. 1. Livistona australis R. Br.

grande corbeille ; il peut aussi être isolé sur un piédestal et produit ainsi un effet saisissant. Voici comment s'exprime à son égard M. Oswazp DE KERCHOVE DE DENTERGHEM, dans son remarquable ouvrage sur {es Pal- miers : « Ce magnifique Palmier est essentiellement approprié à la culture en serre froide. Il nous vient de la Nouvelle Hollande. Dans sa patrie c’est un arbre de toute beauté. Dans nos serres c’est un Palmier des plus robustes et des plus gracieux. Ses feuilles flabelliformes sont arrondies et larges, d’un beau vert foncé, à reflets métalliques; elles sont supportées par de longs pétioles (2 à 3 m.) qui présentent cette particularité, de prendre en vieillissant

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une magnifique teinte rouge brun. » L'auteur lui fait l'honneur d'une des quarante planches coloriées de son beau livre, et il ajoute que ce Palmier est, avec le Zivistona sinensis MaRT., un des plus recherchés pour la culture en appartements.

LE JARDIN BOTANIQUE DE BRUXELLES

Depuis quelques années, le Jardin botanique de l'État, à Bruxelles, a acquis une très grande importance.

Nous estimons qu’il est de notre devoir d'appeler l'attention du public sur cet établissement de premier ordre et sans entreprendre la description détaillée de ses diverses parties, nous allons en nous plaçant au point de vue horticole, jeter un coup d'œil rapide sur les collections de plantes de serres, confiées aux soins intelligents du chef des cultures, M. L. LupBers.

La collection d’Aroïdées est des plus riches. Elle occupe plusieurs serres. Parmi les espèces remarquables par leur développement, nous citerons tout particulièrement les Anthurium egregium, Hookeri, Augustinum, Regeli, Miquelianum, Galecttianum, Beirichianum, regale, magnificum, glaucescens, coriaceum, lucidum, cucullatum, etc.; les Philodendron pertusum, pinnati- fidum, acuminatum, cannaefolium, bipinnatifidum, Fontanesi, calophyllum,

…asperatum, etc. :

es Palmiers forment une collection très complète. Plusieurs sont d’une dimension hors ligne, entre autres: Phœnix sylvestris et dactilifera, Cha- maerops stauracantha, Livistona olivaeformis, Sabal Blachburniana et umbra- culifera, Chamaerops humilis et excelsa, Thrinax brasiliensis, ainsi que le groupe des Kentia qui jouissent d’une vogue méritée.

La famille des Broméliacées est représentée par un grand nombre d'espèces, parmi lesquelles se trouvent les introductions les plus récentes. Un grand exemplaire du Vriesea Glaziouana fait l'admiration des connaisseurs.

Les Cycadées et les Pandanées se rencontrent en grands et beaux sujets. Nous citerons notamment le Ceratozamia Altensteini, les Zamia Caffra et Van Geerti, \' Encephalartos horridus, le Pandanus furcatus, etc.

La collection des plantes officinales exotiques et celle des arbres fruitiers des tropiques a pris un grand développement et renferme la plupart des espèces cultivées. Toutes ces plantes offrent un aspect de santé que l’on rencontre rarement.

Les serres chaudes et tempérées renferment, outre les nouveautés de ces dernières années, un grand nombre d'anciennes plantes que l’on trouverait difficilement ailleurs et qui présentent beaucoup d'intérêt, soit au point de vue scientifique, soit au point de vue de leur mérite horticultural.

La collection des plantes de l'Australie et du Cap est des plus complètes. Elle renferme de précieuses espèces de Protéacées, d’'Ericacées, de Légumi- neuses arborescentes, toutes dans le meilleur état de santé. Les plantes dites carnivores, malgré la difficulté que présente leur culture, y prospèrent. Les

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Sarracenia et le Darlingtonia californica sont tenus en plein air pendant tout l’été et infiniment plus vigoureux que lorsqu'ils sont cultivés en serre. La serre aux plantes aquatiques renferme, outre le Victoria regia qui y atteint des dimensions colossales, les Nymphéacées exotiques les plus remar- quables. Des Lianes garnissent les arceaux et y fleurissent avec profusion. Le groupe des Agave et celui des Cactées s’enrichissent continuellement et forment déjà un ensemble des plus satisfaisants.

La collection des Fougères est l’une des plus riches et des plus complètes qui existent en Europe. Parmi les Fougères arborescentes, plusieurs excitent l'admiration par leur vigueur et leur développement. Nous citerons surtout : Alsophila armata, À. ferox, Balantium antarcticum, Cyathea princeps, C. me- dullaris, Cibotium regale et C. Schiedei, Alsophila elegans et plusieurs espèces non déterminées. Certains troncs mesurent plus de dix mètres de haut. La plupart sont d’origine brésilienne.

CHARLES DE BossCHERE.

UNE COLLECTION DE BROMÉLIACÉES SUR UN ARBRE

Les Broméliacées peuvent être cultivées très aisément comme épiphytes. Nous conseillons aux amateurs qui recherchent le côté pittoresque dans l'arrangement de leurs serres spécialement dans celles destinées aux Orchidées ou dans les jardins d'hiver de choisir des arbres morts, bien branchus, de préférence des pommiers, et de les revêtir de différentes espèces. Il sera bon, en les fixant sur ces arbres, d’entourer le pied de la plante d’un peu de sphagnum vivant pour conserver l'humidité. On peut avoir

ainsi Sur un arbre toute une collection de belles Broméliacées, des espèces à

fleurs brillantes ou remarquables par la coloration du feuillage !

Ju’on se figure un arbre semblable: orné de Ziandsia Lindeni et ses différentes variétés, de Massangea musaica et Lindeni, Tillandsia tessellata, Vriesea fenestralis, Enchotirion Saundersi, etc.

si l'on désire cacher en partie la nudité du tronc de l'arbre, il sera facile d'y faire grimper des Cissus, des Passiflores, des Aristoloches et d’autres belles plantes sarmenteuses.

En poussant la fantaisie plus loin, on entremélerait aux Broméliacées de belles Orchidées, de préférence des Oncidium Krameri et papilio et des Phalænopsis.

Un _ semblable, quelque peu fleuri, serait féérique ! et quelle facilité de culture ! qu'on essaye : c'est un conseil que nous donnons à tous ceux qui possèdent des serres qui s’y prêtent. Ce sera en tous cas, une diversion aux vulgaires tablettes.

Luc. L.

Li rat

LE JARDIN POTAGER

CULTURE RATIONNELLE DE L’ASPERGE

La culture de l’Asperge n’est ni coûteuse ni difficile et malgré les efforts des publicistes, la méthode encore généralement suivie n’est pas du tout celle que la nature indique pour cette plante. L’Asperge ne demande qu’une bonne terre de jardin bien meuble, plutôt sablonneuse qu'argileuse et la station naturelle de l'espèce type, Asparagus officinalis LIiNN., qui croît sponta- nément dans les dunes des côtes occidentales de l'Europe, ainsi que le mode de végétation qui lui est propre, indiquent suffisamment les soins que l’'Asperge réclame.

Cette plante redoute l'humidité ; plus que d’autres, elle veut que l’air par- vienne à sa souche, et que les premiers rayons du soleil activent sa précoce croissance. Elle rapporte en proportion des fumures annuelles qu’on lui donne et nullement en raison de la masse de fumier que, suivant l’ancien procédé, on dépose au fond des planches. La plante étend ses racines horizon- talement jusqu'à 0"75 et même 1 mètre de son centre. Ces données doivent être le point de départ du système de culture.

Le sol doit être préparé comme pour les choux ou toute autre plante pota- gère ; 1l doit être bien défoncé avant ou pendant l'hiver et recevoir une bonne fumure ordinaire. On plante au printemps, à la fin de mars, en se servant de plants de deuxième ou troisième année et en ayant soin de ne pas endom- mager les jeunes racines, sinon il faudrait les couper nettement et les faire sécher.

Le terrain est divisé en tranches de 1"20. Au milieu de chaque tranche on ouvre à la bêche une fosse de 1"40 de large sur 0"15 de profondeur. La terre de ces tranchées est distribuée à droite et à gauche. Le fond de celles-ci reçoit une couche de fumier bien consommé ou de terreau à l’épais- seur de 0"07 à 0"08. Sur ce lit, on ajoute de la terre de jardins à une épais- seur de 005. On marque ensuite l'emplacement de chaque plante à 0"70 de distance dans les lignes; nous avons dit que celles-ci sont à 1”20 l’une de l’autre.

Chaque point de plantation est indiqué par une baguette contre laquelle on dépose une griffe en étalant les racines presque horizontalement, puis on remplit les tranchées de terre bien meuble. Le terrain offre donc de nou- veau une surface unie, quelque peu rehaussée par l'addition de fumier con- sommé. Les griffes elles-mêmes sont recouvertes tout au plus de 0"10 de terre.

Au printemps de la deuxième année, les plants morts ou souffreteux sont remplacés par des griffes plus robustes. On ajoute un peu de terreau et l’on donne une fumure d’engrais liquide. En été, chaque plante reçoit un tuteur

autour duquel on attache les jets, à moins qu’on ne lie ceux-ci en faisceaux.

Il ne faut pas perdre de vue que chaque tige renversée par le vent constitue une véritable perte pour la suite.

La troisième année, au commencement d'avril ou déjà à la fin de mars, quand la surface du sol est réchauffée et que les Asperges reprennent leur végétation, on butte les lignes suivant leur longueur au moyen de la terre ameublie, antérieurement retournée et déjà réchauffée, des espaces intermé- diaires. Cette troisième année, ces buttes ne devront avoir que 0"50 de lar- geur, parce que les griffes elles-mêmes n’ont pas encore pris de grande extension. Les années suivantes, les buttes seront élargies successivement.

. La récolte peut commencer la troisième année, mais elle n’est importante que la quatrième.

Le point le plus remarquable de ce mode de culture c’est que, après la récolte, au milieu ou à la fin de juin, il faut enlever de nouveau la terre qui recouvrait les griffes, de façon que le terrain se trouve encore une fois nivelé.

Au mois de février on donne une bonne fumure d'engrais liquide et l’on continue à tuteurer les tiges ou à les préserver contre le vent.

Est-il nécessaire d’ajouter que, durant les premières années , les intervalles pourront être consacrés à diverses entrecultures ?

L’Asperge ainsi cultivée ne demande que les soins ordinaires de toute cul- ture : sarclages, binages et même arrosements durant les sécheresses. La récolte commençant plus tôt, il serait imprudent de la prolonger au delà de la fin de juin. :

Em. Roprcas.

Encre pour écrire sur le zine. Une des meilleures encres pour les étiquettes en zinc est sans contredit le nitro-muriate de platine qui donne une écriture ineffaçable et noire comme jais. La Revue horticole en fait connaître une autre due à M. LavGrer, répétiteur de chimie au laboratoire des Hautes-Études, à Paris. En voici la composition : À 100 parties encre ordinaire on ajoute 10 parties chlorure de cuivre. On agite le mélange. Il convient d'écrire au moyen d'une plume d’oie ou d’un poinçon de bois. Le zinc doit avoir été décapé.

* ; *

Mousse bien verte. On nous demande comment on peut conserver la verdure à la mousse sèche qu’on emploie, par exemple, dans les salons pour cacher la terre des pots. Réponse : il faut la teindre comme font les Allemands pour la mousse et les Graminées. Un mélange d’indigo carminé et d'acide picrique produit le plus beau vert, On l’obtient aussi en faisant bouillir 206 grammes d’alun dans 2 litres d’eau et en y faisant dissoudre 200 grammes de bleu minéral.

CHRONIQUE HORTICOLE

Février 1882

Les hivers extraordinaires. Nous subissons une température assez peu ordinaire pour étonner bien des gens. L'hiver de 1881-1882 prendra rang très probablement dans la liste des hivers chauds que l’histoire météorolo- gique à dressée.

Partout on signale des phénomènes de la température douce et chaude dont nous jouissons en ce moment. Cette température si élevée de l’hiver est sur- prenante, mais elle n’est point un phénomène sans exemple.

En 1172, la douceur de l'hiver permit aux arbres de se couvrir de feuilles en janvier; les oiseaux couvèrent et eurent des petits e en février.

L'année 1289 n'eut point d'hiver. à

En 1421, les arbres fruitiers fleurirent au mois de mars et les vignes en avril; les cerises mürirent dans ce dernier mois et les raisins en mai.

En 1538, les jardins furent émaillés de fleurs en janvier.

L'année 1572 offrit les mêmes faits que celle de 1172. Il y eut des épis en 1585 à Pâques. Les années 1607, 1609, 1613 et 1617 sont remarquables par leurs hivers très doux. Il n’y eut ni gelée ni neige en 1659.

On n’alluma pas de poële en Allemagne en 1692.

Enfin la douceur de la température de l'hiver de 1781, celle des-hivers de 1807 et 1823 sont citées comme exceptionnelles dans tous les traités de météorologie.

en est de même de 1866, l’année de la grande inondation de la Seine.

On voit par que la nomenclature des hivers chauds est aussi facile à éta-

blir que celle des hivers rigoureux.

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Gynura aurantiaca. Nous sommes à même de constater que le : succès que nous avions prédit au Gynura aurantiaca, dans notre dernière chronique, se réalise en tous points. Les demandes affluent. Nous pouvons donc espérer voir l'été prochain, dans beaucoup de jardins, de belles cor- beilles de cette nouvelle introduction, On verra si nous avons eu raison 4” sister sur son mérite exceptionnel.

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Jardin botanique de Bruxelles. Nous apprenons que les riches collections de Cactées et autres plantes grasses délaissées par feu l'amateur montois G. DEmouzin, viennent d'être offertes au Jardin botanique de Bruxelles. La veuve du célèbre Cactophile ne pouvait rendre à la mémoire de son époux un plus bel hommage, qu’en assurant par ce don généreux,

TOME XXIX 1882, 2€ LIVR,

la conservation de ces collections que M. Demourzin avait mis cinquante ans à réunir. .

Les fleurs coupées de plantes bulbeuses, Jacinthes, Tulipes, Nar- cisses, Renoncules, Anémones et Glayeuls, ces spécialités des cultures de Harlem, n’iront plus à l’avenir inonder les marchés des grands centres pour nuire ainsi au commerce local des bulbes à fleurs.

Les membres de la Société pour l'avancement de la culture des oignons à fleurs, à Harlem, ont décidé de ne plus expédier de ces fleurs coupées, si ce n’est comme échantillons, en envois ne dépassant pas cinq kilogrammes, ou comme apport gratuit destiné à des expositions.

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L'Azalea Fürstin Bariatinsky, une des bonnes variétés à fleurs striées obtenues par le semeur allemand M. C. Scnurz, serait le résultat, d’après l’Iconographie des Azalées, d'une fécondation croisée entre un A zaea indica fécondé par le Rhodôdendron Edgeworthi. Il est assez curieux que cet À zalea Fürstin Bariatinsky se dépouille de son écorce ainsi que cela a lieu chez beaucoup de Rhododendron de l'Himalaya. Toutefois, le croisement entre espèces ligneuses appartenant à des genres différents est considéré par les savants Comme demeurant stérile.

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La Société d'Horticulture de Brême (Allemagne) fêtera cette année le vingt cinquième anniversaire de son institution. A cette occasion, elle organise une grande exposition florale qui aura lieu du 25 au 28 août 1882. Des médaïlles d’or et d'argent ainsi que des primes en espèces seront mises à la disposition du jury.

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L'Alocasia Putzeysi, dont la planche qui parut dans la précédente

livraison de l’Austration horticole fait bien valoir imposante beauté, sera mis au commerce pour la première fois à partir du 15 avril prochain. On nous demande si la plante diffère beaucoup de celle qui avait attiré l'attention en août dernier à l'exposition d’horticulture d'Anvers, sous le nom d'A. Lindeni. Réponse : C’est la même espèce qui a été débaptisée en souvenir de notre regretté collaborateur, M. Jures Purzrys.

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Douane et plantes. On nous écrit de Lille que les colis de plantes provenant de la Belgique et qui sont visités par la douane dans cette ville, sont soumis à un traitement vraiment scandaleux. Pour s'assurer de ce que les paniers ne contiennent pas de tabac (il paraît que le fait s'est trouvé), les douaniers passent les sondes à travers ceux-Ci, sans s'inquiéter des dégâts qu'ils peuvent commettre,

Les principaux établissements d’horticulture de Gand se sont émus d’un pareil état de choses et se sont empressés d'adresser à qui de droit d'éner- giques réclamations.

Il est à souhaiter que de semblables actes de vandalisme ne se repro-

duisent plus. + "+

Le Dracæna Massangeana exposé à Hambourg (!) comme une plante d'introduction nouvelle de premier ordre, avec indication qu’elle provenait de la province de Goyaz, Brésil, ne serait, d’après la Gartenzeitung, qu'un jeu ou lusus obtenu par M. Wacxa, jardinier en chef du duc de Schwar- zenberg à Frauenberg, qui l'avait déjà exposé à Vienne en 1880 et en avait obtenu une médaille d'argent. Dans cette propriété seigneuriale, beaucoup de plantes ne sont cultivées que pour l’ornementation des appartements durant les grandes chasses d'automne et sont jetées au fumier quand ces fêtes sont terminées.

Une tige d’A letris (Dracaena) fragrans jetée ainsi au fumier a été retrouvée quelque temps après avec une pousse panachée. Ce jet a été bouturé et multiplié et donné en cadeau à des amis.

Cette plante très répandue depuis lors, dit encore la Gartenseitung, est une plante décorative par excellence et dotié la culture en grand est très recom- mandable.

Il faudrait donc rectifier son nom et l'étiqueter Aetris fragrans foliis medio pictis. Ce sera plus long, mais plus correct.

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Les serres de la Compagnie continentale d'Horticulture. Rien de parfumé, rien de joli comme les serres à forcer de la Compagnie conti- nentale d'Horticulture à Gand, pendant le mois de janvier. Il y avait con- stamment en fleurs plusieurs milliers de tiges de Muguet et des centaines | d'Azalea. L'effet produit par ces quantités de fleurs était ravissant. La plupart de ces fleurs étaient destinées au magasin de vente que la Compagnie possède à Paris, et qui après trois années d'existence, s’est fait une réputation et une clientèle déjà considérables.

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Un engrais à recommander pour beaucoup de plantes. pie infuser quatre à cinq tourteaux de colza dans un hectolitre d'eau. Il sera bon d'y ajouter un peu de bouse de vache. Laisser ce mélange se aire pendant trois à quatre jours. Il ne sent pas la rose, mais il est excellent.

Gélera-t-il en mai? La douceur exceptionnelle de la température du » mois de janvier fait redouter les effets de gelées tardives. « Verte journée de Noël annonce blanches Pâques, » dit le proverbe. Dira-t-il vrai cette année? À ce propos, on rappelle les ‘observations faites, dans la Charente, par M. le colonel Le Fèvre. Depuis plus de quarante ans, il a noté que

(*) Cette plante figurait également, l'été dernier , à l'exposition de Liége,

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chaque jour de brouillard constaté pendant le mois de mars, est un pronostic de gelée blanche pour chaque jour correspondant du mois de mai, soit un jour auparavant, soit un jour suivant.

Phthisie de la Violette. Une maladie épiphytique décime, à ce qu'il paraît, les plantations de Violettes dans la Provence. Une tache presque impercepüble atteint les pétales de l’'humble fleurette qui s’étiole et se dessèche avant d’avoir pu donner son parfum. La Violette à fleur pleine dite de Parme n'échappe pas à la maladie. Celle-ci est attribuée à l'invasion d’un insecte microscopique. N'est-ce pas bien plutôt le résultat de la multipli- cation et de la culture intensives auxquelles la pauvre plante est soumise là-bas sans trève ni merci?

x * 4

Étiquettes solides. Un bon moyen de préserver les étiquettes en bois contre la pourriture est le suivant. On fait tremper les étiquettes dans une solution de sulfate de fer; quand elles sont. bien sèches, on les plonge dans une forte solution d’eau de chaux qui donnera lieu à une formation de sulfate de chaux dans le tissu du bois. Ces étiquettes peuvent être peintes à l'huile et résistent longtemps.

* + %*

Prix destinés à l'Horticulture. L'Administration de l'Agriculture, déférant au vœu émis par la Société centrale d'Horticulture de France, a compris l'horticulture dans les spécialités pouvant prétendre aux prix d'honneur dans tous les concours régionaux. Dans les concours agricoles, l’horticulture et l’arboriculture formeront désormais une catégorie spéciale. Cette mesure atteste la sollicitude que M. Trrarp, Ministre de l'Agriculture en France, porte à l'Horticulture.

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Un grand Meeting horticole est annoncé à Gand en coïncidence avec les floralies quinquennales de 1883. À ce meeting se rencontreront sans nul doute tous les horticulteurs marquants de l'Europe. La Chambre Syndicale des Horticulteurs belges, qui résume en elle les forces vives de l'industrie horticole, s'est chargée de l'exécution de ce vaste projet.

M. Édouard Otto, l'infatigable rédacteur du recueil hambourgeois ge und A a été l’objet d'une distinction bien méritée.

e 25 Janvier dermier, à l’occasion du 70" anniversai naiss une députation de la Société d'Horticulture de Hits E allée Qui offre une grande médaille d’or en reconnaissance des services rendus par lui à la Société en sa qualité de bibliothécaire.

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+ _X Fruits nouveaux de 1881. Parmi les fruits méritants de l’année dernière, le Gardeners Chronicle (p. 107) mentionne les suivants :

ne. Sn

Beurré Welton Hall, obtenu de semis par le Col. Trevor CLARKE. Fruit moyen, verdâtre, chair et goût exquis; recommandable pour les contrées septentrionales.

Cerise Guigne d'Anonay, remarquable par sa précocité.

Cassis Black Champion, obtenu par M. Duxxerr. Très grand et excel- lent fruit.

Groseillier rouge Fay's New Prolifie, variété américaine dont on dit grand bien.

Melon High Cross Hybrid (Hopkixs), excellente variété réticulée, à chair verte. * - *

La Chambre Syndicale des Horticulteurs belges a tenu le 30 janvier dernier, à Gand, au local de la Société royale d'Horticulture et de Botanique, son assemblée générale annuelle et statutaire.

Après la lecture du rapport sur les travaux et la situation de la Chambre Syndicale pendant l’année 1881, il s’est engagé une longue discus- sion au sujet de l'attitude à prendre en présence de la nouvelle Convention internationale phylloxérique de Berne. De l’avis unanime de l'assemblée, il y a lieu de solliciter du Gouvernement l'institution d’une commission de sur- veillance et de garantie des établissements horticoles et l'application de toutes les mesures de prévoyance réclamées par la Convention du 3 novembre 1881.

Procédant ensuite aux élections statutaires, l'assemblée a maintenu dans leurs fonctions de commissaires permanents : MM. Ocr. Bruneez, Louis Desmer, Ép. Pyxagrr et L. SPAE-VANDERMEULEN, et dans celles de commis- saires ballotteurs : MM. Juzes DE Cock, L. Decaruye, B. MaenHour et J. VERVAENE.

M. A. Vax GgERT a été réélu président, M. Lucien LINDEN, vice-président, M. Ocr. BRuNEEL, secrétaire, M. Louis Desmer, trésorier.

Les autres membres formant le bureau sont : MM. Louis Vax HourTE, An, D'HAENE, Ép. PyNAERT et SPAE-VANDERMEULEN.

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Le Delphinium Kashmirianum est signalé parmi les plantes vivaces nouvelles comme étant destiné à contribuer dans une large mesure à l’em- bellissement de nos jardins. La plante est rustique sous nos climats; elle se contente de n’importe quelle terre en préférant toutefois la terre franche assez riche en engrais. Ses fleurs d’un bleu violet se montrent dès la fin de mai et se succèdent durant trois mois.

Le

L'Andromeda japonica fol. var. est recommandé par M. CARRIÈRE pour sa beauté. Cette plante se distingue du type en ce que ses feuilleS sont bordées de blanc pur. On dit que cette variété a été introduite directement du Japon, le pays par excellence des feuillages panachés.

% * *

Un Cœlogyne cristata, aux proportions colossales, a été vendu récem-

ment chez Srevexs à Londres. Ce beau spécimen mesurait plus d’un mètre

et demi de diamètre et présentait une masse compacte de pseudobulbes d'où

s'échappaient des faisceaux de tiges garnies de six à neuf ravissantes fleurs. *k sd *

Les Phalænopsis. Nous avons vu récemment au château de Gouville une serre remplie de Phalaenopsis Schilleriana dans un état de végétation incomparable, M. Ronpeau , ‘l’habile chef des cultures de M. le comte ADRIEN DE GERMINY, a bien voulu nous promettre une notice sur la culture qu’il a adoptée pour ce genre magnifique. Nous la publierons prochainement.

3

* _*

Les Vanda également sont admirables de culture au château de Gouville. Nous croyons que rien de semblable n'existe nulle part, ni sur le continent ni en Angleterre. Il y a une quantité de spécimens ayant plusieurs tiges de deux à trois mètres de hauteur et garnies de feuilles depuis la base. Et que dire des immenses Azaléa, dont un certain nombre ont des couronnes de plus de 1°50 de diamètre! Et des Anthurium, des Begonia, des Caladium, des Leptopteris, des Cattleya! En parlant de Gouville il faudrait tout citer. Aussi comptons nous y revenir et en parler avec plus de détails.

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La collection d'Orchidées réunie à Blackburn, par M. F. YarEs, vient de passer sous le marteau du commissaire priseur. On a commencé par vendre une centaine de lots parmi lesquels de très beaux spécimens. Au nombre de ceux-ci 1l y avait un fort pied du rare Cypripedium Spicerianum, cédé à 2500 fr.; un Dendrobium Ainsworthi, 525 fr.; Dendrobium Falconeri gigan- teum, 750 fr.; une belle plante de Dendrobium Wardianum présentant vingt et un pseudo-bulbes et ayant donné l'an dernier plus de 300 fleurs, 475 fr.

Tous les spécimens ont atteint de bons prix, tous aussi étaient en parfaite santé.

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Le Jardin botanique de Glasnevin a été visité en 1881 par 249,911 personnes, Le nombre des visiteurs qui se sont rendus en 1881 aux jardins de Kew, près de Londres, se monte à 836,676. Soit plus d’un million de visiteurs pour les deux jardins! Ces chiffres sont plus éloquents qu'un long discours et témoignent hautement du goût que professent nos voisins d'Outre Manche pour les plantes et les fleurs.

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* *

Les Azalées de l'Inde, abondamment fleuries dès les mois de janvier et de février, dans les cultures de beaucoup d'amateurs , offrent la plus précieuse ressource pour le décor des salons et des jardins d'hiver. C’est bien en ce moment, au milieu ou vers la fin de nos longues saisons d’hiver, que ces énormes bouquets procurent le plus vif plaisir. Les fleurs d’Azalées déposées parmi la mousse humide se conservent une huitaine de jours et produisent ainsi un effet charmant.

Luc. LINDEN et Ém. Roprcas.

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PI. CCCCXLI

NEPHRODIUM RODIGASIANUM r. voor NEPHRODIUM DE RODIGAS Foueères

ÉTYMOLOGIE. Du grec »:#99:, rognon, de la forme des indusies.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. Venae pinnatæ indivisæ, subtus prominulæ, supra immersæ, infima rarius plures inferiores superior cum infima inferiori proxima in angulum plus minus acutum anastomosans, venula ex angulo superiore in sinum angulorum superiorum vel sæpius in sinum laciniarum excurrente. Sori medio dorsi venarum inserti, globosi. Indusium reniforme sinu affixum. AÆRhizoma subglobosum [vel repens].

Frondes fasciculatæ herbaceæ vel tenuiter coriaceæ, pinnatim divisæ. Fasciculi vasorum in stipite duo mediocres lateraliter compressi. Sori subinde margini laciniarum paululum approximati, nonunquam in lineam plus minus interruptam confluentes.

Species intratropicæ, plerumque indieæ et terrarum adjacentium, paucæ americanæ. Anastomosis venarum infimarum in angulum et origo venulæ ex apice anguli in filicaceis pluries obvenit, et hocce genus ab omnibus a Aspidiacearum distinguit. PRESL, Tentamen Pteridographiæ, 80.

CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. Frondibus elatis erecto-patentibus herbaceo-mem- branaceis, lanceolatis basi attenuatis, pinnatis ; pinnis sessilibus basi subtruncatis alternis lineari-lanceolatis profunde-pinnatifidis apice integro attenuatis, infimis parvis triangulis distantibus fere ad basem stipitis repetitis ; lacinïis oblongis on. rachidibus prima- riis utrinque dense-villosis , secundariis supra pubescentibus; venulis simplicibus infimis conniventi-anastomosantibus; soris parvis globosis circa 4-5 paria ad venas inferiores cujusque laciniæ insertis; indusiis parvis integris reniformibus ; caudicibus erectis ; stipi- tibus villosis ante trisulcatis.

Nephrodium Rodigasianum T. MooRe , ante.

Aspidium Rodigasianum Hort. LiNpen, 1881. k

Has. in Ins. Samoa,

Cette très remarquable Fougère de serre chaude est originaire des îles de Samoa, d’où elle a été introduite à l'Établissement J. Lixpex, à Gan et par suite transmise à la Compagnie continentale d'Hérticaltare. Elle fit sa première apparition aux floralies internationales d'Anvers, au mois d'août 1881, et y excita une vive admiration à cause de la courbe gracieuse que décrivent ses frondes. C’est une belle plante qui mérite bien l’attention des amateurs de Fougères. En voici la description.

La tige est épaisse, dressée, quelque peu touffue. Les feuilles sont d’un vert pâle qui devient glauque pendant l'été ; elles se dressent au sommet de la tige et atteignent une longueur de 0"90 à 1"20; elles sont élégamment recourbées, d’une texture herbacée-membraneuse, pinnées presque jusqu’au

sommet qui est*pinnatifide, lancéolées et atténuées vers la base, les pin- nules inférieures sont petites, distantes et triangulaires.

Le stipe est robuste, marqué de trois sillons, velu à poils serrés, et muni

à la base de petites pinnules qui vont en diminuant. Le rachis primaire res- semble au stipe en ce qu'il est velu comme lui; chez les rachis secondaires, les poils sont moins rapprochés. Les pinnules sont sessiles, un peu tronquées à la base, lancéolées-linéaires, profondément incisées offrant des lobes oblongs obtus rétrécis au sommet; ce sommet atténué est entier. Les nervures dont il existe sept ou huit paires, sont pinnées; la paire inférieure, qui procède des côtes latérales, s’anastomose pour former une seule arche costale de l'angle de laquelle se projette une veinule jusqu’au sinus; la deuxième paire de nervures s'étend jusqu'au même sinus; les nervures restantes se prolon- gent jusqu'au bord du segment. Les petits sores, au nombre de 8 ou 10, qui se trouvent sur chaque lobe, sont disposés en deux rangées un peu plus rapprochées de la nervure que du bord; leurs indusies sont réniformes et entières, |

Le Nephrodium Rodigasianum est une espèce voisine du Nephrodium trun- catum PRESL. Aspidium truncatum GAupicHAuD (Voyage de Freycinet, t. 10), et du Nephrodium Hudsonianum BRACKENRIDGE (partie botanique de « United States Exploring Expedition, » t. 25). Cependant notre espèce se distingue de celle-ci en ce que les bases des frondes se rétrécissent gra- duellement, tandis que celles du Nephrodium truncatum se raccourcissent brusquement, à tel point que les pinnules inférieures se trouvent réduites à des proportions à peine plus grandes que celles des oreillettes.: Quant à l'espèce dont nous nous occupons, les pinnules situées plus bas que le milieu de la fronde se raccourcissent peu à peu jusqu'à ce qu’elles atteignent la forme auriculée; et pour autant que nous puissions en avoir la certitude d'après les spécimens que nous avons sous les yeux, ces pinnules auriculi- formes se répètent à de grands intervalles presque à la base du stipe. Un autre caractère distinctif c’est que le stipe et les rachis du Nephrodium Rodi- gasianum Sont couverts de poils serrés, tandis que ceux du Mepkrodium truncatum, qui habite la Polynésie, sont lisses ou rarement couverts de légères pubescences. Enfin, l'espèce indienne que l’on rapporte quelquefois au Nephrodium truncatum en diffère sensiblement, d’après nous, parce que les pinnules sont moins divisées et que les nombreuses veines s’anastomosent presque toutes.

L'espèce est dédiée à un écrivain horticole bien connu M. Ém. Ronraas, professeur à l’École d'Horticulture de Gand

Cette Fougère exige la température de la serre chaude et se développe

parfaitement dans une terre à base tourbeuse et dans un pot bien drainé. Ses racines réclament beaucoup d'espace.

Janvier 1882. P:- odlie.

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L'ILLUSTRATION HORTICOLE

PLAN RENVOIS DU es s ; : FA D Le.

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de l'ancienne citadelle à Gand tel qu'il a été exécute de 1875 à 1881,

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$ . 6 Monusmeuts Divers.

7 Mouticule RE re ee * 8 . pavillons ; : à $ ÿ 9 as fonda PROJET DE PLAN * haus rofke .

A D'UN eu NOUVEAU JARDIN BOTANQUE œ créer au cenlre Jde ce pare apreés Lx Héôparation ® des occupewt actuellement Le pentaoyone.

Éxécute et projeté par H.J. Van Hulle art Inspecteur des plantations.

* Nouveau jardin botanique : a Entrée.

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P. De Pannemaeker, Chromolith. ( Gand,

PI. CCCCXLII

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NOUVELLES PLANTATIONS PUBLIQUES A GAND

Partout la civilisation progresse, les jardins publics prennent des pro- portions plus considérables et leurs aménagements répondent bien mieux qu’autrefois au goût plus raffiné des promeneurs et à l’état plus avancé de l’horticulture. Pour ne parler que de notre pays, n’y voit-on pas tous les grands centres rivaliser entre eux sous ce rapport et offrir aux populations de larges et spacieuses promenades? Bruxelles avec son Bois de la Cambre, Anvers avec son Parc en harmonie avec son vaste port, Liége avec ses squares charmants qui se déroulent sur les rives de la Meuse, n’ont rien à envier aux plus riches capitales. Gand, que l’on se plaît à nommer la « ville des fleurs, » ne pouvait demeurer en arrière, et les anciens glacis de la citadelle, aujourd’hui démantelée, ont été convertis, avec un rare bonheur, en un jardin aux lignes gracieuses et bien tracées, aux plantations harmo- nieusement groupées et suffisamment variées.

Le plan qui accompagne ces lignes permet à nos lecteurs de se rendre par- faitement compte des parties déjà exécutées et des difficultés que l'architecte, M. H. J. Vax Huize, inspecteur des plantations de la ville de Gand, a su vaincre d’une façon magistrale. Les plantations, dont quelques unes re- montent à six ans, sont en pleine voie de prospérité; la plupart ont parfaitement résisté aux rudes épreuves que leur ont fait subir les hivers exceptionnels de 1879-1880 et 1880-1881.

Tout est planté et terminé sauf le pentagone intérieur dont les sombres murailles sont masquées en été sous un épais manteau de verdure. Ce pentagone est occupé par un immense corps de casernes auquel le projet substitue un nouveau Jardin botanique dont la création, vivement désirée, achèverait la transformation complète du quartier de l’ancienne citadelle.

Malheureusement il est à craindre que les partisans de ce projet viennent se heurter vainement, en dépit des meilleures raisons, à la résistance inerte de la chose existante. Cela serait regrettable au point de vue du Jardin botanique lui-même dont l'emplacement actuel est depuis longtemps considéré

comme défectueux et dont les installations, déclarées insuffisantes déjà en

1865, répondent d'autant moins aujourd’hui aux conditions de l’horticulture moderne , qu’elles doivent servir maintenant à la fois à l’enseignement univer- sitair ee à à l’enseignement professionnel puisque, depuis 1870, l'École d'Hor- ticulture de l'État est annexée au Jardin, Comme le répète M. Van HuLLE,

dans une brochure qui parut en 1881 (‘), «le Jardin de Gand est incapable de remplir convenablement sa mission. L'espace y manquant, toute extension étant impossible et par dessus tout l'air s’y viciant de plus en plus, au lieu de pouvoir prospérer encore, il restera stationnaire, si toutefois il ne rétrograde pas : telle est la perspective et elle est loin d'être encourageante. »

Quoi qu'il en soit, l’idée du déplacement du Jardin botanique a fait depuis peu de temps des progrès sensibles et la réalisation du projet élaboré par M. Vax Huzue est considérée comme pratique. Rapproché du nouveau palais de l'Université et des nouvelles constructions destinées à la Faculté des sciences, le Jardin-École aurait le grand avantage d'être spacieux, parfaite- ment aéré et découvert; il serait en outre à l'abri des vents dominants qui, en passant au dessus de Gand , déposent sur les feuillages les émanations des nombreuses cheminées de la ville industrielle.

Un coup d'œil jeté sur le plan du nouveau Jardin botanique prouve non seulement que celui-ci est conçu selon les règles de l'architecture paysagiste, : que le tracé constitue un ensemble des plus gracieux, mais qu'il répond à toutes les conditions que doit réunir un établissement spécial de ce genre. Bien mieux encore, le parc des Glacis, avec ses groupes, ses accidents, sa vallée suisse, son belvédère, ses enrochements, sa grotte, ses larges allées et ses points de vue, tel qu'il est aujourd'hui, aidera à donner une idée plus nette de ce que serait le Jardin botanique, digne complément du pare en voie de développement.

Ém. Roprcas.

NOUVEAU CATALOGUE DE PLANTES VIVACES

Notre confrère The Garden, cédant au désir de plusieurs de ses correspon- dants, serait disposé à publier un nouveau Compendium des plantes vivaces. Le nombre des amateurs de plantes vivaces grandit tous les jours et les nouveautés de toute nature qui ont surgi depuis quelques années ont assez d'importance Pour justifier la publication d'une liste plus complète. Le Garden demande aux amateurs s'ils veulent assurer le succès de la publication en souscrivant au nombre d'exemplaires voulus, et l’aider dans ce travail en lui communi- quant leurs notes. Il demande également si les noms des plantes devraient être accompagnés des noms d'auteur et si la liste comprendrait les arbres. Il nous semble que l'addition des arbres compléterait très utilement le travail. La valeur de celui-ci serait augmentée par la citation des autorités botaniques. Nous Voudrions, en outre, voir indiquer autant que possible les Synonymies : Ex. Platycodon grandiflorum À. DC. (Syn. Campanula L.). Nous sommes persuadé que le projet du Garden rencontrera le sympathi- que appui qu'il sollicite : nous lui promettons le nôtre.

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(') Déplacement du Jardin botanique de Gand, etc. me édition. Laibr. An. Hoste,

Gand, Prix: fr. 1-25,

L'ILLUSTRATION HORTICOLE

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PI. CCCCXLIV

ONCIDIUM INCURVUM van. van FL. ALB, ONCIDIUN A PÉTALES ARQUÉS ORCHIDÉES

ÉTYMOLOGIE et CARACT. GÉNÉR. Voir Ilustration hort. 1870, p. 15.

CARACT. SPÉCIF. Pseudobulbis oblongo ligulatis ancipitibus costatis, foliis cuneato lineari ligulatis acutis, panicula effusa amplissima erecta, ramis subæqualibus divaricatis, sepalis tepalisque linearilanceolatis undulatis liberis, labelli pandurati auri- culis baseos ligulatis obtuse retusis brevissimis, isthmo antrorsum constricto, lacinia antica transverse cordata antice emarginata seu apiculata, callo subquadrato vulgo biseriato, postice quadricarinato, antice tricarinato, columnæ auriculis, triangulis obtusis, nunc subnullis, tabula infrastigmatica supra basin columnæ abrupta.

Oncidiun incurvum Bark. in Linpz. B. Reg. 1840, Misc. 174! B. Reg. 1845, t. 64! Bat.Orch. Mer. Guat. t. 721 Lixp. Fol. Orch. Oncid. 72! Rcus. Fr. WaLP.Ann. VI, 736!

Oncidium alboviolaceum A. Ricx. Gal. O. Mex. in Ann. sc. nat. 1845, p. 37!

CARACT. DE LA VARIÉTÉ. Flores albi purpureo picti odorati elegantissimi. 8. album nov. var. floribus albis (tantum vidi ex manibus cl. LiNDEx).

Cette espèce a fleuri en premier lieu chez M. Barker, de Birmingham, et la variété chez M. Linpex dès 1853. Ses feuilles très étroites et sa grande panicule de fleurs blanches ornées de bandes et macules pour- pre, lui donnent un aspect tout particulier. Dans la nombreuse cohorte des Oncidium il n’y a que l’Oncidiwm tricolor et une espèce inédite qu’on puisse lui comparer, car pour l’Oncidium ornithorrynchum, très voisin du pyramidale, on ne s'explique pas bien comment on ait pu le lui comparer.

La plante est originaire du Mexique et elle paraît n'avoir jamais été introduite en grandes quantités. Si elle portait le nom d'Odontoglossum, elle serait une favorite, mais un Oncidium.…

Je la trouve dans mon herbier et la tiens de Sig , qui probablement l’a ue J'ai également un exemplaire de nidecéor qui me fut donné

ar M. J. Linnen, et un autre de JÜRGENSEN (GaLEOTTI, 5021). GHIESBREGHT ee l'espèce en compagnie avec le majestueux Stanhopea tigrina, le Coatzonte Coxoahill, et il assure qu’elle demande beaucoup d'humidité.

La plante reçut de Barker le nom d'incurvum à cause des sépales et surtout des pétales réfléchis. Par un étrange qui proguo, après l'avoir très correctement décrite parmi les « pentapetala micropetala, » l'illustre maître en orchidologie, le docteur Linpzey, l'a placée dans ses Folia au nombre des « tetrapetala micropetala. »

L'espèce est assez polymorphe, et quant aux callus du labelle et aux

ailes de la colonne, après l'avoir observée durant quarante années, j'ai vu.

des variations bien prononcées.

Quelle ne fut pas la surprise des orchidophyles lorsque l’Oncidium ornithorrhynchum à fleurs blanches fit son apparition! Eh bien! j'ai été très agréablement surpris à mon tour, en recevant de M. LINDEN une partie d'une inflorescence de cette espèce offrant des fleurs blanches. Félicitons les possesseurs de cette grande rareté. Il n’y en aura jamais trop.

Janvier 1882, H. G. REICHENBACH.

DE L'OBTENTION DES VARIÉTÉS

On est généralement disposé à attribuer à une chance heureuse l'obtention 4

des nouvelles variétés ; on ne tient pas toujours compte du rôle prépondérant de la fécondation artificielle. A ce propos, je pense faire chose utile en disant comment je procède dans mes semis de Bégonia tubéreux.

Le point capital est le choix de la plante porte graines. Celle ayant l'aspect |

le plus sain et des fleurs de forme parfaite aura la préférence. Le coloris, d'après moi, importe peu; car il m'est arrivé de semer des graines récoltées sur une variété à fleurs rouges et fécondée par une autre également rouge, et d'obtenir dans mes semis des sujets à fleurs blanches. Le moment le plus favorable pour opérer la fécondation est celui de l'épanouissement complet de la fleur. Alors on choisira la fleur la plus belle et la plus grande; on verra si le pollen se détache des étamines au moindre mouvement, puis on enlève celles-ci pour opérer à l'heure la plus chaude de la journée et de préférence

par un beau soleil. La plante fécondée sera mise ensuite dans un endroit

clair et traitée comme auparavant, sans diminution d’arrosement. Il sufhrait de laisser la plante se dessécher pour voir jaunir la capsule et provoquer la stérilité des graines.

Si l’on désire obtenir des variétés d'un coloris déterminé, il est essentiel de choisir d'avance les couleurs à marier, comme ferait un peintre sur sa palette et en tenant compte des observations suivantes. En fécondant un Bégonia à fleurs rouges avec un Jaune, la plupart des semis seront à fleurs oranges ; d’autres seront jaune plus foncé ; d’autres rouge brique. Le rouge foncé fécondé par lui-même donnera du rouge plus foncé encore.

S'il s'agit de Bégonia à feuillage, en fécondant par exemple le B. discolor ec le B. Louise Chrétien ou une autre variété du Rex, on peut être assuré que les semis reproduiront à peu près indentiquement le feuillage du père. On opère donc à Coup sûr en laissant bien peu de marge au hasard.

Les graines ne sont cueillies que lorsqu'elles sont bien mûres. Règle générale pour toute loppes naturelles jusqu'au moment de les semer.

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s les graines, on fait bien de les laisser dans leurs enve-

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LE JARDIN FRUITIER ET LE POTAGER

LES MEILLEURS FRUITS POUR LE JARDIN ET POUR LE VERGER

Le Congrès de Pomologie et d'Arboriculture qui s’est réuni à Bruxelles en 1880, s’est occupé d’une manière spéciale du choix des variétés fruitières les plus recommandables.

Nous mettons sous les yeux de nos lecteurs les listes des variétés de fruits

adoptées par le Congrès pour la culture en jardin.

Beurré Giffard , Bon Chrétien William, Clapp’s favourite,

Beurré perpétuel ,

Louise Bonne d’Avranches, Durondeau ,

Soldat Laboureur,

Beurré superfin,

Lady Sufñeld,

Calville St-Sauveur, Empereur Alexandre, Reinette grise haute bonté, Reine des Reinettes,

Early Béatrice, Early Hale’s, Belle Beauce, Grosse Mignonne,

Abricot précoce d'Oullins,

Monsieur hâtif, Belle de Louvain, Reine Claude dorée,

Royale hâtive, Bigarreau Elton,

Madeleine royale,

Tokay des jardins,

Poires

Délices Cuvelier, Beurré Dumont, Fondante du Panisel, Beurré Bachelier, Beurré Sterckmans, Zéphirin Grégoire, Beurré d’Hardenpont , Passe Colmar, Joséphine de Malines, Pommes Comte Orloff, Reinette Ananas, Reinette Descardre, Reinette du Canada, Borawinskji,

Pêches et Brugnons Belle de Vitry Brugnon de Féligny, Brugnon Galopin,

Belle impériale, ?

Abricots Abricot-pêche,

Prunes Coë’s golden drop, Reine Claude d’Altan, Washington,

Cerises Courte queue de Bruges, Griotte de Portugal, Raisins de plein air

Chasselas de Fontainebleau, Bruxelloise,

Doyenné d'hiver Bergamotte Fortunée,

Passe Crassane,

Bergamotte Esperen,

Jules d’Airoles(Léon Leclerc), Président Drouard, Bergamotte Hertrich.

Cox’ pomona, Linneous pippin,

Cellini , Reinette Burchardt.

Brugnon hâtif de Zeelhem, alande

Madeleine rouge. Abricot royal. Kirke’s plum. Griotte du Nord.

Chasselas Vibert, Muscat de Saumur.

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Raisins de serre Serre tempérée Frankenthaler, Foster’s white seedling, Muscat d'Alexandrie, Lady Downe’s seedling. Serre chaude

Black Alicante, Golden queen, Duchess of Buccleugh. Framboises Blanche des quatre saisons, Surpasse Falstaff. Groseilles Grosse de Hollande, Blanche de Hollande, Versaillaise, Fertile de Palluau, Macrocarpa , Cassis royal de Naples.

Les « Actes du Congrès » qui viennent de paraître, renferment les dis- cussions qui ont amené le choix des variétés précitées.

Le même Congrès s'est occupé du choix des meilleures variétés d'arbres fruitiers à planter dans les vergers en vüe du commerce et de la grande consommation. Voici les variétés auxquelles le Congrès a donné la préférence.

Poires Durondeau , Calebasse Bose, Marie Louise, Double Philippe, Fondante des Bois, Beurré d’Amanilis. Pommes Court-pendu, Belle fleur de France, Rambour Papeleu , Belle fleur de Brabant, Gravensteiner, einette grise de Versailles. Prunes , Monsieur (jaune), Reine Claude verte, Bleue de Belgique , Victoria. Cerises Anglaise hâtive, Lemercier,

* Bigarreau Esperen , Montmoreney à courte queue, 0 : . L'époque de la plantation des arbres fruitiers ce moment, nos lecteurs pourront sans nul qui précèdent.

étant des plus favorables en doute tirer parti des indications

#

Em. KR.

APPAREILS D'ARROSEMENT

Dans les cul : ne condition d’ Ge se quelque étendue, la facilité des arrosements est une se . para be majeure; la distribution de l'eau doit pouvoir . aire à tou : : : : üene ser | Chaque Jour, partout elle est nécessaire et bien is A8 His doive présider à tous les travaux, il ne pourra jamais question d'économiser l’eau. Moins l'arrosement exigera de main-d'œuvre

et mieux cela vaudra. Dans les grands établissements d’horticulture, on se borne souvent à amener l’eau dans un réservoir et à relier celui-ci à de moindres bassins disséminés dans les jardins et les serres. À l'établissement de la Compagnie continentale, rue du Chaume, à Gand, l’eau du canal de la Coupure est élevée dans un réservoir, au moyen d’une machine mue par l'électricité, et de répartie dans toutes les serres et dans le jardin

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Fig. 2. Pompe d'arrosement « Model, »

il suffit d'adapter aux orifices des tubes souterrains une lance à jet pour répandre au loin une pluie abondante et bienfaisante.

Le tonneau d’arrosement en tôle suspendu par son milieu entre deux roues est d’une utilité incontestable dans toutes les cultures l’on ne possède pas d'autre mode de distribution. Il est d’un maniement facile, ne fatigue pas l'ouvrier et il est d’une grande solidité.

Les pompes mobiles pour les jardins ont été, dans ces derniers temps, l’objet de nombreux perfectionnements. Elles permettent de prendre rapi-

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dement l’eau à l'étang ou à la rivière, et de la distribuer à jet continu et avec la plus grande régularité, grâce au réservoir à air dont elles sont munies. La pompe dite « Model » se distingue par sa construction simple et soignée. La figure 2 qui accompagne ces lignes donne une idée d’un appareil qui fonctionne avec la plus grande facilité. Il peut se démonter complétement en enlevant quelques boulons. Nous dirions que ce système est parfait si le récipient était suspendu par le milieu au lieu de devoir reposer sur les bras de l’ouvrier quand il s’agit de mettre la masse en mouvement. Nous aimons

Fig. 5. Tonneau d'arrosement à jet continu (1).

moins encore ce même système muni d’une seule roue, parce qu'il présente alors tous les inconvénients des broucttes défectueuses qui donnent toute la charge à l’ouvrier.

Un excellent appareil est le tonneau d’arrosement dont la figure 3 présente les divers fonctionnements. Il est muni d’un tuyau d'aspiration permettant de prendre l'eau au premier bassin venu; il porte ensuite une puissante pompe avec réservoir à air et par conséquent à jet continu donnant une distribu- tion régulière en pluie plus ou moins fine à volonté.

Un tube fixé au bas du tonneau permet d’arroser les pelouses et les allées du jardin.

Un point parfois négligé est la largeur des bandages des roues. Dans les deux systèmes que nous figurons, les bandages ont une douzaine de centi- mètres de largeur, ce qui permet un roulage facile sans défoncer les chemins.

Ém. Ron1cAs.

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S pompes et tonneaux sont déposés à la Compagnie continentale d'Horticulture sand, -

4

CHRONIQUE HORTICOLE

Mars 1882

Plantations de Paris. On s'occupe depuis un mois du remplacement des arbres morts pendant l'hiver, sur les boulevards et les diverses prome- nades de Paris.

Il peut être intéressant, à cette occasion, de donner quelques détails sur les pépinières que la ville de Paris possède pour l'élevage des arbres et arbustes.

Ces pépinières sont au nombre de trois. Les deux premières sont établies au bois de Boulogne , l’une près de la porte d'Auteuil et l’autre dans la plaine de Longchamps. La troisième est située à Bry-sur-Marne.

La pépinière de la porte d'Auteuil, dont la création remonte à 1859, couvre une superficie de 32000 fiètres: Elle produit les arbres et itGustés à « feuilles persistantes. »

La pépinière de Longchamps, qui étend sur une surface de 45000 mètres, produit les arbres et arbustes de toute nature à « feuilles caduques. » Elle est établie sur un sol très propre à la végétation de ces arbres

Quant à la pépinière de Bry-sur-Marne, la plus considérable des trois, puisqu'elle ne couvre pas moins de 185,000 mètres-.carrés , elle sert à l'élevage des plus grands arbres, de ceux que l’on transplante en mottes et qui prennent le nom d'arbres d’alignement. La création de cette dernière pépi- nière remonte à 1869.

# ; +

Nouveautés de Begonia. M. Bruaxr, l’infatigable semeur, vient de livrer au commerce une nouvelle série de 2. discolor-Reæ, fort remarqua- bles et qui surpassent en beauté toutes les variétés connues. On annonce de tous côtés des nouveautés dans ces types, c'est à croire que les jardiniers de campagne se sont donné le mot pour inonder les cultures de leurs pro- duits faciles à obtenir. Abondance de biens nuit. Nous pensons qu'il y a assez de variétés dans ce genre et qu'aujourd'hui les Discolor-Reæ sont aussi variés que les anciennes variétés de Rex et suflisamment nombreux.

Que les semeurs se reposent donc, ou mieux qu'ils aient recours à de nouveaux types : le Begonia Diadema, cette merveilleuse introduction de l'île de Bornéo, figurée dans cette livraison, et les Begonia Teuscheri, trois variétés, dont l’ZZustration a publié une jolie planche en 1879. Voilà def types qui donneront du neuf. Ces variétés seront mises au commerce cette année par la Compagnie continentale d'Horticulture.

Ombrages des serres. Nous ne saurions assez recommander l’em- ploi des claies en bois pour l’ombrage des serres. Ces appareils se vendent

TOME XXIX 1882, 3mMe LIvR,

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aujourd'hui à très bon marché, sont d’un emploi commode et conviennent bien mieux que n'importe quel autre système pour mettre les plantes à l'abri de la trop grande lumière ou des rayons du soleil. Ces claies sont en châssis qui se déplacent facilement ou simplement en forme de stores, pouvant se rouler et se dérouler pour ombrer ou désombrer. On les fixe alors au sommet de la serre et il suffit de retenir ou de lâcher une corde pour donner plus ou moins de lumière. *% * *

La Société royale de Flore de Bruxelles annonce pour le 30 avril prochain l'ouverture d’une grande exposition d’horticulture. De beaux prix sont offerts pour des collections de plantes fleuries, Orchidées, Palmiers, plantes ornementales, Azalea, etc. S'adresser pour les programmes à

À UBBERS, secrétaire de la Société,

La Société nationale et centrale d'Horticulture de France annonce également une exposition qui s'ouvrira du 23 au 29 mai prochain au local de Société, 84, rue de Grenelle Saint-Germain, à Paris.

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Brahea dulcis. La Compagnie continentale d’'Horticulture vient de recevoir une importation de graines de ce magnifique Palmier si rustique sous le ciel de la Méditerranée. Ces graines sont en parfait état et pro- mettent de beaux semis.

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Hybridations. Nous ne partageons pas l'opinion de notre collabo- rateur, M. J. Moexs, sur l'obtention des variétés () par semis, quand il dit que le coloris importe peu dans le choix des porte-graines. La couleur des espèces à marier est, selon nous, d’une grande influence sur le résultat des hybridations.

Aïnsi, féconder entre elles des plantes à coloris défectueux, telles que le Spatyphyllum heliconiaefolium, par exemple, avec le Spatyphyllum (Anthu- rêum) Dechardi, serait compter sur un hasard par trop providentiel pour espérer un résultat satisfaisant et tenter un semeur intelligent. La fleur verte de l’une de ces espèces et celle à moitié verte de l'autre ne peuvent rien produire de bon. Cela est de toute évidence. Mais féconder un AntAu- rium Andreanum par un À. ornatum serait une toute autre affaire !

Nous croyons que M. Moss est du reste de notre avis, car après avoir dit que le coloris importe peu, il écrit plus bas : « Si l’on désire obtenir des « variétés d’un coloris déterminé, il est essentiel de choisir d'avance les

« couleurs à marier. » C’est un conseil que nous donnons également à nos lecteurs, + #7 *%

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(') Zlustration Horticole, 2e livraison 1882, page 32.

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Les arbres fruitiers en espalier exigent à la fin de l'hiver un abri contre les gelées tardives, d'autant plus redoutables que la température a été plus douce, comme c’est le cas cette année. Le 28 février, nous avons vu à Gand des abricotiers sur le point d’épanouir leurs fleurs. Si l'on dispose de châssis vitrés ou de serres mobiles, on les place et tout est dit. A défaut de ces abris. de loin les meilleurs, on peut recourir aux chaperons qui placés au dessus des arbres, garantissent suffisamment ceux-ci contre les effets désas- treux du rayonnement nocturne. Les claies à jour peuvent être employées aussi, de même que des branchages de sapin. Il est imprudent de se servir de paillassons. Tout annonce une floraison abondante.

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L'hiver de 1881-1882, succédant à deux hivers d'une rigueur exCep- tionnelle, aura été d’une douceur extraordinaire. À la station de météorologie établie au Jardin Zoologique de Gand, les thermomètres comparés n'ont pas marqué une seule fois c. de tout le mois de janvier; il y a eu une seule fois c. en février, le 2. D’autre part, les maxima ont été de+11°2 c. le 6 janvier, et +155 c. le 18 février. Il n’est donc pas étonnant qu’une série de plantes vivaces n’ont pas interrompu leur végétation et que bien des arbustes reverdissent dans les jardins. Les Helleborus olympicus, H. abshasicus, H. niger ont fleuri durant tout l'hiver; les Anemone Hepatica étaient en pleine floraison le 18 février, ainsi que les Scilla bifolia, lOmphalodes verna et bien d'autres. Nous avons vu le 28 février une planche de fraisiers offrant de nombreuses fleurs en plein jardin et des boutons de Clematis azurea extrême- ment gonflés.

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L'Alocasia Putzeysi a été signalé comme étant originaire de Java. Notre savant collaborateur M. N. E. Browx nous prie de rectifier cette assertion et de mentionner que l'espèce provient de ‘Sumatra.

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Plantations d'arbres. Ceux dont les plantations d'arbres ne sont pas terminées, feront bien de se hâter s'ils ne veulent s’exposer à de grands déboires. La végétation avance rapidement et il importe que les radicelles aient le temps de se refaire pour que la reprise des arbres déplantés soit assurée. Les arbres replantés ne peuvent subir aucune taille. Les opérations de la taille d'hiver des arbres à demeure doit être terminée au plus tôt. Pour transplanter les Conifères, on peut attendre jusqu’au mois d'avril.

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Destruction des pucerons. Un de nos abonnés nous demande le remède le plus efficace contre les pucerons. C'est l'emploi du tabac soit en fumigation, soit en arrosement, soit en fine poussière. La fumigation est préférable partout elle est possible et elle l'est même en plein air. Pour cela, on entoure l'arbre d’une toile mouillée et on place sous celle-ci un petit fourneau avec des cotes de tabac. L'emploi de l'acide phénique, 1 partie

d'acide sur 100 parties d’eau, nous a aussi réussi en aspersion. On recom- mande encore le jus de tabac dont il existe actuellement des fabriques.

% *X *

Gynura aurantiaca. Les multiplications de cette plante nouvelle, tant recommandée par la presse horticole pour corbeilles-parterres pendant la bonne saison, sont assez avancées pour permettre à la Compagnie continentale d'horticulture d’en commencer les expéditions à partir du 25 mars. C'est une nouvelle qui sera reçue avec satisfaction par les nombreux souscripteurs.

* . *

Phénologie végétale. Ceux qui s'intéressent à l’étude des phénomènes

périodiques de la vie des plantes, s’empresseront sans nul doute de répondre à

l'appel de deux savants, MM. le Prof. H. Hormaxx et le D' Ec. Inxe, de

Giessen (Hesse), qui ont l'intention de publier des cartes phénologiques d'Europe. Ils demandent aux observateurs de vouloir leur faire connaître la date exacte de la première floraison et de la maturation du premier fruit des plantes suivantes dont ils nous communiquent le tableau.

A) Épanouissement de la première fleur

1* Ribes rubrum . . . . 14 Avril. 12 Crataegus oxyacantha . 9 Mai. 2. Rues vint. 2: 719 13 Cytisus Laburnum . . 15 » 3* Prunus spinosa . : . . 90 » 14 Sarothamnus vulgaris. . 14 » 4 Prunus Cerasus . . . . 22 » 15 Cydonia vulgaris 1 »

Ge Pronos Pains . + . . 94 » 16 Sorbus aucuparia 153

6 Pyrus communis. . . . 93 » 17* Sambucus nigra : 28 »

7 Pyrus Malus . ue 265 18 Secale cereale a 8* Syringa vulgaris. . . . 4 Mai. 19 Atropa Belladona . . . 29 » 9 Lonicera tatarica . . . » 20: Vitis-vihéiem ,; © -:. 15 Juin. 10 Narcissus poëticus . . . 5 » 21 Tilia europaea (grandiflora) 22 » 11* Aesculus Hippocastanum. 7 » 22* Lilium candidum . . . 1dJuillet.

On insiste particulièrement sur les observations des plantes dont le numéro est marqué d’un astérisque *.

B) Maturation du premier fruit

23 Ribes rabram + , 91 Juin. 27* Sambucus nigra . . 11 Août.

24 Lonicera tatarica. . . 1 Juillet. 28 Aesculus Hippocasta -

25 Sorbus aucuparia Fe » num 17 Septembre. 26 Atropa Belladona . . 2 Août. Ho :

Les dates indiquées dans ces listes sont celles de la date moyenne des obser- bone faites à Giessen pendant une série d'années. Il est important de noter que les plantes doivent étre en plein jardin, isolées autant que possible et nullement cultivées à l’espalier.

Luc. Linoex et Ém. Ronrcas.

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| ; 10 copyright reserved

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KUNTH

DESIGN

PI. CCCCXLV

AGLAONENA PICTUM Kuvrn AROÏDÉES

ÉTYMOLOGIE. Des mots grecs y), brillant, et vu, fil, par allusion aux étamines blanches de la fleur.

CHARACT. GÉNÉR. (emend). Spatha inferne plus minusve convoluta, superne hians; tubo subnullo vel distincto sed non constricto, limbo late aperto concavo vel cucullato, a tubo non distincto. Spadix androgynus, densiflorus, sessilis vel stipitatus, spatha brevior vel longior; parte feminea pauciflora cum neutra vel mascula cylindrica vel clavata arcte contigua et 3-4-plo breviore. Ovarium 1-2-loculare, ovulum solitarium anatropum subsessile basifixum. Stylus crassus perbrevis. Stigma magnum discoideum vel infundibuliforme-excavatum. Antheræ compresso-cuneatæ truncatæ ; connectivum crassum; loculi oppositi vel suboppositi in vertice poro vel rimula transverse reniformi dehiscentes. Baccæ ellipsoideæ vel oblongo-ellipsoideæ, croceæ vel coccineæ, 1-2-spermæ. Semen ellipsoideum, erectum; embryo macropodus, albumen nullum. Fructiculi humiles erecti; foliis petiolatis, petiolo vaginato, lamina oblonga, elliptica, vel oblongo- lanceolata, integra, penninervia, nervis primariis lateralibus adscendentibus vel paten- tibus, curvatis, usque ad marginem excurrentibus. Pedunculi solitarii vel plures ex una axilla.

Species ad 15, Indiæ orientalis, Archipelagi Malayani, et Africæ tropicæ incolæ.

Aglaonema, Scmorr, Meletemata, 1, p. 20; Gen. Aroid. t. 59; Prod. Aroid., p. 300.

uxru, Enum. II, p. 54. Enezer in DC. Monog. Phanerog. IT, p. 456. .

CHARACT. SPÉCIF. Caulis erectus, teres, levis, annulatus, 5-6 lin. crassus. Petiolus 1 :/,-2 ‘/, poll. longus, usque ad 1/,-°,, vaginatus. Lamina subinæquilatera, elliptica elliptico-ovata oblonga vel oblongo-lanceolata, sensim vel subabrupte acuminata, mueronata, 4-7 poll. longa 2-2°/, poll. lata, velutino-atroviridis maculis nebulosis albidis vel alboviridibus pulcherrime irregulariterque picta; nervis primariis lateralibus utrinque 4-6, adscendentibus, prope marginem sursum curvatis. Pedunculus 1 :/,-2'/, poll. longus, teres, 1 1}, lin., crassus, viridis. Spatha alba vel albo-virescens 1-1‘/, poll. longa, inflato- ellipsoidea (sacciformis) cuspidata , usque ad ‘/-*}, convoluta, ore elliptico. Spadix stipi- tatus, clavatus, spathà longior, per os spathæ protrusus ; parte feminea 3 lin. longa cylindrica, ovariis viridibus, stigmatibus subsessilibus pallide aurantiaco-brunneis ; parte neutra 3-4 lin. longa, cylindrica, alba, organis neutris compresso-cunealis, truncatis , levibus ; parte mascula 6 lin. longa, fusiformo-clavata , obtusa , alba.

Habitat in Sumatra boreali prov. Atchin.

Aglaonema pictum KunTH, Enum. PL. III, p. 55!; Scnorr Synop. p. 122, Prod. p. 305 parte (excl. specim. in Herb. Hooker-Wallich 8960 B); Miquez, F1. Ind. Bat. II, p. 217 ; Exczær in DC. Monog. Phanerog. 1, p. 457 (parte). Calla picta, Roxs. F1. Ind. IX, p.516! ; Wicur, Zcones, III, t. 804!

Cette charmante nouveauté est de loin la plus belle espèce du genre parmi celles qui ont été introduites jusqu'à ce jour dans nos cultures. La seule

nn 4

espèce à feuillage panaché que l’on possédait dans les jardins est l’A glaonema commutatum SCHOTT, originaire des îles Philippines, de beaucoup inférieure en beauté à la plante que nous décrivons. L’Aglaonema pictum est une brillante Aroïdée de serre, à tige arrondie assez fine. Les feuilles, de forme variée, tantôt elliptiques, tantôt oblongues ou oblongues lancéolées , sont arrondies à la base et graduellement sinon brusquement acuminées au som- met, longues de 4 à 7 pouces, larges de 2 pouces à 25/,. Elles sont d’un beau vert foncé velouté, agréablement panachées de larges macules et de points irréguliers blanchâtres. La nervure médiane est quelque peu proémi- nente et légèrement canaliculée au-dessus, proéminente et arrondie en dessous, munie de chaque côté de 4 à 6 nervures principales latérales, enfoncées supérieurement et ressortant à la face inférieure. Lorsque la plante est fleurie, ses blanches inflorescences la rendent plus attrayante encore. La spathe de cette espèce est remarquable par sa curieuse forme en pochette et son spadice noueux se faisant jour à travers l’orifice étroit au sommet.

Nous connaissions cette intéressante espèce par la description que fit RoxeurGx d’une plante introduite de l’île de Sumatra au Jardin botanique de Calcutta, au commencement de ce siècle, Mais depuis cette époque jusqu'à nos jours il n’en fut guère question en Europe, si ce n’est d’après la descrip- tion et le dessin tracés par RoxBurGn : en effet, la planche dans les Zcones de Wicnr n'est qu'une copie de ce dernier! La description donnée par _ScHoTT dans son Prodrom. Aroid, page 305, a été faite en partie sur les documents qui viennent d’être cités, et en partie sur un spécimen (Waz- LICH 8960 B) de l’herbier de Hookgr (maintenant dans l'Herbier de Kew); ce spécimen est originaire de Chappadong et semble être une espèce entière- ment différente. Sans avoir vu ce spécimen, EnGzEr adopte la description de Scnorr et l’unit à VA glaonema gracile Scott. Nous n'avons pas vu de spécimens de ce dernier et par suite nous ne pouvons affirmer s’il s’agit ou non de la même espèce que l'A. pictum.

Quoi qu'il en soit, l'Aglaonema pictum vrai a été introduit avec succès l'année dernière de Sumatra à l'Établissement Linden. Nous le répétons, c’est une charmante espèce dont la valeur ornementale sera bientôt appréciée; elle pourra entrer en lice avec le Joli Schismatoglottis Lavalleei dont la planche 418 de l’Æustration horticole à donné le portrait. Il semble exister deux variétés de l'espèce, l'une aux feuilles un peu plus grandes, plus allongées et plus acuminées que chez l’autre, mais elles sont les mêmes sous les autres rapports.

La culture est en tous

points semblable à celle du Schismatoglottis ou du Dieffenbachia ; 1]

se multiplie comme ce dernier. N. E. Browx.

. Linden, publ

L'ILLUSTRATION HORTICOLEN * |

BEGONIA DIADEMA horr. uno.

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Chrom. P. De Pannemaeker.

pousse. 146uAd0o9 Lu

0 6: 8 LE 7 » 0 se Resa se Rec ha a Pc TT CPP Eee Le

PI. CCCCXLVI

BEGONIA DIADEMA nor. uno.

BÉGONIACÉES

ÉTYMOLOGIE et er SALUE : Voir Illustration Horticole, 1875, p- 170 et DC. Prodrom. XV,S$. I,

CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : din nobis hucusque dubia ; nondum flores neque fructus , plantam nempe parvulam vidimus. .R

La plante dont la chromolithographie ci-jointe pourra donner une idée, mieux qu'une longue description, a été introduite de l'Ile de Bornéo, lan dernier, par l'établissement Linden. C’est sans conteste une forme typique de plus venant s’ajouter à toutes celles qu'à déjà présentées le genre Begonia. De sa tige courte et charnue partent des feuilles nombreuses portées sur des pétioles arrondis, érigés, vert tendre, marqués de quelques macules blanches allongées. Les feuilles sont profondément digitées-lobées; les lobes sont irréguliers, ovalaires acuminés, à bords irrégulièrement dentés; les feuilles sont légèrement bulleuses, entièrement glabres et luisantes. Le fond du coloris est vert clair; sur ce fond se détachent des macules blanches, disposées sans régularité par bandes ou séries longitudinales comprises entre les nervures secondaires. De petites villosités marquent le centre de chaque macule. Ces macules blanches et brillantes ont motivé la dénomination peut-être provi- soire de la plante. La page inférieure de la feuille est marquée autour de la base d’une zone rougeâtre; quelquefois le bord prend cette même coloration qui se trahit alors jusque sur la page supérieure. Les stipules sont lancéolées, terminées par une longue pointe; elles sont blanchâtres. Cultivée en boule, la plante acquiert une hauteur d’une trentaine de centimètres.

Aujourd'hui que les efforts des semeurs sont dirigés vers la ie de croisements caractérisés tel est le cas surtout pour les Begonia le nouveau venu apportera sans doute son contingent comme élément pour l'hybridation et pourra augmenter ainsi les exemples de polymorphisme déjà si nombreux dans le genre qui nous occupe. Les semeurs feront bien de se souvenir de ce que les hybrides sont généralement intermédiaires entre les parents, mais que souvent ils se rapprochent davantage du père, c’est à dire du sujet dont le pollen a servi à la fécondation.

La culture du Begonia Diadema est celle des Begonia à feuillage; ce

sera une plante à ajouter dans la jardinière des appartements.

Ém. Ronrcas.

BIBLIOGRAPHIE

Maxvez DE LA FLork ne BezGique. M. Fe. CRÉPIN, directeur du Jardin botanique de l’État à Bruxelles, vient de faire paraître, à la librairie Mavozez, la quatrième édition de ce manuel dont la réputation est depuis longtemps solidement assise. Aujourd’hui que l’enseignement de la botanique fait partie de l’enseignement officiel des écoles primaires et moyennes, ce livre sera de la plus grande utilité aux professeurs et aux instituteurs. Ils y trouveront des indications précieuses concernant la confection des her- biers et la description des familles et des genres disposés d’après la méthode dichotomique.

* *%

BuzLETIN DE LA FÉDÉRATION DES SOCrÉTÉS D'HoRTICULTURE. Le volume de l’année 1880 qui vient de paraître renferme plusieurs documents d’une réelle importance ; ce sont : une relation de l'exposition nationale d’horti- culture, de pomologie et de culture maraîchère d’après le Moniteur belge, et les journaux politiques. Cette relation est accompagnée de deux planches qui pourront donner une idée de l’ensemble et de la grandeur de cette partie de nos fêtes nationales. Ensuite viennent les actes du Congrès horticole d’An- vers. (78 pages). Puis la neuvième édition de la liste des jardins, musées, revues, et botanistes du monde (188 pages), liste dressée par M. MORREN et dont l'utilité est appréciée de plus en plus. Ce volume se termine par un mémoire du D' H. Wawma sur les Broméliacées brésiliennes découvertes par lui en 1879 (76 pages). À notre point de vue, la pagination de ce Bulletin est défectueuse. Cette observation concernant la forme ne vise en rien le . mérite incontestable de cette publication.

*

+ _*

ACTES DU CONGRÈS DE POMOLOGIE DE 1880. Le Bulletin de ce Congrès tenu à Bruxelles en 1880 (192 pages) vient de paraître. Il renferme indépen- damment des séances du Congrès des mémoires sur les meilleures variétés de fruits pour la culture en jardins , Sur les meilleurs fruits de grande production js ke Consommation , sur les procédés pour hâter la fertilité des arbres Tru ., # Li . D L2 .

i es sur les variétés fruitières perdues à la suite de l'hiver 1879-1880, sur celles qui ont résisté au même hiver, etc. Il est fâcheux que cette publi- cation ne soit pas dans le commerce.

* * %*%

D: Neuserr's MAGazix. Cette publication, arrivée à la 35° année de son existence, est rédigée désormais par M. Max Kozs, inspecteur du Jardin botanique de Munich et le D'J.E. Wruiss, botaniste, Fe vaillant éditeur qui demeura depuis de si longues années sur la brèche, avait acquis des droits serieux au repos. Entre les mains expérimentées de deux hommes jeunes et instruits, dont l’un, M. Wars, fut l'assistant du célèbre Nice, de Munich cette utile publication sera dignement continuée. :

Ém. R.

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DE KERCHOVE DE DENTERGHEM

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LE COMTE CHARLES DE KERCHOVE DE DENTERGHEM

Le souvenir du Comte CrARLES DE KERCHOVE DE DENTERGHEM demeurera comme celui d’une des grandes figures de l’horticulture contemporaine. Tous ceux qui ont assisté depuis trente ans aux floralies quinquennales gantoises, se rappelleront les traits de l’homme affable et distingué qui fut pendant de longues années, comme président d'honneur d’abord, comme président effectif ensuite, à la tête de la Société royale d'Agriculture et de Botanique de Gand et dont la mort, survenue le 21 février dernier, 4 été considérée avec raison comme un deuil public. C’est que par son caractère il avait su conquérir d’universelles sympathies; c’est que, en outre, ses connaissances étendues en horticulture et la création de ce monument floral connu sous le nom modeste de jardin d'hiver le rendirent célèbre dans le monde entier : aussi tous les organes de la presse horticole, les uns après les autres, aiment à rendre hommage à sa mémoire.

CHarces ConsranT Gxriszain ComTrE pe KERCHOVE DE DENTERGHEM naquit à Gand le 4 Juin 1819. A peine eut-il terminé ses études à l’Université de sa ville natale, à l’âge de 20 ans, qu'il prit à cœur tout ce qui touche aux progrès des arts et des sciences, au développement moral et intellectuel du peuple, au progrès de toutes les industries don le chef-lieu de la Flandre était alors le siége. Son amour des fleurs, la grande passion de sa vie, le porta de bonne heure à donner tout son appui à ceux qui s’occupaient d’horti- culture. Ses riches collections acquirent bientôt cette haute renommée qu’elles justifièrent à nos grandes expositions florales et que son goût éclairé sut leur maintenir toujours.

Depuis l’année 1848 il fit partie de la Commission administrative de la Société royale d'Horticulture et de Botanique de Gand; en 1859 il en devint le président d'honneur ; à la mort du président DE GHELLINCK DE WALLE, il consentit à devenir le président effectif de la Société du Casino, la plus impor- tante du pays, et contribua dans une large mesure à lui conserver sa prépon- dérance. À la même époque, il accepta la présidence du Cercle d’Arboriculture de Belgique dont il encouragea la fondation et le développement et qu’il aimait à ranger parmi les œuvres véritablement utiles à la patrie. Dans une cir- constance récente, lorsque le Comité central de ce Cercle vint lui remettre le diplôme d'honneur que lui vota l’assemblée générale du 18 décembre dernier, l'estimé président promit au Cercle un concours plus actif et plus dévoué que par le passé, alors que ses fonctions administratives ne lui permettaient pas toujours de satisfaire à ce qu’il appelait ses plus chers désirs. Hélas ! on était loin de songer alors au fatal dénouement qui à jeté la consternation dans le cœur de tous ceux qui connurent cet homme de bien.

Dans les importantes fonctions électives auxquelles l’appelèrent ses conci- toyens, il se distingua par sa droiture, sa fidélité à ses devoirs et sa mansué- tude. Conseiller provincial, bourgmestre de Gand durant vingt-cinq années,

tour à tour membre du Sénat et de la Chambre des Représentants, le Comte DE KERCHOVE DE DENTERGHEM rendit d'éminents services à sa ville natale et à son pays et, malgré sa position de fortune, il ne songea au repos que lorsque la maladie ne lui permit plus de remplir toutes les fonctions dont il était revêtu. Ses traits que nous reproduisons d’après le Gardeners Chronicle _trahissent le mal qui depuis plusieurs mois donnait de vives inquiétudes à sa famille.

Les funérailles du Comte ne KercHove De DENTERGHEM ont eu lieu le 25 février, au milieu d’un concours immense de monde appartenant à toutes les classes de la société. Des députations des corps constitués, de nombreuses écoles, les sociétés les plus considérables formaient à sa dépouille mortelle un imposant cortège, et parmi elles les sociétés horticoles, le Casino, le Cercle d'Arboriculture de Belgique, la Fédération des Sociétés d’'Horticul- ture dont il était Vice-Président, la Chambre syndicale des Horticulteurs belges, la Compagnie continentale d’Horticulture, portant de splendides couronnes funéraires, disaient assez haut de quelle reconnaissante sympathie l’horticulture entourait celui qui n’est plus. Cette sympathie, elle saura la reporter sur sa famille et spécialement sur son fils aîné, M. le Comte Oswazn DE KERCHOVE De DENTERGHEM, gouverneur du Hainaut, connu par ses nom- breux écrits horticoles et botaniques.

L'horticulture a consacré le nom du Comte ne KerRCHOvE en lui dédiant des plantes parmi les plus durables; elle conservera toujours le souvenir de sa grande affabilité, de l'élévation de son caractère, de la générosité de son cœur.

LE JARDIN FRUITIER ET LE POTAGER

LES GROSEILLIERS EN ARBRE

Dans un des derniers numéros des Bulletins d'arboriculture, M. le pro- fesseur Fr. BuRvENICH appelle l'attention des amateurs sur la culture du Groseillier épineux et en particulier sur la formation de cet arbuste en petit arbre d’après le modèle ci-joint que l’auteur a bien voulu mettre à notre disposition. Voici comment s'exprime M, Burvenron :

« Le Groseillier épineux ne prend que difficilement la forme arborescente et quand on y parvient, l’arbuste se met constamment en insurrection contre cette allure anormale qu’on lui impose, en rejetant des drageons en grand nombre; c’est la lutte de la nature contre l’art. Pour obtenir les Groseilliers à tige, 1l faut les greffer sur un pied vigoureux à hauteur de couronne, hauteur qui peut varier de 1 à 2 mètres, mais il est bon de ne pas exagérer l'élévation

Se Te

des tiges. On se sert comme sujet du Ribes aureum, un Groseillier d'ornement qui produit une petite grappe de fleurs jaunes. C’est le sujet employé en Allemagne, ces Groseilliers tige sont très en vogue. »

Un ancien élève de l’École d’horticulture de Gand, M. R. Mosiscx, pratique cette culture sur une très grande échelle, à Treptow. Les tiges plantées en pots sont greffées en terre les greffes reprennent très facilement. M. Bur- VENICH signale encore un Groseillier épineux semblant participer du Cassis et

Fig. 4. Groseillier en arbre,

du Ribes uva crispa; cette forme est, dit-il, un bon sujet pour le greffage des Groseilliers épineux. L'auteur à vu chez M. le baron Enc. DE HEusCH, à Maestricht, une culture considérable de Grosseilliers épineux conduits en touffes évasées. Une de ces touffes a produit au-delà de seize kilos de gro- seilles mûres.

La culture du Groseillier épineux est trop négligée; elle pourrait cependant être très lucrative.

DÉCORATION DES SERRES-SALONS ET JARDINS D'HIVER. D'APRÈS LE STYLE PITTORESQUE

Avec la marche ascendante de notre civilisation, se développe le goût de la culture en serre des plantes tropicales, que l’on emploie de plus en plus pour décorer les salons, surtout les espèces à grand feuillage ornemental, dont l'effet est si majestueux dans les appartements; on commence même à adopter beaucoup le genre serre-salon et jardin d'hiver annexés aux appar- tements, ce qui est préférable aux anciennes serres que l’on construisait loin des habitations et dans les coins les plus obscurs du jardin. Cette heu- reuse transformation dans le but et la disposition des serres procure aux vrais amateurs de plantes, les plus douces et paisibles jouissances ; surtout à ceux qui ont le feu sacré et qui savent apprécier comme elles le méritent, les merveilles renfermées dans le trésor de Flore.

Les architectes chargés de la construction des hôtels riches et même des maisons bourgeoises devraient réserver dans une aile de ces habitations un emplacement pour élever un petit temple à la déesse des fleurs, les plantes tropicales à feuilles ornées et colorées en même temps que les fleurs les plus variées et les plus suaves viendront suppléer à celles des jardins de plein air, à cette époque de l’année, pendant laquelle dit GrorGes SAND « l'hiver étend ses voiles gris sur la terre attristée, le froid siffle et pleure autour de nos toits. Le branchage des plantes se dessine en noir dans l'air chargé de gêlée blanche. Le soleil vient de faire ses adieux à la terre et les roses du Bengale tombent effeuillées sans avoir pu éclore et s'épanouir. »

C’est surtout dans les villes que les serres-salons et jardins d'hiver offrent de l'agrément pour varier les distractions qu'on est obligé de se procurer à l’intérieur pendant toute la durée de la saison froide, neigeuse et pluvieuse; si on passe facilement sa soirée au théâtre ou dans les salons en compagnie de nombreux amis, que faire pendant la Journée et surtout dans la matinée ou la plupart du temps, on ne sait, comme on dit vulgairement porter ses pénates. Dans une serre annexée à l'appartement on peut s'y rendre à chaque instant sans s’exposer aux changements brusques de la température extérieure, et s'y procurer tous les Jours de nouvelles distractions en voyant se développer les plantes et s'épanouir les fleurs aux coloris riches et écla- tants, qui s’y succèdent continuellement, si le choix des sujets a été fait de façon à avoir des plantes dont la floraison se succède pendant tout l'hiver.

L'automne avant de s'éloigner, n’a pas manqué non plus de détruire les plantes de serre momentanément plantées dans nos jardins; nous avons encore l'avantage, en leur procurant un abri à l'intérieur, de les faire échapper à une mort certaine et de continuer à en avoir la jouissance en les remettant de nouveau à l'air libre au printemps suivant et prolonger ainsi leur existence.

Parmi les hôtels maisons particulières, ce genre de serre-salon et jardin d'hiver à été appliqué avec succès , nous citerons : l'hôtel de la reine

Isabelle d'Espagne, 19, avenue Kléber, à Paris, se trouvent deux pavil- lons vitrés annexés bts et à gauche de a dios à la hauteur du premier étage et rs de plantes tropicales qui les transforment en déli- cieux jardins d'hiver.

Passy on voit également, mais dans des proportions plus modestes, des serres-salons annexées au rez-de-chaussée des habitations, parmi elles nous citerons : celles de l'avenue d’Eylau, 141, communiquant avec l’appar- tement par un couloir vitré; celle de l'avenue du Trocadéro, 133; celles du boulevard de Courcelles, 40; celles de l’avenue Friedland, 17 et 59: celle de la place de l’Étoile à l'angle de l'avenue des champs Élysées et bien d’autres, formant de jolis pavillons vitrés communiquant directement avec le salon ou la salle à manger et qui sont également remplis de plantes tropicales.

Dans un petit volume sur la culture des plantes de serre chaude et tem- pérée, que nous avons publié à la librairie agricole, 26, rue Jacob, à Paris, nous avons donné, page 24, la vue intérieure d’une serre-salon disposée dans le style naturel, auquel nous renvoyons le lecteur que cette question intéres- serait et pour de plus amples renseignements sur la culture des serres et jardins d’hiver en général.

n ne choisira donc plus, lorsqu'on voudra se donner le luxe d’une serre, un emplacement éloigné de l'habitation. Il est vrai que ces serres n'étaient autrefois que de simples refuges de plantes, mal rangées sur des gradins, avec leur vilaine poterie exposée à tous les regards; des tuteurs dépassant les plantes mal fagotées et emprisonnées dans des vases étroits, périssant d’épuisement faute d’une nourriture suffisante, ravies à leur pays et à la liberté. Les pots et les gradins n’ont de raison d'être que pour les horticul- teurs qui font profession d'élever, dans le plus petit espace possible, le plus grand nombre de plantes pour leur commerce.

Mais quand il s’agit des amateurs qui considèrent la serre comme un luxe et une distraction amusante, qui veulent un jardin d'hiver pour remplacer les douces jouissances de leur maison de campagne, interrompues pendant toute la saison des frimas, on comprendra qu'ils veulent autre chose que des serres-remises et qu’il leur faut non seulement les fleurs qui leur sont refusées momentanément par la nature endormie de leurs jardins, mais encore un véritable bosquet tropical, quelque coin du paradis terrestre, ce qui peut être facilement obtenu au moyen de ces jolies plantes tropicales à feuillage orné et coloré et autres, dont l’horticulture dispose aujourd’hui en si grand nombre d'espèces et SrÈte charmantes. Pour obtenir ce résultat, ils n'auront qu'à substituer aux anciennes serres dont nous venons de parler les serres- salons et jardins d'hiver, communiquant directement avec l'appartement du rez-de-chaussée autant que possible, parce que le service y sera plus facile, en remplaçant aussi les anciens modes de culture en pots et sur gradins par un jardin paysager et pittoresque dans le style naturel et mouvementé.

Nous avons organisé autrefois une serre de ce genre au château de Fumay (Ardennes) avec de vieilles souches de chênes à moitié consommées dans la

MISSOURI BOTANICAL GARDEN.

terre, et que nous avons employées à la construction d’un rocher qui était dis- posé contre la muraille du fond de la serre et qui avait près de quatre mètres de hauteur ; ces vieilles souches d’arbres abattus depuis longtemps, dont on peut se procurer des quantités dans la forêt des Ardennes, se relient facile- ment entre elles et constituent un genre de rocher en bois très difforme, il serait impossible de voir la main de l’ouvrier. Sur toutes les parties sail- lantes et dans les creux, nous avons planté toutes sortes de plantes tropicales dans du sphagnum, elles ont acquis un développement et une vigueur extraordinaires. Un bassin rempli de poissons rouges et de plantes aquati- ques avec chute d’eau, dont le trop plein alimentait un petit ruisseau torren- tiel descendant en cascatelles (dans des bacs en zinc garnis sur les côtés intérieurs de pierres rocailleuses et au fond de sable de rivière afin de dissi- muler le zinc) faisant le tour de la serre, complétait ce genre de décoration. Quant aux espèces grimpantes, au lieu de les palisser sur les murailles qui étaient revêtues de rocailles garnies de plantes, nous les avions fait monter Jusque sous les vitres de la serre, elles se suspendaient accrochées à une charpente de baguettes suspendue sur des fils de fer tendus à quinze centi- mètres du vitrage. Là, les Cissus discolor, Echites nutans, Bignonias, Passi- flores, Clerodendrons, etc., formaient une délicieuse verdure en ombrageant ce petit bocage tropical couvert de vitres.

Parmi les autres matériaux employés pour la construction des rocailles dans les serres et jardins d'hiver, il y a les pierres poreuses, aussi difformes et perforées que l'on puisse trouver ; le ciment, que l’on travaille aujourd’hui très bien et avec lequel on peut faire des rochers artificiels, et enfin les gros morceaux de machefer qu’on peut se procurer dans les usines qui ont des fourneaux alimentés au charbon de terre; ces scories s’attachent facilement sur la muraille au moyen d’un peu de ciment, de façon à la recouvrir com- plètement , avec des parties saillantes ou renfoncées pour y nicher les plantes, soit dans le sphagnum, soit dans Ja terre de bruyère.

Lorsque les serres-salons ou jardins d'hiver tropicaux sont placés à un premier étage, la première chose à faire est de rendre le sous-sol imper- méable en cimentant le fond sur lequel on place encore, si c'est nécessaire, pour empêcher l'infiltration, des feuilles de plomb soudées ensemble et recou- vrant toute la surface souterraine, avec des gouttières drainées et un tuyau pour éconduire les eaux d'arrosage à l'extérieur, afin d'avoir un sous-sol constamment perméable qui ne retienne pas trop l'humidité et qui ne pour- risse pas la maçonnerie qui le supporte. Après avoir pris ces précautions et

placé l'épaisseur de terre voulue dans les plates bandes et les massifs, pour y planter les végétaux en pleine terre, on nivèle le terrain pour lui donner la forme d’un jardin paysager et pittoresque.

(A continuer.) G. DELCHEVALERIE.

. Epidendrum stramineum, Ldl., Lind

. Epistephium amplex

? mr yes

. Evelyna Cllantius) capitata, Pôpp. Ldl., Orch.

51

PLANTES

INTRODUITES

ET MISES POUR LA PREMIÈRE FOIS DANS LE COMMERCE

PAR J. LiINDEN (!)

(Suite des Orchidées)

Bonpl. II, 282, Colom- bie, 1849. tigrinum, Linden, Orch. Lin-

denianae, Venezuela, 1842.

tipuloideum, Rchb., Vene- zuela , 1846

torquatum, Ldi. , PL Hartweg., Colombie, 1843.

tricolor, “ia Cat., Colom- bie, 1868.

vaccinioides, Rchb., Vene- zuel

4 4 =

I, Venezuela, 1870.

xicaule, Rchb., Colombie, 1867.

Frederici Guilielmi, Rchb., Colombie, 1867

sessilifolium, Rchb., Colom-

Ldl., Pescatorea, ce 1847, Colombie,

Lind.,

Sue a, 1842

columnaris, Ldl. Te Lind., Vire , 1842.

coriifolia, Rchb., Schlech. B. Z. Colombie, 1848. bractescens, Ldl.,Orch. Lind., Venezuela, 1848.

ensata, Ldl., Orch. Lind., Ve- nezu cr 1842.

ire Lind., Orch. Lind., Vénessilé: 1842.

496. Evelyna furfuracea, Ldl., Orch. Lind., Venezuela, 1843.

427. graminifalia, Pôpp. et Endl., Caracas, 1846.

428. Lente Hobbs. Colom- bie, 1848.

429. kermesina, as ar Lind., Colombie,

430. Lindeni, PE ot: 1; Venezuela,

431. lupulina, Ldl., Dh. Lind., enezuela, 1843.

432. simplex, Rchb., Bonpl. IT, Co-

433. Ferdinandezia (Lockhartia) longifolia, dl., Orch. Linden, Vene- zuela , 1842.

43 obtusa, Ldl., Colombie, 1844.

435. Galeandra Funckeana, Linden et Rch "Colombie, 1848.

436. Galeottia fimbriata, Lind. et Rchb., Bonpl. II, 280, Colombie,

0, 437.

1 grandiflora, Mart. et Gall. Illustr. 1871, Mexique, 1852.

438. Godyera velutina, Lind. Cat., Japon, 1872.

439. Sobene aureo-pu 440.

rpurea cochila, Ldl., Bot. Reg.

“XXII, None. 1841. 441. macrantha, Lind. Cat., Ecua- 449. odoratissima, Ch. Lem., Flore des serres III, Venezuela, 1842. 443. porte jee ps et Rchb., fil. ns 1871. AH. rétrors ma Bonpl. IT,

19, ni "1854.

()

Voir Illustr., année 1881, p. 96.

445. Gongora scaphæphorus,Rchb., Bonpl.

1866. . Govenia fasciata, Ldl.,

. Habenaria ue

. Jonopsis tenera, ER Pax

IT, 218, Ecuador et Pérou, 865.

_ Sea ue Bonpl. II, Ve

superflua, nu: éE Rchb. f., Xenia tab. 170, Ecuador,

Bot. Reg. 1843 ui Frot Vene- _

_— de sn. fil., G. alba Mart. et Gal. Mexique, 1839.

Ldl., Orch.

Lind., reel 1841

Oh

margaritacea, Éd Cat. Co- lombie, 1844. = ds iate, Lind. Cat., Mexi-

que . Helcia Diéta Lind, Rchb. f., Co- lombie

—— SR Ldl. , Bot. Reg. I, Ecuador 1866

X . Houlletia antidquensis ind. Tue. ‘olombie, 1871

traits. Le et Rchb. f Illustr., Colombie, 1871. Lans Habèeg, Leur Rchb. f., Venezuela , 1 odoratissima, nd Past: FT: Pescatorea, Illustr., 1870. picta, Lind. et Rchb. f., Co- lombie. 1850. -tigrina, Linden, Illust., Paxt. F1. G. à Éoiombie : 1850. reh. és +. FI. G. Colmbis, 1845. . Hochilus amor, Ldl., 1845, Colombie, 1844. Elias: Rich. et Gal., Ann. se. nat., Mexique, 1839. latibracteatus, Rich. et Gal., Ann

À Ketrstn graminea, Ldl., Lind.

Orch

t. Reg XXX, Ve-

nezuela, 1842.

leucantha, Rchb,, Venezuela; 1866,

491.

492.

. Laelia Lindeni,

XXV . Laddemannia Pescatorei,

rida, 1842. . Lycaste barhifrons,

ot. , Masdevallia affuis,

. Kefersteinia sanguinolenta, Reichenb. il

., Bonpl. IT, Caracas, 1842.

; re res L. et Rchb., Pér

LE lnétiann ae , Bonpl.Il, -Colonibie, 4 1848. Ldl., uba , 1844. —— pue. Leopoldi, » Brésil , 1856.

Orch. Lind.,

Linden

0. Linden et Rchb. f., Pescatorea, Me-

Ldl., in Taylor, at. Hist., Pérou,

chrysoptera, Morr., Ann. de nd, Ldi. Paxt. F1..G., Mexique, 1839. .

costata, Ldl., Bot. Reg. XXIX, Pérou, 184

fulvescens, Hook, Bot. Mag, 4193. : Orch. nd Vene-

zuela

ions pe Orch. Lind., 1842

Loitses: _. , Bot. Reg. XXIX, Ecuador, 1866.

2 RTE Rchb., Idl., Paxt. F1. G. Colomb 1844,

macrophylla, Ldl., Bot. Reg. XXIX, Colis. 1844.

Reichestgehs Nooud, ,Bonpl. IV, Ecéador: 1854.

Skinneri, Ldl., (Maxillaris virginalis Linden 1840), Gua- temala, 1840

xyriophore : Lind, et Rchb.

66. . Macradenia Brasavolae, Rchb., f.,

Zeït., Mexique, 1849.

Ldi., Rchb., Bonpl. IT, Colombie, 1844.

amabilis, Rchb. f., Bonpl. I, Pérou; 1865.

—— amanda Rchb. f., Bonpl. Il,

, Rchb. fil.,

Bonpl. 283, Cbiombie, 1850.

atropurpurea, Rchb.f. Bonpl. II, Colombie, 1848.

(A continuer.)

CHRONIQUE HORTICOLE

Avril 1882

Les Imantophyllum sont en vogue en ce moment. Certains amateurs et horticulteurs les collectionnent avec passion et en possèdent de nombreuses variétés. Nous ne sommes pas partisans d’une nomenclature exagérée. Il suffit souvent d’une différence imaginaire pour créer une variété nouvelle ! Les Begonia, les Caladium, les Gloxinia en comptent un nombre inimaginable. A notre avis, il faut qu’une variété soit bien tranchée, absolument distincte, pour mériter les honneurs d’un qualificatif spécial.

Les Clivia ou Imantophyllum ont donné quelques vraies nouvelles variétés; celles-ci étaient très bien représentées dans le magnifique lot exposé à Lou- vain les 26 et 27 mars dernier, par la maison Van HouTre.

La palme dans le concours du plus bel Imantophyllum a été remportée par M. Grzsox de Louvain avec son magnifique Z. Lindeni, le prix par M. Van HourrEe avec un Z. Van Houttei et le prix par M. VANAERSOHODT aîné avec un /. Van Houttei.

L'Imantophyllum Lindeni peut donc être, une fois de plus, considéré comme la plus belle variété existante aujourd'hui.

L’Austration Horticole en a donné une belle planche en 1879.

*# : *

Un magnifique Palmier. Dans une visite que nous fimes, le octobre dernier, au Jardin botanique de Munich, dont les installations sont considé- rables et fort bien tenues par M. Korg, nous remarquâmes un très bel exem- plaire de Livistona austratis R. Br. M. Kozz nous apprit que ce pied avait été envoyé en 1826 par Arrow, alors directeur des jardins de Kew, à MaRTIUs, le célèbre palmographe. Aujourd'hui la plante a pris un développement consi- dérable : elle a 18 ‘/; mètres de hauteur; la circonférence à la base est de 190. De ce tronc élevé s'élancent près d’une centaine d'immenses frondes d'où émergent sept larges spadices. C’est le joyau du Jardin botanique de Munich.

+" +

Les Dragonniers de Cadix. Cette ville possède plusieurs exemplaires

fort remarquables du Dracaena Draco. Il en existe un à l'hôpital des femmes,

un autre à l’hôpital militaire, un troisième au couvent des Capucins. Le plus

considérable est celui du Jardin botanique; il est signalé dans le Jornal de horticultura pratica, de Porto, par M. D. ne Ourverra J'. Le tronc droit et élancé de cet exemplaire a une hauteur de cinq mètres avant de se diviser en trois branches garnies de ramifications nombreuses dont l’ensemble constitue un dôme touffu de feuilles qui s’entrecroisent. C’est un des plus beaux exemplaires connus.

+ * TOME XXIX 1882, 4me L1vr.

0

Plantes convenant aux sous-bois. On nous demande notre opinion sur les plantes convenant le mieux à garnir les sous-bois. Il nous faut distin-

guer pour répondre : S'agit-il d'établir un simple tapis végétal dans les lieux

ombragés par de hautes futaies, ou bien cherche-t-on à fournir des abris au gibier ? Dans le premier cas, on pourra recourir aux Lierres, aux Pervenches, aux Fougères, à certaines Graminées; mais dans le second cas, il importe d’avoir des végétaux dont le gibier ne soit pas friand. Il y a une douzaine d'années, nous avons vu réussir parfaitement, sous ce rapport, les Rhododen- drons, les Ifs et les Buis. Au domaine de Ferrières, les Mahonia et le Ribes alpinum ont aussi donné d'excellents résultats. On pourra essayer également les Hydrangea et les Aucuba. * +

Fécondation artificielle des plantes. Peut-on affirmer avec quelque certitude qu’une fécondation artificielle faite même avec le plus grand soin, donnera un résultat indiqué à l'avance? Telle est la question que nous pose un de nos lecteurs. Nous lui répondons : Rien n’autorise à formuler actuelle- ment avec certitude une déduction concluante, et les savants ne sont nullement d'accord sur cet objet. Des expériences assez nombreuses permettent de dire que les métis ressemblent à leur père par les organes floraux, et à leur mère par le feuillage et la tige ou les organes de végétation. On ne saurait davan- tage affirmer quelle est l'influence dominante dans les caractères du produit de la fécondation croisée. Dans cette importante question, il reste beaucoup d'observations à faire et nous persistons à dire que, dans bien des cas, le hasard bien plus que le génie humain, joue un rôle dans la production des nouveautés.

*# ; *#

Forçage de Rosiers aux États-Unis. Veut-on connaître le bénéfice net que peut produire une forcerie de Rosiers aux États-Unis ? Il s’agit d’une serre pouvant contenir 5000 plantes en pots. Voici les renseignements fournis par M. J. An. TôPpFer.

D'abord les dépenses :

Achat de 5000 plants : . , . 500 dollars Intérêts 12 p. °/, des frais de ton de 7 serre (à. 6000). 720 » Gages d’un ouvrier par an . . . . . : RS CR , 480 » Ensemble . . . 2200 Recettes : < Fleurs vendues sur place durant l'hiver . . . . . . . . 3600 » Bénéfice . . . , 1400 »

Le bénéfice est done de 6000 francs environ. 11 peut s’accroître encore de la vente des jeunes pieds, boutures ou greffes. Ce résultat serait réduit d’un tiers, qu'il faudrait encore le considérer comme très important.

% + _*

La lumière est-elle indispensable à la coloration des fleurs? La science répond affirmativement à cette question , l'expérience elle-même donne chaque jour raison à la science; voici pourtant un fait étrange qui semble la contredire. Un amateur de plantes, M. À. Smge, de Wallington, a communiqué à la Société d’horticulture de Londres un curieux exemplaire de Jacinthe. Une série de bulbes de ce genre avaient été plantés, en automne dernier, dans les conditions ordinaires. La croissance de l’un d’eux se faisant trop attendre, le jardinier sonda l'endroit et découvrit que la tige, ayant rencontré une pierre, s'était détournée et avait continué son développement par en-dessous. Les feuilles étaient entièrement blanchies, mais les fleurs avaient non seulement conservé leur forme normale, mais encore leur coloris pourpre foncé et cela à dix-huit centimètres sous la surface du sol, à tel point qu'il fut possible de déterminer la variété.

* 6 *

Géologie et Botanique. Des géologues ont récemment exploré le delta du Mississipi et ont établi l'existence de forêts de grands arbres superposés en couches séparées par les sables. Dix de ces forêts se sont succédé dans ces parages. Quelques-uns de ces arbres, ce sont des Cupressus, ont 25 pieds, soit 8 mètres de diamètre, et l’un d'eux montrait 5700 zones annuelles. Chaque forêt a donc avoir une durée moyenne de 10,000 années; l'existence des dix forêts, en succession, les unes à la place des autres, suppose donc une période de mille siècles. On sait que l'observation du delta du fleuve Amazone a donné lieu à des conclusions analogues et a démontré la haute antiquité du Nouveau Monde. | ; * > *

Les Forêts du district de Knysna, Afrique australe, sont menacées d'une destruction complète. Quelque 9000 quintaux de bois furent expédiés de en 1881 ; et pour enlever un seul arbre, on en détruit jusqu’à deux cents. Que deviendra la rivière, quand les forêts auront disparu ? N'est-ce pas un véritable crime ?

x" #

Le Pêcher pleureur est une variété déjà ancienne, mais toujours inté- ressante au point de vue de l’ornementation et de la production. Dans son Arbre généalogique du groupe Pecher (!),» M. E. À. Carrière place ce bel arbre en tête de la série des Albergiers. Il est franchement pleureur, tellement que la jeune tige abandonnée à elle-même, rampe sur le sol, au lieu de s'élever verticalement. A une robusticité à toute épreuve, il joint une très grande fertilité ; par malheur, les fruits sont de médiocre qualité. La variété se reproduit identiquement de noyaux.

+ *

Les jardins royaux de Herrenhausen conservent leur éminent

(') Paris, rue Jacob, librairie de la Maison rustique.

directeur, M. H. WenpzAnD, dont on avait annoncé, à tort, le déplacement au Jardin botanique de Carlsruhe. k %

Quelques erreurs se sont glissées dans les notices figurant sur la cou- verture du dernier numéro de ce journal. Il y a été dit que l’Alocasia Putzeysi avait été découvert par M. LiNDEN, tandis qu'il faut lire que c’est par un de ses collecteurs.

Il faut lire également Araucaria Mülleri au lieu d'A. Muleri. Au lieu de Caraguata cardinalis Horr. Lanp., il faut lire €. cardinalis AxDr£. C'est à ce dernier qu’en est due la oo.

* > * Le Catalogue illustré spécial des plantes nouvelles de la Com- agnie continentale d'Horticulture a paru le 1* avril dernier. Les éditions anglaise et allemande sont sous presse et seront publiées le mai prochain. * . *X

Les plantes nouvelles mises au commerce cette année par la dite Compagnie sont les suivantes :

Aglaonema pictum, Alocasia Putzeysi, Aralia reginae, Araucaria Mülleri, Begonia diadema, trois variétés de Begonia Teuscheri, Caraguata cardi- nalis, Croton magnificum, Gynura aurantiaca, Hibiscus rosa sinensis Lucien Linden, Heliconia triumphans et Piper metallicum.

_ Plusieurs de ces plantes ont été primées aux grandes expositions de l’année passée et presque toutes ont paru dans ce recueil.

Luc. Lien et Ém. Ronrcas.

NÉCROLOGIE

Charles De Moerloose, chef des plantes de serre froide à la Compagnie continentale d'Horticulture, est mort le 12 mars dernier à l’âge de 66 ans. Il a été employé au même éebliiement pendant 46 ans et a toujours servi ses différents propriétaires, MM. Azex. VERSCHAFFELT, AMBR. VERSCHAFFELT, J. LiNDEX et en dernier lieu la dite Compagnie, avec intelligence, zèle et dévouement. C'était un travailleur modèle. De MoERr00$E avait la décoration ouvrière de 1"° classe. À son enterrement son cercueil a été porté à bras par six de ses anciens collègues qui ont chacun plus de 40 ans de service dans le même établissement,

Chrom. P. De Pannemaeker.

8 3 10 copyright reserved

PI. CCCCXLVII

CODIAEUM (CROTON) MAGNIFICUM no. CROTON MAGNIFIQUE EUPHORBIACÉES

ÉTYMOLOGIE, CARACTÈRES GÉNÉRIQUES et SPÉCIFIQUES. Voir Justra- tion Horticole, 1867, pl. 534

CARACTÈRES DE LA VARIÉTÉ. Fruteæ latecompactus ; folia longa acuminata, pallide viridia, imprimis roseo, deinde sanguineo latemaculata.

Ex insulis Salomonis. Em. Ron

Voici une ravissante nouveauté qui vient allonger la liste déjà longue d’un genre qui a donné à nos serres une série de végétaux d'ornement des plus pré- cieux. Le Croton ou Codiaeum magnificum èst en mesure de venir disputer la palme à bien des brillantes variétés qui l’ont précédé. Ses feuilles sont longues de 035; elles sont larges et acuminées; la coloration du fond est vert sombre richement diapré de jaune pâle vers la nervure médiane et maculé de taches d’abord roses passant ensuite au rouge sang, à mesure que le développement de la plante s’accomplit. Dans les feuilles anciennes, la panachure rouge passe même au pourpre, tandis que fréquemment les jeunes feuilles sont totalement Jaunes. Cette coloration multiple se traduit également dans le pétiole, qui est brusquement redressé. La tige porte aussi des traces de coloris jaune et rouge.

Cette plante introduite par M. Linnen des Iles Salomon, justifie ample- ment le qualificatif qui lui est donné. Elle est d’une forme parfaite, son port est régulier, son feuillage se présente fort bien et elle se distingue par une panachure des plus nettes et des plus remarquables. C’est en réalité une plante magnifique qui sera certainement recherchée et qui rehaussera la splendeur des collections.

Ém. Roprcas.

Convention de Berne. Le Gouvernement belge a décidé, en principe, que la Belgique adhère à la Convention Pay Hosérique signée Co le 3novembre 1881.11 s’occupe des mesures à réaliser cette adhésion

Un projet de loi sur cet objet est soumis actuellement aux Hs législatives,

JOSEPH DECAISNE

Joserm Decaisne, professeur administrateur du Jardin des Plantes, est mort à Paris, le 8 février 1882. |

I1 naquit à Bruxelles, le 9 mars 1807, et fut l'exemple de ce que peut le tra- vail persévérant uni à l'intelligence. Il entra au Muséum comme garçon jardi- nier à l’âge de dix-huit ans : il prenait, sur ses nuits, le temps nécessaire à SOn instruction ; bientôt remarqué par ADRIEX DE J'USSTEU, il devint chef des semis, puis aide-naturaliste attaché à la chaire de botanique rurale ; il occupait en- core cette modeste position quand ses importants travaux lui ouvrirent, en 1847, les portes de l’Académie des Sciences ; enfin, en 1851, il remplaça au Muséum M. »e Mrrgez, dans la chaire de culture.

Joserr DecAISxE rendit de grands services à l’horticulture et forma de nombreux élèves qui profitèrent largement des leçons exposées par le maitre avec un rare esprit de méthode. Aidé par ses éminents collègues MM. NauDIN, CARRIÈRE, VERLOT, etc., DECAISNE à contribué puissamment à conserver au Jardin des Plantes OnRe à à sa dir ection, la renommée que cet établissement sut acquérir.

Ses goûts particuliers semblent avoir entraîné plus spécialement J. De- CAISNE vers la botanique descriptive. Collaborateur de la Revue horticole, _ de la Flore des Serres de 1846 à 1859, du Gardeners’ Chronicle et d'autres

publications périodiques, il trahit cette prédilection presque partout dans ses écrits. De nombreux travaux attestent son savoir et son activité. Le Manuel de l Amateur des Jardins qu'il publia avec le concours de son savant collègue M. Cæ. NaUDIN, est un monument qui fera connaître aux générations qui suivent, combien l’horticulture a progressé dans la France moderne. En collaboration avec Le Maovr, il publia la Flore des Champs et des Jardins et le remarquable Traité général de Botanique.

Connu dans le monde savant par ses études anatomiques et physiologiques sur le Gui, sur la Garance, sur les Algues, et par ses écrits sur la Flore du Japon et celle de l'Arabie, DECAISNE a surtout conquis un grand renom par la publication de son œuvre pomologique, le Jardin pates du Muséwm (!), qu'il commença en 1858 et qu'il acheva en 1873.

_Drcaïsne a légué au Jardin botanique de sa ville natale ses notes bota- . niques et son herbier. Ce souvenir est une preuve. évidente du désintéresse- ment du savant botaniste, bien digne de l'éloge qu’adressait récemment à sa mémoire l'honorable Président de la Société centrale d'Horticulture de France.

! La .r ; (‘} Neuf beaux volumes in-4°, avec planches coloriées par RIOCREUX.

LIND.

TRIUMPHANS

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LUI

copyright reserved

PI. CCCCXLVIIL

HELICONIA ©) TRIUMPHANS uno. HÉLICONIE TRIOMPHANTE MuSsACÉES

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. Hericonra Linn. Perigonii epigyni foliala exteriora æqualia, basi inter se concrescentia, interiora lateralia subconformia, approximata, genitalia amplectentia, posticum nanum. Stamina 5, sexto postico abortiente, basi peri- gonii adnata. Ovarium inferum, triloculare. Ovula in loculis solitaria, e basi excos adscendentia, anatropa. Stylus filiformis, stigma depressiusculum, obsolete sexlobum- Capsula subdrupacea, tricocca, coccis osseis, indehiscentibus. Semina in coccis solitaria, obovato-globosa, basifixa, testa ab endocarpio vix solubili. Embryo orthotropus, linearis, in axi albuminis farinaceo-carnosi, extremitate radiculari umbilicum attingente, infera. Herbæ americanæ tropicæ; foliis longe petiolatis, petiolis basi vaginantibus, scapum radicalem sæpe velantibus, spathis pluribus, distichis, in axilla floriferis.

Heliconia, ENDLICHER, Genera plantarum , 1649.

Cette belle Musacée fut l'objet de l'admiration des amateurs de plantes décoratives aux expositions de Bruxelles et de Gand, l'année dernière. Elle a été introduite par M. Line de l'Ile de Sumatra. Notre plante est-elle réelle- ment un Heliconia? Son habitus, son port, sa manière d'être, tout permet d'établir la présomption de cette afliliation; mais l’absence des caractères floraux n'autorise pas d'affirmation définitive à cet égard. C'est pourquoi nous n’indiquons pas les caractères spécifiques. Qu'elle doive appartenir au groupe des Marantacées ou à celui des Héliconiées, que ce soit un Marania ou un Heliconia, toujours est-il que l'avenir lui appartient comme plante ornemen- tale et même comme plante d'appartement.

Elle forme, ainsi que l'indique la planche, une magnifique touffe et rappelle le port du Maranta zebrina. Les pétioles sont cylindriques et ont une longueur de Om95. Les feuilles, larges de 0"15 et longues de 0m30, sont lisses, à fond vert clair, lignées dans le sens des nervures d’un vert presque noir. Les jeunes feuilles sont entièrement rougeâtres à leur page inférieure. C’est une des belles

introductions faites en 1881. : Ém. Ropr@as.

La Société centrale d'Horticulture de France dispose d’une série de prix qui honorent leurs fondateurs: Les prix LAISNÉ sont destinés à récompenser le travail et la moralité des garçons jardiniers. Les prix de M. A. Lavazrée, président de la Société, seront décernés en 1883, aux meil- leurs travaux sur les noms vulgaires des plantes principalement cultivées.

a

NOTICE SUR L'ILE DU TITAN OU DU LEVANT

‘île du Titan est la plus orientale et la plus grande des îles d'Hyères, les Stoechades des anciens. PLINE raconte qu'on y faisait depuis la plus haute antiquité la pêche du corail, dont les Gaulois ornaient leurs épées et leurs boucliers. Dioscoripe les appelait S#ichades insulae du nom d’une herbe aromatique très abondante dans ces îles, le Sricha, qu'il indique comme étant une espèce de Thym; probablement le Lavandula Stoechas. A la renaissance, les trois îles principales de Porquerolles, Port-cros et Titan étaient connues sous le nom poétique d’iles d'or, sans doute à cause de l'éclat que jettent leurs rochers de mica-schiste, Quelques auteurs modernes leur ont maintenu cette dénomination.

Avant l'ère chrétienne, ces îles étaient visitées par les Phéniciens et les Phocéens, qui y formèrent des établissements. Les Romains s’y installèrent à leur tour. Pendant les premiers siècles du christianisme, les pieux céno- bites de Lérins cherchèrent un refuge à l’île du Titan.

Les Maures vinrent ensuite s'installer dans cette île, d’où ils ravagèrent toute la côte provençale. Ils en furent définitivement chassés sous le règne de FRanÇoïs I. En 1549, Herr IT érigea l’île du Titan en marquisat, en faveur de CHRiSToPHE, comte de Roquendorf, baron de Molemburg. Napozéon y fit construire le fort des Arbousiers aujourd’hui déclassé. Depuis, l'île a appartenu à divers propriétaires dont un des derniers, le comte px PourrTaràs y fit exécuter de grands travaux et y établit un pénitentier et des plantations de vignes d’une grande étendue. Un seul clos entouré de murs a une conte- nance de cent hectares. L'ile appartient depuis quelques années à M. ÉpouarD Orrer, gendre de l’auteur de cette notice.

L'ile du Titan à une superficie d'environ 1,400 hectares, son sol est mon- tagneux, très élevé dans les parties septentrionales et s'étendant en pente vers le midi. Dans la partie orientale, on rencontre, sur les hauteurs, des dépressions de terrain qui se transforment plus bas en vallons parfaitement abrités et couverts d’une épaisse végétation, tels sont les vallons du Ser- pent, du Javieu, du Cagnet et du Titan. À l'abri du mistral et du vent d'est, qui sévissent avec violence sur les crêtes de l'île, ces localités jouissent d’une température semi-tropicale, particulièrement propice à la culture des Palmiers et autres plantes des régions chaudes du globe. Ce sont ces vallons, jamais le thermomètre n’est descendu à zéro, qui ont été choisis pour y établir les grandes cultures que la Compagnie continentale d'Horti- culture se propose de créer dans le midi. Au fur et à mesure que les terrains seront défrichés et défoncés à une certaine profondeur, ils seront livrés à la culture et de grandes plantations de Palmiers appartenant aux genres Areca, Brahea, Chamaerops, Cocos, Kentia, Livistona, Phoenix, ete., y remplaceront la végétation primitive. Quelques parties particulièrement chaudes seront réservées pour l’acclimatation de certains arbres fruitiers exotiques et dans les dépressions des hauteurs s'établiront les grandes cultures

Mt

de Rosiers, de Gardenia et autres plantes à fleurs destinées à alimenter le nord pendant les périodes d'hiver. Les fleurs n’y seront pas exposées, comme à Cannes et à Nice, aux gelées qui font manquer si fréquemment leur récolte.

L'île du Levant est aussi remarquable par sa flore que par sa constitution géologique. Il y à cinq ou six ans, l’île était encore couverte de forêts de Pins d'Alep (Pinus halepensis) et de Pins pignons (Pinus pinea), dérodées en grande partie. Sous la forêt comme dans les parties découvertes, le sol est couvert de maquis épais, composés d’Arbousiers gigantesques (Arbutus Unedo) ayant parfois des troncs de 50 centimètres de circonférence et mesurant jusqu'à 8 mètres de hauteur, de Bruyères arborescentes, Ærica arborea, de 3 mètres de hauteur avec des troncs de 25 centimètres de circonfé- rence, de Myrtes (Myrtus communis), de Lentisques (Pistacia lentiscus), de Daphne, de plusieurs espèces de Cistes, etc. Ces maquis forment des fourrés impénétrables sous lesquels les lapins, très abondants dans l’île, peuvent cir- culer à l'aise sans avoir à redouter l'œil perçant du chasseur. Dans les parties jachères, les Cistes apparaissent en grand nombre, tandis que dans les endroits découverts et incultes on rencontre l’Ewphorbia dendroides, les Teucrium marum et massiliense, le Lavandula Stoechas, le Coronilla juncea , les Genista linifolia, candicans et spinosa, le Jasminum humile, YEuphrasia linifolia, le Vitex agnus castus, le Thrincia tuberosa, etc. Dans le sable, sur le bord de la mer, croissent le Pancratium maritimum, VA bsinthium mariti- mum, et sous les rochers les Juniperus phænicea et Sabina, le Statice minuta, l'Echinophora spinosa, quelques espèces d'Euphorbes, etc.

Nous devons à la complaisance de M. le docteur BernarD de Porquerolles les renseignements minéralogiques et géologiques suivants :

A l’île du Levant se trouve un véritable lit de roches granatifères. Dans la partie E. et S., vers le NO. au centre de l’île, partout le schiste micacé, en se délitant et s’effeuillant aux impressions atmosphériques, jonche la terre de ses grenats. On peut, d'après M. Dexis, reconnaître leur cristallisation dodo- caèdre ou trapéziforme ; ils sont en général d’un rouge-brun tirant sur le noir, quelquefois rouges, violacés et d'apparence terreuse, d’autres fois légèrement vitreux dans certains endroits. Vers l’E., sur le bord de la mer, ils se trouvent mêlés aux grenats prismatiques. Le mica-schiste, dans lequel cette substance est empâtée, est contourné ou anguleux et les cristaux prismatiques du disthine, élargis comme d'habitude sur deux faces opposées, s’allongent d’une

manière remarquable, se recourbent, se redressent, et suivent exactement les mouvements de la roche sur laquelle ils sont appliqués.

Il existe aussi un gisement d’asbeste ou amianthe, à un endroit appelé la mine, l’on ne peut arriver qu'au moyen d’une barque. L’asbeste se trouve dans les fissures d’une roche magnésienne. Elle affecte plusieurs formes et plusieurs couleurs, ses fibres sont le plus souvent d’un blanc d'argent, assez soyeuses mais dures et compactes.

Un peu au-dessus du gisement d'asbeste, on trouve une actinote de couleur vert tendre, légèrement nacrée et châtoyante. Cet amphibole calcaréo- ferrugineux est basillaire, mais non pas à fibres droites; il s'offre en outre

sous forme de petites lames assez étroites, irrégulièrement superposées ou divergentes. C’est sans contredit une des substances les plus remarquables de l'île, après toutefois les cristallisations des tixanoyides et des titaniates; le titaniate de fer se trouve dans le mica-schiste, il est solide, noir, métalloïde et cristallisé en octaèdre.

Les grosses roches, qui font saillie dans les parties centrales de l’île, sont formées de quartz hyalin, parfois d’une blancheur éblouissante.

J. LINDEN.

UN ESSAI D'ACCLIMATATION À FAIRE

Le Pin parasol ou à. pignons (P. pinea) est un des ornements les plus pittoresques des jardins et des paysages des régions méditerranéennes : il ne supporte pas les hivers de nos climats. Pourquoi; et ne peut on l'y acclimater ?

C'est une variété du Pin Sylvestre qui supporte même les hivers de la Russie; mais le Sylvestre type et presque toutes ses variétés connues, autres que le P. pinea, donnent en quelques semaines au printemps, leur pousse annuelle qui s’aoûte et forme ses bourgeons terminaux. Le Pin à pignons au contraire est en végétation pendant toute la bonne saison, et quand notre hiver arrive, sa pousse de l’année est encore molle, herbacée, sans bourgeons terminaux : elle périt.

Le Bon jardinier de 1859, page 1350 (il est utile parfois de relire les vieux livres), constate que « dans un terrain froid au nord de Paris, le « Pin à pignons franc de pied ne résiste pas aux hivers rigoureux, des « individus greffés sur le Pin Sylvestre ont déjà passé un grand nombre « d'années sans souffrir. » Ce fait s’explique physiologiquement parce que le sauvageon communique sa constitution à la greffe.

Il serait intéressant de renouveler ces essais en greffant par approche le P. pinea, à une hauteur de quelques mètres, sur des P. Spies communs, sur des Laricio ou des Pins noirs d'Autriche. Si, comme nous n’en doutons pas, l'essai réussit, ce sera une conquête précieuse pour nos jardins d’ agré- ment.

Les amateurs qui voudraient tenter l'expérience au res prochain, feraient bien de mettre immédiatement en cuvelles les sujets destinés à être greffés. S'ils veulent faire connaître à la Compagnie continentale d'Horticul- ture, à Gand, le nombre de Pinus pinea qu'ils désirent recevoir, celle-ci leur

fournira en temps utile des plantes âgées de 5 ou 6 ans. J. MALOU.

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copyright reserved

ENTRÉE DE LA SERRE DE HERRENHAUSEN

GROUPE DE PALMIERS

LA SERRE AUX PALMIERS DE HERRENHAUSEN

Sans avoir l'étendue ni l'élégance des formes des jardins d'hiver de $. M. le Roi des Belges, à Laeken, et du comte ne KERCHOVE DE DENTERGHEM, à Gand, la serre aux Palmiers du Jardin royal de Herrenhausen jouit dans le monde d’une renommée parfaitement justifiée par la beauté, la grandeur et la rareté des exemplaires qu’elle abrite déjà depuis longtemps. Cette renommée avait grandi encore en raison même de la place éminente que M.H. WENDLAND, directeur du Jardin et botanographe, a su prendre dans le monde scientifique.

Les bâtiments, élevés en 1848 d’après les plans de l'architecte LAves, étaient devenus insuffisants. Quelques Palmiers, tels que le Livistona australis, le Livistona sinensis, avaient atteint des hauteurs de quinze et dix-sept mètres et de même qu'il avait fallu au Jardin botanique de Gand, creuser le sol à une grande profondeur pour y descendre la cuve de l'immense Sabal Blackbur- niana, de même il avait fallu à Herrenhausen descendre jusqu’au niveau des eaux et y déposer ces géants de la flore exotique, afin de les empêcher de briser avec leurs têtes le vitrage de la serre. Un projet nouveau vit le jour en 1875, il fut exécuté cinq années plus tard et l’achèvement de cette construc- tion reliée à l’ancienne donne à celle-ci un agrandissement considérable et prête à l’ensemble un cachet de majestueuse grandeur. L'édifice par la har- diesse de son élévation et ses détails ingénieux, dans lesquels rien n’a été négligé, fait le plus grand honneur à M. AUHAGEN, architecte de la Cour. On se fera une idée de l’importance de la serre en apprenant qu’elle est longue de 3360, que la hauteur de la coupole mesure 30"20 et que les bâtiments latéraux ont 24"44 jusqu’au faite. La surface est de 981 mètres carrés et l’in- térieur cube 19200 mètres.

Au lieu d'adopter les toitures curvilignes qui ajoutent tant d'élégance aux constructions de ce genre, il a fallu, pour mettre le nouveau bâtiment en rap- . port avec l’ancienne serre et aussi pour éviter un surcroît de dépenses, établir des toitures de forme rectiligne. Cette disposition moins agréable pour l'aspect extérieur, présente cependant cet avantage qu'il est plus facile d’y procéder au maniement des couvertures. Du reste, le poids de la ferraille employée atteint déjà 510200 kilogrammes. Partout on a eu soin d'admettre le double vitrage et d'employer en même temps du verre double ou demi- double selon l'exposition. Du côté du sud et de l’ouest, le vitrage est composé de carreaux à lignes mates.

Le chauffage de cette immense serre est obtenu au moyen d' ipatebi à à eau chaude et à vapeur; toutefois la vapeur est employée spécialement au chauf- fage du sol dans lequel les végétaux se trouvent plantés. On y a recours éga- lement pour donner à l'air un degré d'humidité indispensable, Les chaudières sont placées dans un bâtiment à part, elles sont au nombre de sept dont deux à vapeur. Ces dernières ont 22 mètres carrés de surface de chauffe, tandis que les thermosyphons ont chacun 8 mètres de surface de chauffe. Les tuyaux de

chauffage en fer de fonte sont disposés le long des murs de la construction ainsi que sous les chemins, leur longueur est de 2733 mètres, plus 223 mètres pour les tuyaux de retour ; leur diamètre est de 10 centimètres. Les tuyaux à vapeur ont 5 centimètres de diamètre et leur longueur totale est de 407 mètres.

La ventilation est obtenue au moyen de tuyaux d'aérage ménagés dans les fondements, et de châssis à bascule disposés dans les toitures et dans la coupole, de façon à en rendre le maniement toujours facile au moyen de chaînettes et de poulies.

Une machine permet d'élever l’eau à toutes les hauteurs du bâtiment. Cette eau passe à volonté le long des tubes à vapeur et se trouve par suite suffisamment chauffée durant les mois d’hiver.

Les dépenses totales, défalcation faite de la vente d’anciens matériaux, se sont élevées à la somme de 341,890 mk. Voici comment elles se répartissent :

DANS HO DELIASSOMEONL En. . tee + Le 3130 mk Construction de mures, 0 2h. . . . 298207» COTE LIRE MES D te . .. ,. 172010 Charpenterie 10845 » Serrurerie 2035 » Ferronnerie 4180 » Peinture 6990 » DR Le Du de cire, Ne ve die 0 DV CSS 5. : . ,. . 49010: 2 A 0 nu ul 3 2205 » Conduites d’eau, fontaines et canaux . . . . . . . 4890 » SORA du 3840 » no... 1040 » D Si él à... ON RS nee à à 9,0 ce 3130 » NACRE, DEN, El à 0, . . , . |. . .. , 1600 : PR nu ue, nue, à." © SSD 0 A défalquer pour vente de matériaux . . 5500 » Abe 1oble |: SN à

L'ensemble de la construction est divisé en deux grandes parties et chacune de celles-ci à son tour en trois sections. Le sol de la moitié donnant vers le nord ainsi que celui de la section centrale de la moitié située vers le sud, a été remué à un mètre et demi de profondeur; la terre sableuse a reçu un bon mélange de terre très substantielle, Les grandes plantes ont été directement plantées dans ce sol; les deux autres sections ont reçu un grand nombre de végétaux des tropiques en cuves et en pots. Les deux planches que nous devons à l’obligeance de l'excellent organe de la presse horticole rédigé par M. le docteur Wirrwacx et publié par M. Paux Parey, à Berlin, sous le titre de Garten-Zeitung (Monatsschrift für Gürtner und Garten- freunde), peuvent donner une idée, sinon de la beauté des exemplaires qui se trouvent groupés dans cette enceinte, au moins de la variété des massifs et de l’heureuse disposition de l’ensemble,

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VUE INTÉRIEURE DE LA SERRE AUX PALMIERS A HERRENHAUSEN

L’une des planches donne la vue de la serre en face de l'entrée principale. Le Palmier dominant de ce groupe est le beau Phœnicophorium Sechellarum, ainsi dénommé pour fustiger un collecteur que l’on supposa avoir agi avec peu de délicatesse.

L'autre planche, la deuxième, qui fait voir en même temps une partie des galeries d’où l’on domine tous les groupes, montre à gauche au fond un Arenga saccharifera, à droite un Livistona australis et, sur le premier plan, un Livistona sinensis, exemplaire d’une grandeur colossale. Ce dernier à plus de 11 mètres de hauteur sans compter les frondes. Le Phænicophorium porte douze feuilles et a une tige 185 de haut. À gauche, se trouve un Acanthor- rhiza Warscewiczi; à droite, un À strocaryum latisectum. Derrière le Livistona, on remarque un fort pied d'Angiopteris evecta, puis un Livistona Jenkinsi, ensuite un Chrysallidocarpus lutescens et un très grand nombre d’autres Pal- miers dans les genres Geonoma, Chamædorea, Morenia, Rhapis, n’atteignant pas des proportions aussi considérables. Ces derniers sont entremêlés d’Aroï- dées, de Scytaminées et de Fougères. Le tout est entouré d’une bordure de Selaginella dans laquelle ont trouvé place de nombreuses petites espèces de Fougères, des Bertholonia, tels que Van Houtteana, guttata, marmorata, des Aphelandra, des Broméliacées, des Ixora et des Graminées à feuillage panaché.

Les quatre colonnes du milieu sont garnies de Lianes, telles que Calamus equestris et Nicolai, Korthalsia Junghuhni et autres.

On le voit, les Pspoxitions ne sont pas celles d’un jardin d'hiver propre- ment dit dés lequel on cherche à produire un effet paysager. Il a fallu espacer ici des groupes considérables, des collections d’espèces nombreuses et rares ayant besoin d’un abri, et ce but a été parfaitement atteint.

Ém. RoprGas.

LE CHAUFFAGE DES SERRES

Dans une précédente livraison de l’Æustration horticole, j'appelai l'atten- tion sur un très bon travail de M. Vax HULLE, traitant de l’ombrage des serres. Aujourd'hui j'ai à signaler un excellent rapport de mon collègue et ami M. Lupgers sur le chauffage des serres, rapport présenté au Congrès d'horticulture d'Anvers.

Le travail de M. Luggers porte sur une question d'importance primor- diale pour l'horticulture. Cette question a fait bien du chemin depuis 50 ou 60 ans; il reste encore des progrès à réaliser, mais la voie est trouvée, et les inventions que l'avenir nous réserve porteront moins sur le procédé de chauf- age en lui même que sur les moyens de le rendre plus économique et d’un emploi plus facile.

La supériorité du thermosyphon sur les autres modes de chauffage n’est plus en question; les magnifiques résultats constatés incessamment, dans nos cultures chaudes surtout, ne pourront guère être dépassés; mais chaque

constructeur a son système. La forme des chaudières, le diamètre des tuyaux, le métal à employer, le degré de chaleur auquel il convient de porter l’eau circulante, la surface de chauffe nécessaire, tout ce qui peut donner le plus de chaleur avec le moins de dépense et de surveillance, tous ces points ne sont pas suffisamment étudiés, et M. Luggers a dit dessus des choses fort sensées.

Si je reprends à mon tour ce sujet, c’est d’abord pour engager tous les inté- ressés à méditer le rapport de mon collègue ; c'est ensuite parce que j'ai, de mon côté, quelques observations personnelles et d'expérience qu'il n’est pas inutile de publier.

Sur la question des incrustations, je ne ferai que répéter un conseil ancien mais trop négligé : n’employez que de l’eau de pluie et la plus propre: elle ne contient point ou très peu de matières incrustantes ; évitez de la renouveler sans nécessité: ne souffrez aucune fuite, ne chauffez jamais jusqu'à l’éballi- tion. L’eau peut attaquer, oxyder la surface du métal, mais une fois saturée ce sera tout, et plus longtemps la même eau servira, plus le métal aura de durée

Autre question : la pente continue que l’on donne habituellement aux tuyaux de circulation est-elle nécessaire pour faciliter la marche du liquide ? Je ne le crois pas, et je dirai tout à l'heure sur quoi je me fonde, mais elle est très utile pour faire écouler complètement l'air enfermé dans les tuyaux quand on les remplit. On y supplée d’ailleurs au moyen de petits tuyaux d’évent en nombre suffisant.

Mais M. Lussers soulève une autre question qui n’est pas neuve non plus, et dont la solution erronée a fait commettre bien des fautes. On a dit que pour faciliter la circulation, surtout l’eau a de longs trajets à parcourir, il était nécessaire de la soumettre à une certaine pression, en élevant autant que possible le point de départ de cette circulation. Je ne puis pas comprendre ce que la pression à à faire dedans. C’est une force sans nul doute, mais elle s'exerce simultanément sur tout l'appareil, et si elle agissait particulièrement sur la marche de l’eäu, ce serait pour lentraver, puisqu'elle pèserait beaucoup sur le fond de la chaudière et sur le tuyau de retour. et très peu au point de départ. Le fait est que cette pression agit sur les parois de la chaudière et des tuyaux, sur les raccords, qui peuvent avoir des défectuosités, et que, portée au-delà du nécessaire, elle n’est que nuisible.

I faut certainement qu’il y ait une différence de niveau entre le point de départ de l’eau et celui de son retour, puisque c’est en raison de la différence de densité entre l’eau qui part et celle qui rentre que la circulation s'opère, mais il n’y a que cela.

J'ai, depuis cet hiver, un nouveau thermosyphon à chaudière cylindrique verticale et à foyer intérieur. J'en reparlerai. La chaudière n’a que 0"75 de hauteur et les tuyaux s’y emboîtent latéralement, côte à côte, deux en haut et deux en bas. Il n’y a donc, les tuyaux ayant 0"10 de diamètre, que 0"55 de différence de niveau entre le départ et le retour, pour un parcours de 23 mètres en tout. Comme je leur ai donné un peu de pente dans tout le circuit, il en

mers BU

résulte qu’au bout de la serre opposé à la chaudière, il n'y a plus entre le haut et le bas qu’une distance de 0"10. Il est difficile, on le voit, de méconnaître plus complètement le principe de la pression. Cependant mon chauffage marche avec la plus grande rapidité, et il ne me serait pas difficile, en moins d’une heure, d’amener toute la masse d’eau bien près du point d’ébullition.

Je dois seulement faire remarquer qu'au lieu d’un départ unique j'en ai deux, et que la rentrée se fait de même par deux tuyaux contigus et à même hanjour, Je ne doute pas que cette double communication avec la chaudière, qui fait de mes quatre longueurs de serre de tuyaux un double système indé- pendant, ne facilite beaucoup la circulation en diminuant de moitié les frottements.

continuer.) P. E. DE Puxpr.

PLANTES INTRODUITES

OU MISES POUR LA PREMIÈRE FOIS DANS LE COMMERCE

PAR J. LiINDEN (‘)

(Suite des Orchidées)

498. ee us Rchb. f., Co- 505. Masdevallia Tr des Rchb., fil., 848. Bonpl. II., Pérou, 1865.

494. . Rchb. f., Bonpl. IT, 506, sida Re. ki , Bonpl. III

: Colombie, 1848. Colombie

495. caudata, LA Bonpl. Il, 507. Lindeni, . £. Ilustr. , Chèque - 184 Colombie, 1867.

496. Chimaors, Rob i, IBabt.: 508. maculata, KI. Karst. Bonpl. II, Colombie Caracas, 1842.

497. civilis, ta . Bonn. H:;, 509. mastodon, Rares , Bonpl. IT, Pérou , 1865. Colombie, 185

498. ones, Lind., Orch. Lind., 510. militaris, kan, , Bonpl. II., Colombie Colombie, ,

499. echidna, Rchb. f. , Bonpl. IL., 5ll. ste Mn. Rchb. Cane nie, 1848 ê., Bonpl.Il., Colombie, 1848.

500. elephanticeps, Rchb. f.,Xenia, 512. nycterina, Rehb. f., Illustr.,

Colombie, 1847. Colombie, 1872.

501. ensata, Rchb. f., Bonpl. II., 513. rene are . , Bonpl. Il, Colombie , 1848. Colom

502. ephippium, Rchb. f., Xenia, 514. poly Fast Fe ee Lind., Colombie, 1871. Cétoesbie 1 1844.

503. fenestrata, Lind. Cat., Colom-- 515, . pores Rene f., Illustr., bie, Pér

504. bhians, Laden Kchb. LE, 516. racemosa, PA Bonpl. I, Bonpl. 283, Goiombis. 1849. Rodin. 1866.

(*) Voir page 51.

517. Masdevallia cop ou f., Xenia, Col

518.

531.

Fi vers da Ra Rchb. f., Bonpl. II Colon 1848. Schlimi, La D, :Rchh: L, Bonpl. II, Veueruala, 1846. tovarensis, Rchb. (M Lind.),Illustr.,Caracas,1842. trochilus, Lind.et And.,[llust., Colombie, 1872. verrucosa, Rchb. f., Bonpl. Il, Caracas, 1846.

|

Wagenérians.. Linden “Past. FI. Gard. pl. 267, Ckracus,

. Maxillaria acatipetal, Hook., Bot.

., Mexique , 1840. = de Ldl., Orch. Lind., Ve- nezuela, 1848. runnea, Linden, Rchb

corrugata var. Wagen Rchb. f., Bonpl. IT, Merida, 1842

clongeis, Fe IT, Merida grandifors, LA, On. , Lin-

rs F1. G.

Jancifolia, Rchb. 5

FE re” 5

leontoglossa, Rchb. f. , Bonpl. IT , Colombie, 1867.

leptosepala, Hook. , Bot. , Venezuela , 1

Lindeniana,

,; Orch. Lin- den , Venezuela, 1842. lutéo-alba, Ldl. rh Linden, Venezuela, 1842

luteo-rubra | Lal. , Orcl Lin-

a) @ = S

E La Ë

» Orch. Linden, Venezuela, 1842.

.candida,

08

551.

. Miltonia

548. _Maxillaria platypetala, Ruizet Pavon,

ou, 1865. pulla, Linden, Rchb.f., Bonpl. IT, Colombie, 1852. _ ment, re f. (Camari- dium), Merida, 1842. sec Rchb. f., Colombie, 1868.

scabrilinguis Ldi., venusta, Linden

Le Pescatorea, Colombie, 1842. nériana.

Wage ; Mesospinidiurn aurantiacum, Rchb. Ada

, Ldl., Orch. Lis Co- Doubie. 1849. nnsbèriron, Rchb. f. (Bras- sia, Ldl. “Pol, Colombie, 1852.

radiatum, Rchb. (Abola, Ldl. Fol. O Oh, }, Colombie, 1852. sanguineum, Rchb. f., Lind.

# ; Sani er gemma, Rchb. f.,

nia, Mexique, 1839. _…— nu Rchb. f., Lind. Cat. à ce pe

. Mormodes Dérioel; Ho ok.,

. Nanones RES sa

Cat. Med ho, Brésil , 1873:

spectabilis var. virginalis, Lind. Cat., Illustrat. hort., Brésil,

Bot. Mag. -, Orch. Lind., Colombie,

1844.

convolutum, Ldl., Paxt., F1. G., Colombie, 1847.

_histrio, Linden, Rchb. f., Otto Hamb. G. Z.,Colombie, 1850.

leucochilum, Rchb, f., Bonpl. II, 19, Venezuela.

Oconæ, Lind., Rchb., VI, Colombie, 1854.

speciosum, Linden, Paxt., F1. G. III, Colombie, 1844.

Walp.

variabile, Rchb., Xenia, Ecua: d *

or Ilustr. Ecuador,

°? . Nasonia DM, Ladl. ut Hartw. E

or, 1865 : sanguinea, Ldl., Orch., Lin- den, Colombie , 1844.

(A continuer.)

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CHRONIQUE HORTICOLE

Mai 1882

Les introductions de M. J. Linden. L'//ustration horticole publie depuis l’année passée les plantes découvertes ou introduites et vulgarisées par le.directeur de ce recueil. Trois mille espèces environ proviennent de ses introductions ou de celles de ses collecteurs ! Elles appartiennent spécia- lement aux familles des Orchidées (plus de 800 espèces et variétés dont : 66 Odontoglossum, 93 Oncidium, 62 Epidendrum, 36 Masdevallia, etc.), Palmiers (228 espèces), Cycadées, Fougères, Aroïdées, Gesnériacées, Bro- méliacées, Mélastomacées, Marantacées, etc.

En cédant ses établissements à la Compagnie continentale d'Horticul- ture, M. J. Lip s'est placé sur un champ d'exploration plus vaste que par le passé et à donné une impulsion vraiment considérable aux voyages d'exploration et à l'introduction des plantes ,.dont profitera l’horticulture générale. ë

* *

Un excellent moyen pour détruire les insectes est de faire bouillir sur des réchauds de l’eau dans laquelle on infuse du tabac. La vapeur qui s’en dégage aura bientôt tué les thrips, araignées rouges et autres vermines.

* ; *

L'Exposition de la Société royale de Flore s’est ouverte les 30 avril, 1 et 2 mai, avec un grand succès, au palais des Beaux Arts à Bruxelles. Le local convient parfaitement à ce genre de festivités et promet pour l'avenir, quand toutes les salles seront disponibles, un ensemble réelle- ment none Les collections les plus remarquées étaient les Azalées de M. Prerers, les Roses et les Orchidées du même exposant; les Broméliacées, les Cycadées et les plantes ornementales de M. VAN DEN Wouwer; les plantes diverses exposées par M. D'Harxe, les Palmiers de M. Vax per Meuex et de M. Tasson et, plus spécialement encore, les grands Palmiers de la Compagnie continentale d'Horticulture ainsi que les plantes panachées, les plantes nouvelles et les Agaves du même étahlis- sement.

L’Exposition était arrangée avec le goût habituel de M. Fucus, dont la réputation comme architecte n’est plus à faire.

+ + +

Une singulière maladie sévit depuis quelque temps, chez un amateur de nos amis, parmi les Dieffenbachia. Vers le milieu de la feuille, sur la grosse nervure médiane, se montre, le matin, une petite moisissure. Le soir,

TOME XXIX 1882, 5me L1vr.

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cette tache a déjà atteint la grandeur d’une pièce de cinq francs, et vingt quatre heures après, la plante n’est plus qu'une pourriture dégageant une odeur infecte. Il n’est pas à notre connaissance que cette maladie se soit montrée ailleurs, et vous, cher lecteur, en avez-vous déjà entendu parler? Espérons que non, car si elle devait s'étendre, ce serait la destruction d’un des genres les plus décoratifs et les plus recherchés par les amateurs de plantes de serre chaude. + LOL

Le goût des Orchidées se répand de plus en plus et la culture de ces plantes a déjà atteint sur le continent une réelle importance, tant chez les : amateurs que chez les horticulteurs qui les cultivent pour la fleur coupée, En Angleterre, la passion des plantes de cette famille est poussée tellement loin que certains amateurs possèdent quelques mille exemplaires d’une seule espèce. Nous avons vu récemment chez un lord une serre spacieuse qui ne contenait que des Odontoglossum Alexandrae et Pescatorei , Splendidement fleuris, entremêlés de Masdevallia Lindeni et Veitchi et d'Epidendrum vitellinum! Aucune autre famille ne pourrait produire autant d'éclat, de fraîcheur et de grâce! ;

Malheureusement sur le continent les amateurs sont encore bien loin d'égaler les Anglais; un pied de chaque espèce leur suflit et la culture des Orchidées cause chez beaucoup une crainte que rien n'’explique : nous l'avons déjà dit tant de fois et nous le redisons encore, aujourd'hui, les Orchi- dées sont les plantes qui se cultivent le plus facilement. Un exemple : nous connaissons un amateur suisse qui possède une très jolie collection d'Orchi- dées et que ses affaires appellent à l'étranger au moins quinze Jours tous les trois mois. Chaque fois qu'il voyage, 1l ferme la serre à clef et personne ny met le pied. Les plantes ne sont pas arrosées pendant toute son absence et, à son retour, il les trouve en parfait état de santé. Y a-t-il beaucoup de plantes dont on pourrait en dire autant ?

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Fruits admis. [Le Congrès pomologique d'Orléans a été fort réservé dans l'appréciation des variétés fruitières soumises à ses études. Voici les fruits dont l'admission à été prononcée :

Cerise : Bigarreau de Trie.

Fique : Dauphine.

Groseilles à grappes : Hâtive de Bertin ; Victoria.

Péche : Amsden.

Poires : Bergamotte Hertrick; Docteur Jules Guyot; Marguerite Marillat. |

Prunes : Englebert: Réine Claude d’'Althan: Reine Claude d'Écully.

Le Congrès a conservé un très grand nombre de fruits à l'étude. Il ne tient aucun Compte des mérites pouvant être reconnus en dehors du territoire français. Les fruits adoptés semblent donc réservés uniquement à la France,

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L'Anthurium Schertzerianum en appartement. Nous avons vu, chez un amateur de nos amis, un Anfhurium Schertzerianum cultivé dans une chambre depuis une année et offrant trois grandes fleurs. Cette belle espèce peut donc décidément revendiquer une place parmi les plantes dites d'appartement. À - ; +. _*

Un baromètre naturel, Que d'indices du temps ne trouverait-on pas dans le règne végétal, si l’on observait les organes des plantes avec plus d'attention ! L'JUustrirte Garten-Zeitung de Vienne signale sous ce rapport l'intéressante disposition que l’on remarque dans le Pinus strobus ou Pin de Lord Weymourx, qui orne les grands jardins, Lorsque les rameaux qui se sont développés les deux dernières années pendent vers le sol, c’est un signe de pluie ou de neige prochaine; les rameaux se relèvent et reprennent leur position normale lorsque le ciel s’éclaircit.

* * _*

Prix des Orchidées. La valeur que l’on accorde aux Orchidées ne semble guère devoir diminuer; au contraire. Voici en effet les chiffres atteints par quelques exemplaires à la vente de la collection de Jonx Russe, le 10 mai, chèz STEVENS.

Dendrobium thyrsiflorum, 20 pseudobulbes, 1565 fr.; Cattleya Mendelli, belle variété, 6 bulbes, 790 fr.; Cattleya elegans alba, 19 pseudobulbes, 1095 fr.; Cattleya Russelliana, 22 pseudobulbes, 1943 fr.; Vanda suavis, 40 feuilles, 482 fr. ; Vanda formosa, 30 feuilles, 654 fr.; Odontoglossum Anderson, 7 pseudobulbes, 430 fr.; Odontoglossum polyxantum, 6 pseudo- bulbes, 385 fr.; Cæœlogyne Lemoiniana, assez fort exemplaire, 670 fr., etc.

+ *k *

. Plantations fruitières le long des routes. Le Congrès pomolo- gique de France dans sa dernière session, tenue à Orléans, a émis le vœu que les essences fruitières occupent le premier rang dans les plantations des routes.

Ce vœu est fondé sur l'utilité des plantations au bord des routes, sur l'importance de la production fruitière au point de vue de l'alimentation publique, de la fabrication des boissons, des intérêts du commerce, de l'accroissement des revenus territoriaux et des résultats obtenus dans les pays étrangers.

Ce vœu a été émis à l’unanimité des membres du Congrès. Il est encore

à formuler en Belgique. d +. *

Exposition jubilaire à Brême. La Société d'horticulture de Brême vient de faire paraître le programme de l'exposition florale, fruitière et maraîchère par laquelle elle fêtera, du 25 au 28 août 1882, le 25" anniver- saire de son existence. Cent concours sont ouverts aux producteurs dans les e diverses branches de l'horticulture. De nombreuses médailles d'or et d'ar- sent ainsi que des primes, dont quelques-unes d’une importance relative,

ARRET 3 PSS

sont affectées à la plupart d’entr'eux. Les intéressés pourront s'adresser à M. H. Orrargs, membre de la commission de la Société.

% + *

Le Zygopetalum Mackayi Hook. Le Neubert’s Magazin, dont la continuation est poursuivie avec une parfaite compétence par MM. Kozs et Wass, consacre un intéressant article à la variété Z. M. crinitum' Lop»., qui se distingue du type par un feuillage plus lancéolé et une villosité plus prononcée du labelle. La culture de cette belle Orchidée n’est pas plus difficile que celle du Cypripedium insigne : c'est assez dire que l'avenir lui est assuré. La jolie planche qui accompagne l'article du Magasin, nous aimons à le signaler, est l’œuvre de Son Altesse Royale la Princesse Louis de Bavière qui a bien voulu peindre la plante pour la publication précitée.

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Pronostics du temps. Dans notre Chronique du 15 février dernier (voir page 23), nous nous demandions si le dicton : « vert Noël, blanches

âques, » devait avoir raison cette année. Il n'en a pas été ainsi. Mais en même temps nous rappelions que des expériences déjà longues permettent d'établir que chaque jour de brouillard constaté en mars est un pronostic de gelée blanche pour chaque jour correspondant du mois de mai, soit un jour avant, soit un jour suivant. Ce pronostic s'est pleinement confirmé. Malgré une journée chaude, celle du 10 mai, il y a eu gelée blanche le 11; il en a été de même le 13, comme on l’a constaté entre autres à la station de météoro- logie du Jardin Zoologique de Gand. Or, il y avait eu un brouillard épais le 11 et le 13 mars.

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Bouvardia « Alfred Neuner. » Des doutes ont été émis sur la facilité de la multiplication de cette variété par le bouturage. Nous ne craignons pas de dire que ce mode de multiplication est aussi facile et aussi certain que le bouturage des Fuchsia. La seule condition essentielle, c’est de ne pas mouiller les feuilles lors des arrosements et de placer les boutures hors de l'atteinte des rayons solaires. On nous assure que les boutures prises sur des pousses latérales ne donnent que des fleurs simples et que les bou- tures des axes principaux donnent seules des fleurs doubles. Ceux de nos lecteurs qui auraient expérimenté ce fait, nous rendraient service en nous renseignant à cet égard.

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*# La transplantation des Conifères se fait le mieux en ce moment et Jusqu'au commencement de juin. Les seules précautions à prendre, c’est de conserver la motte le mieux possible, de préserver les radicelles contre la sécheresse, lors de la déplantation et du transport, et, si le temps est sec, de maintenir le sol humide. mp

Luc. Linpex et Ém. Roprcas.

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L'ILLUSTRATION HORTICOLE

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ARAUCARIA MULLERI AD. BRONG. & A. GRIS

J. Linden, publ. Chrom. P. De Pannemackher.

PI. CCCCXLIX

ARAUCARIA MULLERI AD. BRONG. & A. GRIS

ARAUCARIA DE MULLER CoNIFÈRES

ÉTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. Voir Jlustration horticole, 1875, p. 9%6.

CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. Arbor magna ramis patentibus.

Folia ovata, imbricata, coriacea, subplana, dorso plus minusve carinata, nitida punctulis albis longitudinaliter multiseriatis undique conspersa 3 cent. longa, 2 cent. lata

Amenta mascula cylindrica 20-25 centim. longa, 3-4 cent. lata, basi bracteis imbricatis, involucrata, inferioribus triangulari-lanceolatis, paulo concavis, arcuatis, dorso carinatis, apice incrassato obtusiusculo incurvis, 3 cent. longis, superioribus sensim angustioribus, basi paru versus apicem angustato-subulatis. Stamina connectivo ovato, coriaceo,

o lucido, medio carinato, apice obtusiuscula, 7-8 millim. longa, 5 millim. lata, lobis -

polliniferis Fans 20; lobi inaequilongi, fere omnes patentes, appendicique subulata, incurva apiculati, alii filamenta consigni concavi, vel spas incurvo cucullati, vel etiam uncinata reflexi.

Strobilus ovoideus, 14 cent. longus, 9 cent. latus; squamae obovato-cuneatae, 5 ‘4 cent. longae lataeque, parte superiore coriacea externa convexa, in appendicem rectam planam

subulatam acutam flexibilem pungentem 10-12 mill. longam sensim productae lateraliter

in alam scariosam fulvam fragilem 1 cent. latam expansae, medio inflatae, squamula trian- gularis acuta, apice tantum libera, margine subtiliter fimbriata. Habitat in Nova-Caledonia versus apicem montium ; PANCHER in monte Congui.

L'Austration horticole a décrit et figuré, il y a quelques années (!), l'Arau- caria Balansae, une des espèces les plus remarquables de ce beau genre, dont la valeur ornementale est universellement appréciée. L'espèce SPORE figu- rons aujourd'hui est peut-être plus élégante encore que sa congénère, et la planche ci-contre, copie fidèle d’après nature d’un jeune pied cultivé à léta- blissement de la Connaue continentale d'Horticulture, à Gand, peut donner une idée du port gracieux, du caractère distingué, de la chaude coloration que montrera cette superbe plante quand elle aura atteint un développement plus considérable.

L’Araucaria Mülleri est un arbre d'avenir qui prendra rang parmi les Conifères les plus estimés. Il a été découvert par PANCHER, au mont Congui, dans la Nouvelle-Calédonie, d’où l’horticulture à retiré déjà tant d'espèces précieuses. Introduit à l'état vivant à l'établissement de M. J. Linnen, il est

(*) Loc. sup. cit,

devenu la propriété de la Compagnie continentale et, bien que les exemplaires en culture ne soient pas encore entièrement caractérisés, il attire vivement l'attention des connaisseurs.

L’altitude relativement considérable à laquelle cet Araucaria croît dans son pays natal , permet d'affirmer qu’il ne sera guère difficile quant aux conditions culturales. Ses feuilles sont ovales, imbriquées et presque planes; elles sont marquées dans le sens de la longueur de petites ponctuations blanchâtres disposées en séries.

D’après Brox@nrarr, les châtons mâles sont cylindriques, larges de 0"03 ou 0"04 et longs de 0m20 à 0"25. Le cône est de forme ovoïde, large de 0"09 et long de 0"14; les écailles sont larges et longues de 3 !/, centimètres.

Év. Ronicas.

ÉTIQUETTES EN ZINC

L'encre pour écrire sur le zinc la plus simple peut être facilement obtenue en mélant dix parties, soit 5 grammes de chlorure de cuivre à 100 parties ou 50 grammes d’encre ordinaire. Le mélange fait, il convient d’agiter cette encre. Le chlorure de cuivre, étant presque déliquescent, fond tout de suite “quand on le met dans l'encre, de sorte que la préparation est presque instan- tanée. Cette encre coûte peu : le chlorure de cuivre revient à 5 francs le kilo- gramme. Il faut pour écrire se servir d’une plume d’'oie ou d’un poinçon en bois ou en os; si on employait une plume métallique, celle-ci serait rapi- dement détruite par l'acidité du chlorure de cuivre. Une autre encre pouvant être employée utilement pour écrire sur le zinc est à base d'acide chlorhydrique. Dans un petit flacon de 30 à 60 grammes bouchant à l’émerie, on fait dissoudre 2 grammes de bichlorure de platine et 2 grammes de gomme adragante dans de l’eau d’égoût. Cette encre, écrit M. Naver aux directeurs de la Revue horticole, tient si bien que même frottée avec du sable sur le bout du doigt, c’est à peine si on peut l’effacer ; quelle que soit l'encre dont on se sert, le zinc doit être préalablement décapé, c’est-à-dire. qu'on doit enlever la couche brune (oxyde de zinc) qui le recouvre, en le frottant avec un papier de verre, du vinaigre ou avec de l'acide muriatique ou chlor- hydrique (esprit de sel) étendu d'eau; puis on passe le zinc dans l’eau et on le laisse sécher. C'est une des conditions essentielles de la réussite.

Une excellente étiquette est celle inventée par M. Horse, de Duren. Sur la languette de zinc, préalablement enduite d’une couche de céruse épaisse telle qu’elle sort du mortier, on frappe le nom ou le numéro au moyen d'un alphabet en acier. La couleur demeure solidement gravée dans les creux et cette étiquette est très durable,

L'ILLUSTRATION HORTICOLE

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PI. CCCCL

SPATIHIPRYLLUM HYBRIDUM x. prowx AROÏDÉES

ÉTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. Voir Yustration horticole, vol. XXI, p. 154.

CARACT. SPÉCIF. Petiolus 6-8 poll. Zlongus, 1 !/, lin. crassus, teres, sulcato- striatus, usque ad medium vaginatus. Lamina 8-9 poil. longa, 2 :/,-92 3/, poll. lata, late lanceolata vel oblongo-lanceolata, acuminata, basi sensim in geniculum angustata. Spatha 4}, poll. longa, 1 !/, poll. lata, lanceolata acuminata, utrinque alba, extus venis viridibus notata. Spadix stipitatus 2 poll. longus 1/4 pol Crassus ; tips 4 Tin. longus. Perianthii

datum , haud exsertum, vertice subtruncatum; triloculare, loeulis 2-ovulatis, Stylus Hÿbrida inter S. Dechardi (S. cannaefolii formam), et S. Patini.

Ce n’est que depuis quelques années que les horticulteurs ont fait des essais de croisements parmi les Aroïdées et nos jardins ne comptent. encore, je pense, qu’un ‘petit nombre d’hybrides dans cette famille; cependant de cer- tains faits qui sont venus à ma connaissance , je crois pouvoir m’autoriser à prédire que d'ici à peu d'années nos collections d'Aroïdées s’enrichiront de nombreux hybrides à la fois intéressants et remarquables. La plante nouvelle dont la planche ci-jointe reproduit le portrait, peut être considérée comme un ayant coureur de ces nouveautés.

Le Spathiphyllum hybridum est un intéressant produit du S. Patini (voir lustration horticole, vol. XX VIH, pl. 397) croisé avec le S. cannaefolium aux Spathes plus blanches, mieux connu dans les jardins sous le nom de Anthurium Dechardi(1) (voir AUustr. hortie., vol. XXIV, pl. 269), et obtenu dans les serres de la Compagnie continentale d'Horticulture à Gand.

Par son feuillage l’hybride ressemble au S. cannaefolium, seulement le pétiole est plus grêle et les lamelles sont plus étroites eu égard à sa longueur; il est également hors de doute que le port de la plante sera moins robuste que celui du S. cannaefolium. La spathe est intermédiaire entre les deux; elle est beaucoup plus grande que dans le S. Patini et, quant à la forme, se rap- proche de celle du S. cannaefolium, mais elle a les deux faces plus blanches Que celle de ce dernier. Le spadice est blanc, les segments du périanthe ont

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() J’ai passé en revue plusieurs centaines de plantes du Spathiphyllum Dechardi, or 1- ginaire de Colombie, et du S. cannaefolium provenant des Indes occidentales, et je ne puis les considérer comme constituant des espèces distinctes,

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les marges étroitement bordées de vert, ce qui donne au spadice l'apparence d'être recouvert d'un délicat réseau vert. Par son ensemble, le S. Aybridum constitue un grand perfectionnement du S. Patini et sera une excellente addi- tion aux Aroïdées naines à spathe blanche qui sont actuellement choyées dans nos cultures. N. E. Browx.

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LE JARDIN FRUITIER ET LE POTAGER

DU ROGNAGE OU PINCEMENT

Au moment paraîtra ce fascicule de l’ZZustration, ce sera la pleine saison du rognage ou pincement; pour beaucoup d'arbres, il sera même déjà un peu tard. :

On ne saurait assez le redire, le pincement est la plus importante de toutes les opérations arboricoles. Mais peut-être précisément à cause de cela, est-il arrivé et arrive-t-il malheureusement encore trop souvent qu’on en abuse. Longtemps on a cru que plus on pinçait sévèrement, plus vite l'arbre se mettait à fruit; c’est d'habitude l’inverse qui est vrai. Qu'on ne l’oublie pas, le pincement ne mène qu'indirectement à la fructification. Son but prin- Cipal pour ne pas dire unique, c’est de maintenir et de rétablir l'équilibre, point de départ d’une bonne réussite ultérieure.

Si donc nous disons qu'à la mi-mai il sera déjà un peu tard pour faire le pincement, cela n’est pas rigoureusement exact. Cette année surtout que le bourgeonnement général a été beaucoup plus précoce que d'habitude, les bourgeons environnant la flèche et ceux qui se trouvent près des prolonge- ments des branches-mères auraient en effet pu être pincés avant le 15 mai; mais il n’y a rien de perdu encore : pincez-les donc et sans retard. Pour les autres bourgeons au contraire, ne vous pressez pas trop de les rogner, en admettant même que leur force , leur longueur dépasse notablement certaines limites ; en d’autres termes, ne rognez que dans l'intérêt de l'équilibre.

En pinçant dans un autre but, on arrive peut-être à des formes plus correctes ; mais la fructification chose essentielle dans la culture des arbres fruitiers y gagnéra-t-elle ? Non, car le pincement provoque plus souvent des faux-bourgeons que de solides boutons, tandis que ceux-ci se formeront vou ours plus vite et avec plus de certitude sur des rameaux qu’on n’a pas air êter et qui par conséquent ont mieux su aoûter leur bois.

Ajoutons que si par un pincement sensé on a obtenu des rameaux fruitiers bien constitués, mais un peu longs peut-être pour les puritains, il ne faut pas gâter ce résultat l’hiver prochain par une taille trop courte de ces rameaux.

H. J. Van HuzLE.

KENTIA (KENTIOPSIS)

7

LUCIANI

8 9 copyright reserved

LIND.

10

PI. CCCCII

KENTTA (KENTIOPSIS) LUCIANT uno. KENTIA DE LUCIEN PALMIERS

ÉTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES, Voir ZUustr, hort., vol. XXIII (1876), p. 98

En attendant que la lumière soit faite définitivement sur le beau groupe des Kentia aujourd’hui démembré, puisqu'il est divisé déjà en Kentiopsis, Rhopalostylis, Hedyscape, Cyphokentia et Grisebachia , nous nous bornerons à faire ressortir spécialement la valeur ornementale hors ligne du beau Palmier dont nous reproduisons le portrait, d'après un exemplaire exposé par la Compagnie continentale d’horticulture à la dernière exposition de la Société royale de Flore à Bruxelles.

Les connaisseurs y retrouvent le gracieux habitus du Æentia (Kentiopsis) Lindeni qui est une forme du Æentia macrocarpa BronGT. Le Kentiopsis

Luciani, dédié à M. Lucrex LiNDEN, est une autre forme remarquable de cette belle espèce dont il rappelle le facies ; il s'en distingue par ses magni- fiques frondes vert clair; la face inférieure FT celles-ci est parfois teinte d’une nuance brunâtre; les pétioles, dans le jeune âge, sont légèrement jaunâtres.

M. E. Fournier, en décrivant dans l’ustration horticole ('), le Kentia gracilis (Kentiopsis divaricata BRoNGT.), faisait ressortir l'élégance extrême de cette espèce ayant l’immense avantage d'être de serre froide. Le K. Luciani n'est pas moins gracieux; il provient également de la même patrie, la Nouvelle Calédonie dont l'exploration, pour compte de M. Linden, a fourni de nombreux Palmiers de serre tempérée-froide aux cultures euro- péennes. Le Kentia macrocarpa, type du X. Lindeni et du X. Luciani, habite, dit M. ne KERCHOVE DE DENTERGHEM, dans son bel ouvrage Les Palmiers, « les bois près de Kanala, il atteint une altitude de 800 mètres au-dessus du niveau de la mer, le mont Arago, le mont Nekou et l'ile Ouin. C’est une belle espèce, qui se distingue par la couleur rougeâtre de ses jeunes frondes. Plus tard ces frondes deviennent vert foncé, et les pétioles brun vernissé. Le port de cette belle plante est des plus vigoureux. »

Le Kentia (Kentiopsis) Luciani introduit par graines en 1877, est donc une excellente acquisition pour nos serres tempérées-froides ; c'est, en outre, un ornement précieux des appartements. ;

Em. RoniGas.

(:) Vol. XXIIT, page 98.

PAS 75 io NÉCROLOGIE

Charles Darwin. Le célèbre naturaliste CHARLES DARWIN est mort à Londres le 19 avril 1882. Petit-fils du médecin ÉRasme Darwin, il naquit en 1809 à Shrewsbury, dans le comté de Cambridge. Après avoir fait de bonnes études aux écoles élémentaires de cette ville, à l'Université d’Édim- bourg et à l’École navale de Cambridge, il prit tous ses grades, il fit ses premières armes de naturaliste en accompagnant l'expédition du capitaine Frrzroy en 1831. En 1839, Darwin fit paraître ses premières œuvres, pure- ment naturalistes.

Ce voyage lui permit de faire de nombreuses observations. Doué d’un esprit éminemment curieux, il put constater des faits les plus intéressants de la flore et de la faune du Brésil, des îles de l'Océan Pacifique et des côtes occidentales de l'Amérique.

Frappé de la théorie cellulaire de Scæwanx, il l’étudia avec soin en la faisant concorder avec ses propres observations. C’est ainsi que CH. DARWIN commença le grand œuvre de sa vie, la détermination du principe des diffé- rences entre les espèces des êtres vivants. Ses premières études l’avaient amené à reconnaître l'insuffisance des classifications admises jusque là. Il arriva à établir une théorie nouvelle d’après laquelle les animaux et les plantes dérivent tous d’un petit nombre de formes primitives, voire d’une forme unique, et que toutes leurs modifications successives dépendent d’une loi constante de transformation, d’un choix régulier de races et d'individus les mieux adaptés aux circonstances de lieu et de temps. Il appela ce choix d’un nom désormais acquis à la science la sélection naturelle et il exposa sa théorie d’une façon remarquable dans le livre célèbre : De l'origine des espèces par voie de sélection naturelle.

Le retentissement de cet.ouvrage fut prodigieux; il ouvrait à la science d'immenses horizons nouveaux et excitait par la nouveauté de ses aperçus cette fermentation d'idées grandes et sérieuses qui a fait faire aux sciences naturelles d'importantes découvertes. Non seulement Darwin excellait à observer les faits et à en tirer tout ce que pouvait y découvrir sa sagacité naturelle, mais encore sa pensée toujours active cherchait, dans un groupe- ment judicieux de faits bien étudiés, à saisir l’ensemble de la création et à pénétrer les secrets les plus mystérieux de la nature. Depuis 1862 à 1878, il fit paraître un grand nombre d'ouvrages ayant pour tendance la confirmation de la théorie du transformisme. Rappelons les recherches savantes consignées dans ses ouvrages plus spécialement consacrés à la botanique : De la fécon- dation des Orchidées, des Plantes grimpantes, les Plantes insectivores, Effets de la fécondation croisée et de la fécondation directe dans le règne végétal, Faculté motrice dans les plantes, auxquels nous ajouterons le dernier de tous: La Formation de la terre végétale. Dans toutes ses œuvres, il réunissait des faits nombreux, les étudiait avec l’attention la plus soutenue et avec la bonne foi la plus be et tirait de ces faits primordiaux avec une vigueur admirable, les plus merveilleuses conséquences, DARwIN a eu le rare bonheur

79

d'être discuté de son vivant : il a vu les théories qu’il émettait combattues avec une vivacité inouïe, et, grâce à son génie patient, laborieux et profondé- ment honnête, il a tracé dans la science moderne un sillon lumineux. Comme ceux de LINNÉE et CuviER, son nom est à tout jamais inséparable de l’histoire de la science.

Les conséquences de l'œuvre de Darwin sont immenses. Elle établit entre tous les êtres vivants un lien qui va des formes les plus humbles, les plus rudimentaires de la vie aux plus complexes et aux plus sublimes. Elle à donné aux sciences naturelles une grandeur et une poésie admirables, elle y a mis un intérêt et une émotion inconnus jadis.

Lorsque le temps aura passé sur elle, lorsque, débarrassée des préjugés qui l'enserrent encore, la science jugera d’une manière impartiale le savant naturaliste anglais, on ne saura ce qu'il faudra le plus admirer ou de la netteté de la théorie nouvelle, ou de la puissance du génie de son créateur, ou de la douceur et de la bonté du caractère de Darwin. Sa vie fut douce et calme, paisible et tranquille comme celle de l’homme de bien. Jamais une parole amère ne tomba de sa bouche et ne vint répondre même aux sarcasmes les plus violents d’adversaires aveuglés par leur envie ou leur Impuissance.

NOTICE SUR QUELQUES VÉGÉTAUX D'ORNEMENT D'ABYSSINIE NOUVELLEMENT ACCLIMATÉS DANS LES JARDINS D'ÉGYPTE

Les espèces suivantes introduites depuis douze à quinze ans dans les jardins du Caire, contribuent aujourd’hui à leur ornementation; elles y. ont fleuri et fructifié. Elles ont en outre supporté pendant l'hiver de 1874 un froid de deux et trois degrés sans souffrir, et pourraient, croyons-nous, pros- pérer dans les stations les mieux abritées du littoral méditerranéen, elles viendraient augmenter le nombre d'espèces d'ornement déjà si considérable, _acclimatées dans cette région privilégiée.

Le Zizyphus abyssinicus Hocusr., Avettéré des Abyssins, introduit dans le jardin de Kasr-Nouza au Caire, y à fleuri et fructifié. Le fruit légèrement sucré et charnu est comestible.

Le Xigelia abyssinica No8., arbre spontané dans le Mareb, est cultivé avec succès dans les jardins du Caire il fleurit et fructitie. Son fruit, de la longueur et de la grosseur du bras, suspendu à un pédoncule de deux mètres de longueur, n’est pas comestible, mais très ornemental.

L’Anôgeissus leiocarpa Gui. et PERROTT., joli arbrisseau commun dans le Tigré, est isolé sur les pelouses du parc de l'Ezbekieh au Caire, il fleurit pendant l’hiver et fructifie en été; ses fruits ailés sont rouges.

Le Cordia subopposita D. C., spontané sur les bords du Taccazé, est cultivé dans plusieurs jardins du Caire sous le nom de Moquette il fleurit et fructifie abondamment. .

L’A cacia spirocarpa Hocasr., commun aux environs d'Adoua, est cultivé

en clôtures au jardin de Kasr-Nouza et isolé à l'Ezbekieh. Cette espèce a les épines très longues, les feuilles petites et les gousses étroites roulées en spirale.

L'Acacia mellifera BENTH., spontané dans le Choa, est également cul- tivé avec succès dans les de égyptiens, et convient comme la précédente espèce pour la formation des haies défensives.

Le Cailliea dichrostachys Guis. et PerRoTT., joli arbrisseau commun entre Massaouah et Adoua il porte le nom de Connäk, produit dans les jardins du Caire, nous l'avons beaucoup propagé, de fortes touffes à ramifications dictée. très épineuses, se couvrant de jolies fleurs roses le matin et passant au blanc dans l'après-midi. Fleurit et fructifie abondam- ment dans les jardins du Caire, notamment à Ghézireh.

Le Gomphocarpus abyssinieus Done, spontané aux environs d’Adoua, est cultivé avec succès dans les jardins du Caire et d'Alexandrie, il fleurit et fructifie à l'automne.

Le Grewia corylifotia À. Ricr., espèce à grandes feuilles ressemblant à celles du Noisetier franc et spontanée dans le Choa, est cultivée comme arbuste sur les bords des massifs des jardins de l'Ezbekieh et de Ghézireh, ainsi que le G. trichocarpa Hocusr. et le G. membranacea NoB. du même pays.

Le Securinega abyssinica No8., spontané dans le Tchelatchekanné on l'appelle Hermazo, est cultivé avec succès isolé sur les pelouses du jardin de l'Esbekieh au Caire, il forme de fortes touffes à feuillage fin et très élégant.

Le Dalbergia melanoæylon Gurux. et PerRorT., arbre spontané sur les bords du Mareb on le nomme Zoppi, a été cultivé avec succès au jardin de Choubrah et à l'Ezbekieh, nous en avons fait planter un fort spécimen, provenant des premiers sijéts introduits au jardin de Mémemer ALYy. I] a fleuri et produit des graines en abondance à Choubrah et à l'Ezbekieh. Son bois noir et très dur est identique à celui que l’on voit figurer sur les monuments d'Égypte de l'antiquité, sous le nom d’ébèné d'Éthiopie, On fait aujourd’hui avec son bois des massues, dont sont armés les boabs (concierges) des maisons du Caire, qui sont presque tous des noirs du Soudan.

Le Balanites aegyptiaca Denixe, arbre fruitier commun entre Massaouah et Adoua, était anciennement cultivé dans la nome thébaïque à l’époque pha- raonique, et était vénéré des anciens Égyptiens, parce que cet arbre avait la propriété de croître jusque dans le désert, sans arrosements artificiels; ses racines qui s'implantent profondément dans le sable, suffisaient à l’entre- tenir en végétation. Cet arbre qui avait presque diapatu des jardins de la basse Égypte, a été réintroduit par nous au jardin d'Ezbekieh, il a fleuri et fructifié dans ces dérnières années.

G. DELCHEVALERIE.

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res d'introduction récente, la jolie Capillaire dont la figure gnes, est une des plus gracieuses, Le rhizôme est ramparnt

s de couleur brun noirätre ; ses frondes sont deltoïdes et à

nombreuses divisions. Celles-ci sont rhomboïdales, presque sessiles, d’une

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robuste structure. La face supérieure des pinnules est glabre et presque glauque en dessous. Les sores sont réniformes arrondies et disposées au milieu des lobes extérieurs. Cette Fougère de serre fut très remarquée à la grande exposition de la Société royale d'Horticulture de Londres en 1880.

LE CHAUFFAGE DES SÊRRES (')

J'ai essayé jadis, alors qu'on préconisait le chauffage des serres chaudes humides au moyen de gouttières ou de conduits l'eau courait à découvert (Frank’s system), d'en employer une réduction concurremment avec mon foyer de conduit de fumée, Un petit bouilleur, de 0"20 de haut, placé à l'endroit le plus ardent et emboîté dans la voûte du fourneau, était surmonté d’un petit tuyau vertical qui allait, à 0"50 plus haut, déverser son eau chaude dans une gouttière horizontale, allant jusqu’au bout de la serre, d’où une autre la rame- nait au bouilleur par un second petit tuyau dirigé vers le fond. Comment se faisaital que cette circulation se dirigeait tantôt dans un sens et tantôt dans un autre, c’est à dire que souvent l’eau montait d'en bas, et après Sa course, rentrait par le haut? Je n'ai pu que constater le fait, mais j'ajoute que soit dans un sens soit dans l’autre, elle n'avait pas moins de régularité et d'activité.

A ce propos, il n'est pas inutile de dire qu'un flotteur, mis à plusieurs reprises sur l’eau en marche, m'a accusé une vitesse moyenne d'un mètre par minute. Cette donnée d'expérience peut avoir sa valeur.

M. Lugeers ramène à quelques données pratiques les calculs tentés pour mesurer rigoureusement la surface de tuyaux nécessaire pour obtenir un degré déterminé de température; il a parfaitement raison. Les théoriciens qui ont aligné, sur cette question, des X et des Y, sans parler des A, B, C, ont tous, ou négligé certains éléments ou tenu pour fixes des données essentielle- ment variables. En tout cas, ils ont perdu leur temps à compliquer ce qui est simple, pour aboutir à des résultats dont la pratique ne peut se servir. En effet un tuyau de chauffage, partant de la chaudière, doit y revenir après avoir parcouru serre jusqu’au bout, si elle est adossée, ou l'avoir contournée si elle est à deux versants. Si ce tuyau, parcourant deux fois la longueur de la serre, ne suffit pas, on en met deux, quatre, etc. Il n’y a pas à calculer ni à fractionner: la pratique ne peut sortir de là. Ce qui peut varier, c’est le diamètre des tuyaux. Mais outre que ce diamètre est subordonné, de son côté, à des nécessités de pratique, qui songera à faire couler des tuyaux d’un diamètre exactement établi par une formule algébrique ?

L'expérience à prouvé depuis longtemps que les tuyaux du diamètre de huit centimètres et préférablement de dix, sont de beaucoup les plus avanta- veux; que si les longueurs et les diamètres adoptés ne répondent pas exacte- ment à une théorie quelconque, le jardinier en sera quitte pour activer plus

(‘) Suite, Voir page 65,

Re

ou moins le tirage du foyer et la consommätion du combustible, ce qui revient à dire qu'il devra tenir l’eau à quelques degrés de plus ou de moins.

La théorie nous dit encore : « Le cube _d’air à chauffer ne signifie rien, ne calculez que sur la surface vitrée. » J'en demande bien pardon à la théorie, mais elle n’a pas tout vu ce qu'il fallait voir. Si l’on agrandit une serre dans le sens de la longueur seulement, on prolonge de même les tuyaux, dont la proportion avec le cube d’air contenu ne change pas; mais plus les tuyaux s'éloignent du foyer et moins ils chauffent ; il arrive done un point cette proportion, très exacte au départ, cesse de l'être à l'extrémité.

1 c'est dans le sens de la largeur que la serre s'agrandit, une nouvelle donnée, tout au moins, vient compliquer le problème, c’est la hauteur au faîte ; mais il se peut que l’on soit porté à augmenter de beaucoup cette hau- teur, et alors surgit une difficulté sérieuse, dont la théorie des surfaces vitrées ne tient nul compte, c’est l'accumulation de la chaleur dans le haut de la serre,

L'usage constant des praticiens éclairés de nos Jours, est de ne donner aux serres que tout juste la hauteur nécessaire pour une culture déterminée. Les très grandes plantes vont dans des serres spéciales, jardins d'hiver ou quelque chose de ce genre. Dans une serre basse, dont la toiture, au faîte, ne dépasse pas trois à quatre mètres au-dessus du sol, les couches d'air se mélangent rapidement et assez également, mais il en est tout autrement si l’on double, par exemple, cette hauteur. J'ai essayé à plusieurs reprises, de mesurer la différence de chaleur obtenue par le thermosyphon, à partir du sol jusqu’au haut de le serre, et J'ai trouvé que la chaleur s’accroissait, de bas en haut, à raison d'environ un dégré par chaque mètre d'élévation. À ce compte, Si l’on à, près du sol, une température de cinq à six degrés, à sept mètres de hauteur il s’en trouvera au moins douze. Serre froide au pied des plantes, serre tempérée à la tête. Pour obtenir dans les couches d'air inférieures une chaleur suffisante, on devra donner au calorifère un surcroît de puissance bien supé- rieure à l'accroissement de la surface vitrée.

(A continuer.) Re - Din Puxpr.

PLANTES INTRODUITES. MISES POUR LA PREMIÈRE FOIS DANS LE COMMERCE PAR J. LiNDEN (!)

(Suite des Orchidées) : dr

568. Neottia (Stenorynchus) aurantiaca, ave, nov. veg., Mexique, 8

571. Notylia replicata, Lind., Cat. ; Rio- 65

egro, - 572. Odontoglossum angustatum, Ldl.,

1838, 569. maculata, Lind., Cat., Co- Bot. Reg., Ecuador, lombie, 1858, : D, 70. Notylia amazonica, Lind., Cat. » | 78e rar fans integram, Rchb. A Amazone, 1865, | Il. hort. Ecuador, 1865.

(!) Voir page 67,

574. LE rt Arminü, Rchb. onpl. I

ah

es I, Colombie , 1858. Pre É;

Bonpl. II, Colombie et Ro:

zuela , 1846. bicioniense. var. albiflorum , Mexique ous , 1862. brevifolium, Ldl., Benth. PI. rtw., Il. hort., Ecuador, 1865. cirrhosam, Ldl., Orch. p.211, Ilust. hort., 1878, Ecuador. constrictum, Ldl., Bot. Reg.,

1843. cordatum, Ldl., Bot. Reg 1879, Mexique, 1838

Bénbié ; 1847.

var. miniatum, Lind., Cat., Colombie, 1872. costatum, Ldl., Fol. Orch.,

Funck et Schlim, 1028, Ve- nezuela , 1846. crinitum, mr f. Xenia,

“6 Hartw., Il. hort. * Chlombie: 1844. cristatum, Ldl., Benth., PI.

Horn. Ti. hort., Due.

var. Argus Lind., Catal.

Ilust. hort., Ecuador, 865

var. Canaria, Lind. Catal.

Cat., Ecuador, 1866.

densiflorum, Ldl., Orch. Lin- denianæ , 88, Colombie, 1848.

dipterum, Ldl., Orch. Lin- enianæ, 87, Colombie,

1843. distans, Rchb. à Linnæa ,

Epidendroides, Humb., Kth., Bonpl. II, Colombie, 1844. forcipatum, Linden, Rchb. f., Bonpl. JI, Colombie, 1852.

84

597.

612.

613.

617.

618.

Odontoglossum gloriosum, Linden, R

4

|

onpl. IT, 278,

Colombie, 1852. gracile, Ldl., PI. Ecuador, 1865. Halli, Ldl., Bot. Reg. 1992, Lien 1263, 111. hort. 1871, Ecuador, 1844. a Ldl., Orch. Lin-

en., Pecoitosfea Colombie,

43.

Hartw.,

leucopterum, Rehb. f., Lind.

Cat. ou 1867.

Lal. Fo, Colom-

bie 1948.

Lindleyanumn, Rehb. f., Bonpl.

11, 99, 1845.

luteo- ALLER Ldl., Orch.

Linden., Colombie, 1843.

var. costs Rchb. f., I. hort. 1871, Colom- bie, 1868.

PA La Lave, Orch.

ex, Pescatorea, Mexique, 1839.

megalophium , Ldl., Orch. inden,, 83, Venezuela, 1842. myanthum, Ldl., PI. Hart., Ecuador, 1865. Hire Ldl., Paxt. F1. Gard. 'Pustatorés! 1843. nd Ldl., Sert. Orch.,

re Illust. hort. Colom-

ie ,

Re, Ldl., Orch. Lind., 86, Verde: 1842.

var. tati maculatum, Lind., Llust. hort. 1870, Colombie, 1868.

pardinum, Ldl., Sert. Orch., Ecuador, 1865.

Pescatorei, Linden, Paxt. F1.

, Pescatorea, Illust. hort.,

Colombie, 1847.

Phalænopsis, Linden, Rchb. : 5 Et Hil. hort. Co- lombie,

pra BH inlitt.Lind.,

ts verts: Rchb. f., Bonpl. H, 99, Cotombie, 1854.

(A continuer.)

dr SE PRE RSS

CHRONIQUE HORTICOLE

15 Juin 1882.

Le mérite des plantes dépendrait-il de leur nationalité? L'hor- ticulture française a fait des progrès immenses, nous sommes heureux de le constater. La dernière Exposition universelle & Paris et celle du mois dernier aux Champs Élysées ont montré sur leurs aînées une supériorité considérable et nous ont signalé des spécialités arrivées à la perfection; parmi celles-ci nous eiterons en première ligne les Caladium de.M. Bzevw et les Gloxinia de MM. VarreRrAND et Duvar, ainsi que les hybrides de Croton et de Dracæna, gains admirables de M. CHANTRIER, si souvent cités dans ce recueil.

A ce propos, nous déplorons certaine manie de jouer de la trompette devant: chaque gain nouveau et de s’écrier : cette rss ci, cette spécialité est bien française, Dieu merci!

L’horticulture a-t-elle des frontières? Voyez-vous les étrangers suivre cet exemple et dire de chacune de leurs plantes : celle-ci est bien belge, celle-là est bien anglaise !

L’horticulture française n’a pas besoin d’un instrument de musique pour s'affirmer, car elle excelle dans assez de spécialités pour marcher de front avec celles de ses voisins du nord ou d’Outre-Manche.

Que chaque horticulteur, sans distinction de nationalité, apporte à l'hor- ticulture générale son appoint suivant ses capacités et sa position sans s'arrêter à ces questions étroites qui ne peuvent que ralentir le progrès de cette belle science, en créant des rivalités nationales absolument stériles.

* * *

Aroïdées hybrides. Depuis quelques semaines un intéressant croi- sement fleurit dans les serres de la Compagnie continentale d’Horticulture à Gand. C’est un gain obtenu par fécondation de l'Anthurium Andreanum (mère) par lAnthurium Veitchi (père). Les feuilles comme les fleurs ont pris les caractères des parents. Celles-ci ont la forme du père et presque le coloris de la mère; quant à celles-là, elles sont courtes comme chez la mère et quelque peu gaufrées comme de l'Anthurium Veitchi; les jeunes feuilles sont bronzées comme celles de cette dernière espèce. Nous en donnerons très prochainement le portrait dans ce mue

k %

La Compagnie continentale d'Horticulture ouvre, parmi les construc- teurs français, un concours pour la construction du jardin d’hiver qui fera le milieu du grand établissement qu’elle va créer à Paris. S'adresser pour

TOME xXxIX 1882, 6e LIvVR.

sn DR

les dimensions et autres renseignements, au siége social de la Compagnie à Gand.

M. Thomas Moore, le célèbre botanographe de Chelsea, a été le 25 mai dernier, l'objet d’une manifestation des plus flatteuses. Il aura goûté le bon- * heur assez rare de voir ses contemporains reconnaître les services rendus durant une longue carrière. Un comité s'était chargé de réunir les fonds nécessaires pour offrir à M. THomas Moore un sympathique souvenir. Celui-e1 s’est traduit en une belle pièce d’argenterie accompagnée d’une bourse conte- nant 7,500 francs en or.

* *%

Les plantes vivaces de pleine terre, malgré les efforts de quelques-uns qui s’imaginent que le progrès consiste à faire autrement que leur père, sont chaque jour mieux appréciées et reconquièrent, dans les jardins des contrées tempérées et septentrionales, la place que d’éphémères rivales leur disputent en vain, Parmi les plus jolies espèces gazonnantes et qui peuvent former d’ad- mirables parterres unicolores, il convient de mettre au premier rang les Phlox rampants, tels que PAlox frondosa, P. verna, P. setacea, P. subulata, P, stolonifera. La plupart de ces espèces ont des variétés aux nuances ravis- santes allant du rose pâle au rose vif et au violacé. N'oublions pas de citer le Phloæ Nelsoni aux fleurs du blanc le plus pur.

+

Rusticité des Cycadées. M. le baron vox MuELLER écrit de Melbourne au Gardeners Chronicle pour signaler diverses espèces qui résistent parfaite- ment à des températures assez basses, même à 0°, si celles-ci ne se prolongent pas trop longtemps. Tel est le cas pour le Cycas siamensis. Il en serait de même du beau Cycas media, si Von prenait soin de l’abriter contre les coups de vent. Le Cycas revoluta résiste bien au plein air an Jardin botanique de Melbourne. Les Macrozamia sont plus solides encore ; tous supportent un peu de gelée, sauf peut-être le M. Denisoni. M. voN MUELLER rappelle qu'un Zamia est originaire de la K loride; un autre, le Z. Chigua, atteint, dans l'Amérique centrale, des altitudes supramarines dépassant 2000 mètres. L'Æn- cephalartos caffra résiste fort bien aux gelées nocturnes de Melbourne.

+

*#

Effets du greffage. L'influence du sujet sur la greffe demeurera long- temps encore une source d’intéressantes études. L'illustre DARwIN s'occupa plus d'une fois de cette question et reçut, vers la fin de sa vie, communication d'un fait connexe attribuant à l'influence combinée du sujet et de la greffe une énergie telle qu’elle pourrait donner lieu à la création d'hybrides. Un planteur brésilien en pratiquant la greffe à double bouture, c’est-à-dire en coupant dans leur sens longitudinal deux boutures de deux variétés de Canne à sucre, et en les réunissant aussi étroitement rapportées que possible, puis les trai- tant comme une simple bouture , aurait obtenu non seulement la parfaite sou-

dure des deux variétés, mais un produit hybride des deux, entièrement différent.

Ce fait étrange est confirmé par le D' GLasr,, directeur du Jardin botanique de Rio de Janeiro.

* à *

Parterres d'automne. Au lieu de représenter le Temps une faulx à la main , n'aurait-on pas tout aussi bien fait en lui donnant les attributs du jar- dinage? Qui donc sait mieux que le jardinier se rendre compte du temps qui passe et fuit ? Il vient d'achever à peine ses parterres d'été que déjà les fleurs d'automne doivent le préoccuper. Voici un parterre d'automne que nous re- commandons avec le Gardeners Chronicle et qui aura le rare avantage de satisfaire à la fois les adeptes et les détracteurs de la mosaïculture. Il ne se compose que de deux sortes de plantes; c’est un massif isolé de Chrysan- themum fruticosum avec une bordure d’Zresine Lindeni. Ces deux plantes font bonne figure aux beaux jours et à la pluie, et elles fournissent un contraste qui de loin surtout produit un effet charmant.

k +

La ville des fleurs en Italie, Florence, aura très prochainement son École d'horticulture. Celle-ci sera établie sur le plan de l'École d’horti- culture de Gand, c'est-à-dire qu’elle sera à la fois théorique et pratique. Comme cette dernière, la nouvelle École devra sa création aux trois pou- voirs, l'État, la Province et la Vi

k +

La floraison des plantes peut servir à mesurer les sommes de tem- pérature. En effet, on sait que la plante, avant de parvenir à épanouir ses fleurs, à avoir un certain nombre de calories. Le mois d'avril 1881 fut relativement froid et suivit à une saison très rigoureuse ; le mois d'avril 1882 a été plus chaud et a suivi à un hiver fort doux. M. Sapzer, dans son Rapport sur la température et la végétation au Jardin botanique d'Édim- bourg, constate que sur le rock-work de ce jardin 231 espèces ont fleuri en avril 1882, tandis qu'en 1881 on n’en compta que 52. Ce nombre s’est élevé à 346 espèces la première semaine de mai, tandis que, à la même date de l'an dernier, on n’en comptait que 158.

* *k

* -

Glycine sinensis. Parmi les végétaux remarquables par un développe- ment d’une longueur extraordinaire, il n’en est peut-être pas qui puissent rivaliser avec la Glycine. Nous connaissons un exemplaire qui en 1842 avait une tige courant sur le faîte d’un mur (!) sur une longueur de 52 mètres! Le Gardeners Chronicle cite un exemplaire ornant le potager du château de Luscombe, dans le comté de Devon. Le pied de cettte liane a 130 de cir-

{*) Dans l’ancien jardin du D' Ropicas, à Saint-Trond (Limbourg).

conférence et ses tiges tortueuses atteignent un développement total de plus de 46 mètres.

Le même journal cite un autre exemplaire non moins considérable. Il croît à Oakwood, Chichester, dans le Sussex. La tige principale a une longueur de 33 mètres ; douze autres branches, conduites en divers sens, ont ensemble un développement de 58 mètres, ce oi donne un total de 91 es. Enfin, à Llechryd, près de Cardigan, un pied de cette belle liane couvre les quatre

faces de l'étage d’une maison, les deux branches principales ayant ensemble

une longueur de plus de 30 mètres. * _*

Une grande Exposition agricole, horticole et industrielle, s'ouvrira à Bordeaux, le 1 juin 1883, sous les auspices de la Société Philomatique. nt horticole se suivra par séries de quinze en quinze jours, durant cinq mois.

Les Ru de tous pays sont invités à prendre part à l'Exposition; seulement... les prix sont réservés aux exposants français, espagnols et portugais !

Plante chasse-mouches. De même que certaines plantes, comme l'Artemisia vulgaris, attirent les mouches, de même d’autres sont antipa-

thiques à ces hôtes incommodes, Le Pedicularis patustris, Scrophularinée

assez commune dans les prairies, les bois humides et les tourbières de nos

contrées, peut être utilisé pour éloigner les mouches. A l’époque de la forai- son de cette plante, il suffit de l’infuser comme du thé commun et d’enduire

les bois des lieux à préserver. La Hamburger Gartenzeitung signale encore

l'emploi efficace de l'huile de laurier utilisée dans le même but par les bouchers en Italie. * 2 #

Rosiers à fleurs jaunes. On nous demande une liste de quelques bonnes Roses jaunes. Dans ce coloris, les variétés sont plus nombreuses qu'on ne pense. En voici une série encore incomplète, bien que suffisante pour satisfaire au désir de beaucoup d'amateurs.

ROSIERS HYBRIDES REMONTANTS : Émilie Plantier, Johanna Gray.

Rosrers NoïseTre : Bouquet d'or, Céline Forestier, Chromatella, Claire Carnot, CS de Beaumetz, Lit die. Mad. Caroline Kuster, Mad. Miolan Carvalho, Ophire, Rêve d'or, Triomphe de Rennes, Unique.

Rosiers THÉ : Auguste Vacher, Belle Lyonnaise, Boule d'or, Gloire de Dijon, Jean Ducher, Mad. Bérard, Le Niel, Souvenir de Paul Neyron, Vicomtesse Decazes.

Luc. Lien et Ém. Roprgas.

je mésité

L'ILLUSTRATION HORTICOLE

AZALEA INDICA var GARDENIAEFLORA uno.

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Chrom. P. De Pannemackher.

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PI. CCCCLII

AZALEA INDICA van GARDENIAEFLORA uno. AZALÉE A FLEUR DE GARDENIA ÉRICACÉES

ÉTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. Voir ustr. hortic., 1870, p. 76.

Jusque dans ces derniers temps, si les Azalées nouvelles ont produit les nuances les plus variées de la coloration des fleurs, depuis le blanc le plus pur jusqu'au rouge intense, il faut bien en convenir, chez elles la force de l’atavisme a conservé toute sa puissance quant à la forme, comme chez les Roses et les Camellias. Et selon l'expression de M. V. CuveLiER, dans l’/Zcono- graphie des Azulées, « la forme de la corolle est demeurée constante. » Ce

Spécialiste toutefois signale une exception, que l’on rencontre dans la variété Comte de Forceville dont la corolle rappelle la fleur de l’Abautilon.

L'Azalea gardeniaeflora, comme son nom l'indique, présente également une forme caractéristique ; elle fait naître, au premier coup d'œil, l’idée de la fleur tubiforme du Gardenia.

Cette variété a été obtenue de semis, il y a trois ans, à l'Établissement Linden et a passé avec celui-ci à la firme nouvelle de la Compagnie continen- tale d'Horticulture. I1 n’en existe donc pas encore de forts exemplaires; toute- fois ceux que nous avons vus et la floraison qui s’est succédé chaque année, nous permettent de lui prédire un avenir brillant.

Comme le montre la planche peinte d’après nature, la fleur est plutôt grande que moyenne; elle est d’un blanc pur à onglets verdâtres avec papilles blanches au centre; la corolle, malgré sa duplicature, est ouverte en tube et les pétales sont nettement réfléchis. Le feuillage est assez petit, ovale-lancéolé et vert pale. La croissance est vigoureuse sans être exagérée et les têtes se forment aisément sans exiger trop de rognages.

Plusieurs plantes ont été soumises cette année à la culture forcée ; elles se sont parfaitement prêtées à ce mode de culture. On a même remarqué que les fleurs obtenues par cette voie ont étalé une blancheur plus pure. Les fleurs sont bien étoffées et ne se fanent pas vite : elles conviennent donc d’une façon spéciale à la confection des bouquets.

Dans les conditions normales, cette Azalée fleurit au mois de mai.

Ém. Roprcas.

LE CHAUFFAGE DES SERRES (!)

Une dernière abservation que je tiens pour très utile :

M. Lugsers mentionne, pour le chauffage des petites serres, un poêle éco- _nomique ou chaudière verticale à double enveloppe de cuivre entourant d’eau un foyer portatif. Ce genre de poêle, moins l’enveloppe d’eau, est aujourd'hui très employé dans les ménages sous le nom de « diable. » Pour les serres. même avec l'enveloppe d’eau et le reste, il a le très grave défaut de s’alimenter et de s’allumer par le haut et dans la serre même, et d'y répandre, chaque fois qu'on lève le couvercle, ou que le tirage est insuffisant, une fumée délétère, En outre, c’est l’air de la serre que ce poêle consomme et qui doit y être remplacé par de l'air froid du dehors. Un calorifère quelconque, offrant ce double dé- faut, ne peut être accepté que comme auxiliaire temporaire, et jamais dans une culture normale.

Mais ces défauts ne sont pas difficiles à corriger, et alors le poêle en question devient d’un excellent usage. Il s’agit de l'alimenter par le dehors, aussi bien d’air que de combustible.

Ce n'était pas bien difficile à concevoir, mais encore y fallait-il quelque étude, et l'appareil dont je me sers maintenant résout le problème de la ma- nière la plus commode, la plus sûre et la plus économique. La chaudière, je l'ai dit, est cylindrique et verticale, avec double enveloppe. Entre les deux il y a six centimètres d'eau. J'ai dit comment les tuyaux s’y emmanchaient. Elle est placée dans l'épaisseur du mur (pignon), les deux tiers et au-delà dans la serre même, grâce à une niche ménagée au dehors dans l'épaisseur du mur. Dans cette niche s'